Toutous antidouleur

Camille St-Gelais, 9 ans (bientôt 10), en compagnie... (Photo fournie par La Patte Complice)

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Camille St-Gelais, 9 ans (bientôt 10), en compagnie de Monsieur Lincoln et de Charlie, deux toutous du service de zoothérapie La Patte Complice.

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Après-midi glacial sur Sept-Îles, les rayons du soleil transpercent la salle de traitement du département de pédiatrie de l'hôpital. L'infirmière termine les préparatifs en attendant sa prochaine patiente, Camille, neuf ans, en rémission d'un cancer. La petite ouvre enfin la porte, ses yeux s'illuminent. Elle n'a pas peur, elle a hâte même. Aujourd'hui, Monsieur Lincoln l'attend.

Monsieur Lincoln, c'est le cocker anglais, de La Patte Complice, un service de zoothérapie. Chaque mardi depuis juillet, Hélène Desaulniers visite les enfants patients du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Sept-Îles, en compagnie de ses fidèles toutous. «On les accompagne pendant leur traitement de chimio ou une prise de sang, on rencontre aussi ceux qui sont hospitalisés», explique l'intervenante en zoothérapie.

Pendant que la soignante installe Camille, l'ami à quatre pattes a déjà pris place sur le lit, prêt à se faire cajoler le temps du traitement d'une vingtaine de minutes. La magie opère rapidement. Camille s'approprie l'oreille de Lincoln, et l'injection débute. Assise tout près, Hélène ne reste pas les bras croisés et amorce une série de charades bien préparées.

«C'est souvent pour détourner leur attention, soutient Mme Desaulniers. Les jeunes peuvent lancer la balle doucement au chien avec le bras dégagé, ou même seulement le flatter. L'hôpital ne devient plus synonyme de douleur, ils ont hâte de voir les chiens». Bricolage, histoire, dessin et même éducation canine, Hélène s'adapte à l'intérêt du patient, mais de l'interaction avec toutou, il y en a toujours.

L'arrivée d'Hélène et de ses compagnons a fait «la différence», assure la gestionnaire du département de pédiatrie, Geneviève Legendre. «On le remarque, les enfants sont plus calmes, ça diminue les pleurs. Au-delà du traitement, le jeune vient jouer avec le chien.» Des rendez-vous sont même inscrits à l'agenda par exprès le mardi «parce qu'on sait que les chiens seront là», ajoute-t-elle.

«Bonne humeur contagieuse»

Et la présence des pitous n'a pas que du bon pour les patients, le personnel infirmier en ressent également les bienfaits, atteste Mme Legendre. «Ça entraîne une bonne humeur qui est contagieuse, renchérit Hélène Desaulniers. Ça crée des discussions communes entre les employés, ça renforce l'esprit d'équipe.»

Le CSSS de Sept-Îles aimerait d'ailleurs étendre le service de zoothérapie à d'autres départements de son l'établissement. Pour l'heure, c'est la fondation de l'hôpital qui paie les coûts du projet en pédiatrie, pour un an. La Patte Complice, la jeune entreprise de Mme Desaulniers, va de son côté à la rencontre de personnes âgées, de résidents en maison de fin de vie et de groupes d'élèves en milieu scolaire, en plus de visiter des organismes communautaires.

Dans la salle de traitement, celui de Camille est terminé. Elle recache son bedon et enfile sa veste. La semaine prochaine, c'est Charlie qui sera là, un Poméranien tout poilu qu'elle adore bichonner. Elle a déjà hâte...

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