Projet de loi 20: des urgences pourraient manquer de médecins

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Selon le président de l'AMUQ le Dr Bernard Mathieu, pour éviter la perte de salaire, des médecins de famille vont remettre en question leur présence à l'urgence.

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(Québec) Des urgences pourraient manquer de médecins si le projet de loi 20 du ministre Gaétan Barrette - qui prévoit des pénalités salariales de 30 % aux médecins de famille - est adopté.

«Pour éviter la perte de salaire, c'est clair que des médecins de famille vont remettre en question leur présence à l'urgence. D'autres disent qu'ils vont lâcher leur bureau pour faire les 36 heures demandées par semaine à l'urgence. Ce sont des grosses décisions qui auront des réactions en cascade», a commenté, lundi, au Soleil, le président de l'Association des médecins d'urgence du Québec (AMUQ), le Dr Bernard Mathieu. 

«Si tous les médecins à temps partiel quittent, on va se retrouver avec des effectifs réduits de 15, 20, 30 %. Les équipes seront fragilisées. Ce qui risque d'arriver, ce sont d'autres situations de crise comme on en a déjà eu dans le passé avec des urgences qui seront fermées la nuit en raison d'un manque de médecins», a-t-il poursuivi.

Selon le Dr Mathieu, les médecins omnipraticiens qui travaillent à temps partiel dans les urgences sont particulièrement désavantagés par le projet de loi 20. Environ la moitié des 2000 médecins de famille dans les urgences y travaillent à temps partiel. «Pour avoir un minimum de chances de se faire couper, il faudrait que les médecins fassent uniquement de la prise en charge», a-t-il avancé.

Il a expliqué qu'en prenant peu de patients dans une clinique, un médecin qui serait aussi à temps partiel dans une urgence risquerait de se voir imposer malgré tout une pénalité salariale étant donné que les possibilités que ses patients voient d'autres médecins à l'urgence seront plus grandes.

Le Dr Mathieu doute toutefois que le gouvernement veuille en arriver à fermer certaines urgences. «On n'a pas entendu parler de cette possibilité. Le Québec est un vaste territoire et l'accès à une urgence à moins de 50 km est important», a dit le médecin qui pratique à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Pénalités irréalistes

Le président de l'AMQ estime que les pénalités prévues dans le projet de loi sont complètement irréalistes. Si le patient n'est pas assidu à son médecin et s'il va consulter ailleurs, c'est le médecin qui a la charge du patient qui sera pénalisé. Son salaire sera coupé jusqu'à 30 %. C'est complètement loufoque, ridicule», a-t-il affirmé. 

«On dirait que sous le couvert de donner un médecin de famille à tout le monde, le ministre Barrette veut récupérer des sommes importantes auprès des médecins généralistes qui ne seront pas capables de répondre aux exigences de la loi», a-t-il conclu.

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