Assurance médicaments: des économies potentielles de 3,3 milliards $ par année

Les Québécois payent trop cher pour l'assurance médicaments...

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Les Québécois payent trop cher pour l'assurance médicaments publique par leurs impôts et leur prime.

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(Québec) Les Québécois et les employeurs payent beaucoup trop cher pour l'assurance médicaments privée. Les Québécois payent aussi trop cher pour l'assurance médicaments publique par leurs impôts et leur prime.

Selon un économiste et politologue de l'Université Carleton à Ottawa, Marc-André Gagnon, il y a des économies potentielles annuelles pouvant atteindre 3,3 milliards $ au Québec par année, soit près de la moitié du coût des assurances médicaments publique et privée, et cela, sans réduire le nombre de médicaments couverts. Pour le Canada, les économies seraient de plus de 11 milliards $.

Avec ces économies, il soutient qu'il serait possible d'éliminer les franchises mensuelles du régime public d'assurance médicaments et les quotes-parts dans les régimes privés tout en permettant d'assainir les finances publiques. «Ça pourrait se faire sur une période de trois à cinq ans. Il serait possible d'avoir des économies de centaines de millions de dollars dès la première année compte tenu qu'il y a déjà un régime public d'assurance médicaments au Québec géré par la Régie de l'assurance maladie», a-t-il affirmé.

Le principal remède pour diminuer les coûts est la possibilité d'obtenir de meilleurs prix par des achats regroupés. Le professeur évalue qu'il pourrait en coûter 2,7 milliards $ de moins par année par des achats regroupés des médicaments au Québec.

«On s'est comparé avec le modèle qui performe le mieux soit celui de la Nouvelle-Zélande. Au niveau de la capacité de contenir les coûts, le Québec est la pire province au Canada», a soutenu M. Gagnon, au cours d'un entretien avec Le Soleil. Il a présenté les conclusions de ses recherches au Forum sur la santé à Québec la semaine dernière.

Il a comparé les prix payés pour certains médicaments génériques en Nouvelle-Zélande et en Ontario. En 2012, le générique Simvastatin - un médicament de 20 mg contre le cholestérol - coûtait 2,4 ¢ l'unité en Nouvelle-Zélande par rapport à 62,5 ¢ en Ontario, soit 26 fois plus cher. Le prix de l'antidépresseur générique Paroxetine de 20 mg était de 5,7 ¢ en Nouvelle-Zélande comparativement à 45,1 ¢ en Ontario.

Frais administratifs

D'autre part, en regroupant les régimes privés et l'assurance médicaments publique au Québec, le professeur est persuadé que des économies sur les frais administratifs peuvent être réalisées. «Les frais administratifs des assureurs privés représentent de 18 à 23 % des coûts. C'est normal parce que ça inclut leur marge de profits, les dépenses en publicité et promotion. À la Régie de l'assurance maladie, les frais administratifs ne représentent que 1,6 % des coûts de l'assurance médicaments publique», a souligné M. Gagnon.

«Il n'y a pas vraiment une volonté des assureurs privés de contrôler les coûts. Quand les dépenses augmentent, ils augmentent les primes.»

Par ailleurs, il souhaite que les honoraires des pharmaciens soient plafonnés et qu'ils soient indiqués sur la facture des médicaments. «Le Québec est la seule province au Canada où les frais d'ordonnance ne sont pas indiqués aux consommateurs», a-t-il déploré.

Par ailleurs, le professeur a rappelé que le Canada, les États-Unis et le Mexique étaient les seuls pays occidentaux à ne pas avoir un seul régime d'assurance médicaments publique. Or, les coûts de l'assurance médicaments ont augmenté plus rapidement au Canada au cours des dernières années. Par rapport à la France, la hausse a été deux fois plus forte.

«Dans l'OCDE, le Canada est le seul pays avec un régime d'assurance maladie qui n'inclut pas les médicaments bien qu'ils fassent partie des services essentiels à un service de santé. Au Canada, l'assurance médicaments est considérée comme un privilège offert par un employeur à ses employés. Il y a juste en Amérique du Nord où on n'offre pas un régime pour tous», a-t-il affirmé.

M. Gagnon ne s'attend pas à ce que la proposition d'avoir un seul régime d'assurance médicaments pour tous soit acceptée facilement. Il prévoit une vive riposte des assureurs privés, des médecins et des pharmaciens. «Si quelqu'un fait des économies, ça veut dire que quelqu'un perd son revenu quelque part et il n'a pas envie de perdre son revenu», a-t-il dit.

L'Union des consommateurs mène une campagne en faveur d'un seul régime d'assurance médicaments public. L'ex-ministre de la Santé, Jean Rochon, appuie la mise en place d'un seul régime d'assurance médicaments public.

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