Un seul centre de santé sur la Côte-Nord: Barrette inflexible

Gaétan Barrette a affirmé mardi que donner un... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Gaétan Barrette a affirmé mardi que donner un deuxième Centre intégré de santé et de services sociaux à la Côte-Nord n'entraînerait qu'une multiplication des structures bureaucratiques.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Gaétan Barrette a refusé d'accorder à la Côte-Nord un second Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS). Le débat en commission parlementaire a été ponctué d'échanges véhéments entre le ministre de la Santé et l'opposition, en particulier avec les élus du Parti québécois.

Tour à tour, les péquistes Lorraine Richard (Duplessis), Marjolain Dufour (René-Lévesque), Agnès Maltais (Taschereau) et Diane Lamarre (Taillon) ont dénoncé l'attitude du ministre dans l'examen de la loi 10 sur «l'organisation et la gouvernance» du réseau de la santé.

Étendue du territoire, dispersion de la population, difficultés de déplacements, faibles économies, aucun de leurs arguments n'a ébranlé les certitudes du ministre Barrette. La députée de Québec solidaire Françoise David a ajouté son courroux à celui de ses collègues péquistes, en vain, également.

La proposition législative prévoit notamment que les 182 Centres de santé et de services sociaux de la province seront remplacés par 22 CISSS, au chapitre de la gouvernance. Sur la Côte-Nord, sept organismes seront fondus en un seul Centre intégré, basé à Baie-Comeau. L'amendement pour accorder un autre CISSS, à Sept-Îles, a été repoussé.

«De Tadoussac à Blanc-Sablon», a soulevé Marjolain Dufour à l'intention du ministre, «c'est 1300 kilomètres». Et c'est sans compter que le territoire s'étend à l'intérieur des terres jusqu'à Fermont, à 500 kilomètres du Saint-Laurent, a-t-il souligné. «C'est grand, la Côte-Nord, a commenté l'élu du PQ. Les gens veulent être desservis par des services de proximité.»

La leader parlementaire du Parti québécois a tapé sur le même clou. «Éloigner les gens des centres de décision comporte un vrai impact dans la vie des gens, a soutenu Agnès Maltais. [Cela implique] des milliers de kilomètres; des routes en hiver; des heures de temps perdu», a-t-elle lancé au ministre qu'elle a accusé de «confondre gouvernance et coordination des services».

La députée de Duplessis, dont le chef-lieu est Sept-Îles, y a été d'attaques particulièrement virulentes- et personnelles. Mme Richard a dénoncé «la fermeture» d'esprit de Gaétan Barrette «face à une demande tout à fait légitime d'une population. La Côte-Nord, ce n'est pas que des sapins et des épinettes.

«Nous n'avons pas de centre universitaire, a-t-elle énuméré. Nous ne faisons pas de chirurgie cardiaque, encore moins de la neurochirurgie. On se déplace pour les services. Mais une gouvernance locale et régionale, on en avait besoin.»

Elle a annoncé à l'avance qu'elle ne retirerait «aucun des propos que je pense du ministre». Elle l'a qualifié «de très arrogant. [...] C'est vrai que nous perdons la gouvernance. Le ministre, il en rit à gorge déployée, il s'en fout complètement. Oui, je suis fâchée. C'est que le ministre a voulu faire semblant d'être à l'écoute.»

Salves de critiques

Gaétan Barrette a encaissé les salves de critiques sans broncher. «Deux CISSS n'amèneraient, évidemment, qu'à multiplier des structures bureaucratiques. Là, ça serait un problème.» Il a fait valoir que «même en allant dans la direction de ce qui est proposé, [impossible] d'enlever la problématique de la distance, qui existera toujours, parce que rien n'est proche».

«On ne peut pas aller chercher des milliards de dollars sur la Côte-Nord» avec la réforme qu'il soumet. Par contre, a enchaîné le ministre, «il y a une économie [...] de l'ordre de 5 à 6 millions de dollars. Il n'y a pas de petites économies» par les temps qui courent.

M. Barrette a tenu à répliquer à Lorraine Richard qui a tenu des propos qui «m'apparaissent extraordinairement déplacés. Je ne lui demanderai pas évidemment de retirer ses paroles, elle a dit qu'elle ne les retirerait pas. Je pense qu'elle a bien exprimé tout son fiel. C'est sa façon de faire.

«Je n'ai pas mentionné que le long de la Côte-Nord, ce n'était qu'une étendue d'épinettes. On insinue que je n'ai pas été de bonne foi. Ce n'est pas parce qu'on demande une chose sur la base d'un argumentaire qui ne convainc pas qu'on doit dire oui.»

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