Hôpital Saint-François d'Assise: 100 ans en santé

L'hôpital Saint-François d'Assise en 2013... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'hôpital Saint-François d'Assise en 2013

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Gabrielle Thibault-Delorme

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) L'hôpital Saint-François d'Assise célèbre son 100e anniversaire cette année. Situé au coeur de Limoilou, à Québec, cet hôpital a été témoin de nombreuses révolutions dans le domaine de la santé.

La première pharmacie de l'hôpital... (Photo fournie par les Archives de la Corporation des bénévoles de l'Hôpital Saint-François d'Assise) - image 1.0

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La première pharmacie de l'hôpital

Photo fournie par les Archives de la Corporation des bénévoles de l'Hôpital Saint-François d'Assise

La pouponnière en 1914... (Photo fournie par les Archives de la Corporation des bénévoles de l'Hôpital Saint-François d'Assise) - image 1.1

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La pouponnière en 1914

Photo fournie par les Archives de la Corporation des bénévoles de l'Hôpital Saint-François d'Assise

«Dans les 100 ans de l'hôpital Saint-François d'Assise, il y a eu trois étapes», explique Jean-Claude Forest, directeur général adjoint aux affaires médicales et universitaires au CHU de Québec. «Une première phase est celle de mettre sur pied une maternité [la vocation première de l'hôpital] [...] la deuxième phase en fut une de transformation, où c'est devenu un hôpital de type général lorsqu'est arrivée une première cohorte de médecins avec des spécialités», ajoute-t-il. La troisième phase commence, selon lui, avec l'arrivée d'un groupe de médecins dans les années 70 formés à l'extérieur, en Europe ou aux États-Unis - un prélude à la création d'un centre de recherche et d'une vocation plus universitaire.

Les débuts

Les soeurs de Saint-François d'Assise ont été les premières à arpenter les couloirs de l'hôpital, avec parfois un bébé dans les bras. L'édifice (qui constitue l'aile C aujourd'hui), construit à la demande du cardinal Louis-Nazaire Bégin, s'est d'abord concentré sur la maternité. La première patiente admise à l'hôpital le 17 juillet 1914 était d'ailleurs un cas d'obstétrique.

L'hôpital a été le premier à Québec à offrir ce service pour toutes les femmes. L'hôpital Jeffery Hale l'offrait, mais exclusivement aux protestantes. «De plus en plus, les femmes accouchaient à l'hôpital», explique Gérard Roy, ancien directeur des services professionnels et directeur général de Saint-François d'Assise de 1981 à 1996. Par contre, «dans les débuts de l'hôpital, il y avait beaucoup de visites à domicile». Saint-François d'Assise comprenait aussi la première école d'infirmières laïques, et ce, dès l'année de sa création.

L'hôpital a cependant dû rapidement changer sa vocation. «En 1914, la Première Guerre se déclare. Saint-François d'Assise se convertit en hôpital militaire, explique M. Roy. Après la guerre, l'hôpital redevient un centre d'obstétrique.»

Si 1918 marque la fin de la guerre, la même année, une épidémie de grippe espagnole fait rage. Les lits seront rapidement occupés par les malades, soignés de près par les religieuses et par l'un des quatre médecins traitant, soit les Drs Achille et Albert Paquet, Émile Fortier et Théophile Robitaille. Ils s'associent fréquemment avec d'autres médecins traitants pour élargir l'ordre de soins offerts à l'hôpital.

L'agrandissement

En 1939, le nombre de lits n'est plus suffisant pour les besoins de la population. Les soeurs font une demande de prêt de 400 000 $, demande qui sera finalement acceptée par l'archevêché en 1945. Deux ans plus tard, une nouvelle annexe (connue aujourd'hui comme l'aile B) fait passer le nombre de lits de 150 à 358.

La nouvelle annexe permet à l'hôpital de prendre son envol et de se diversifier. L'année de son ouverture, le Service de radiologie envahit les nouveaux locaux, rejoint plus tard par un Service de dermatologie et par un département d'anesthésie en 1948. En 1949 s'ajoutent un centre de psychiatrie et un centre anticancéreux.

Au cours des années 40, le Département de pharmacie se développe également grâce à des locaux plus grands. Les remèdes qui y sont fabriqués seront administrés parfois jusqu'en 1960.

Dans les années 50, le nombre d'infirmières laïques dépasse le nombre de religieuses, mais ces dernières administrent toujours l'hôpital. Désireuses de suivre l'évolution de la science, elles s'associent en 1954 avec l'Université Laval. À partir de ce moment, Saint-François d'Assise accueillera les étudiants en médecine qui désirent parfaire leur formation.

De leur côté, les étudiantes en sciences infirmières commencent à se sentir à l'étroit. En 1959, les 250 jeunes femmes poursuivent leur formation dans de nouveaux locaux, soit l'actuel édifice D, inauguré le 12 décembre.

Une salle d'opération en 1914... (Photo fournie par les Archives de la Corporation des bénévoles de l'Hôpital Saint-François d'Assise) - image 2.0

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Une salle d'opération en 1914

Photo fournie par les Archives de la Corporation des bénévoles de l'Hôpital Saint-François d'Assise

Des étudiantes en sciences infirmières s'exercent avec un... (Photo fournie par les Archives de la Corporation des bénévoles de l'Hôpital Saint-François d'Assise) - image 2.1

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Des étudiantes en sciences infirmières s'exercent avec un mannequin à l'école des garde-malades

Photo fournie par les Archives de la Corporation des bénévoles de l'Hôpital Saint-François d'Assise

Le tournant de la modernité

Un virage s'amorce durant les années 60. La présidente du conseil d'administration de l'hôpital, soeur Marie Bélanger, cède son poste à Charles Demers, un laïc, le tout premier à occuper ce poste. Peu à peu, les unités de soins et le personnel de l'hôpital sont devenus entièrement laïcs.

En 1971, l'hôpital gagne encore en superficie, en inaugurant l'annexe A. L'édifice accueillera notamment les départements de radiologie, de cardiologie et un immense bloc opératoire en chirurgie générale, avec des équipements complètement neufs. «À ce moment-là, on était à la fine pointe par rapport aux autres hôpitaux», indique Gérard Roy.

Le nombre de lits monte à 520. En 1974, l'hôpital s'associe à Domrémy-Québec, augmentant son nombre de lits à 602. L'association a un autre avantage. Saint-François d'Assise développe ainsi une spécialité en toxicologie et en alcoologie. Au début des années 80, l'hôpital excelle tout particulièrement dans trois domaines : la toxicologie, l'obstétrique et la chirurgie générale.

En 1981, le Dr Gérard Roy prend les rênes de l'hôpital. Décrit par M. Forest comme un homme qui a «une capacité pas banale de convaincre», M. Roy permet à l'hôpital de s'équiper à la fine pointe de la technologie, avec l'ajout d'un appareil à résonance magnétique et d'imagerie médicale.

Toujours en constante évolution, l'hôpital se joint en 1995 aux trois hôpitaux qui formeront le CHUQ, qui deviendra le CHU de Québec en 2012 après une fusion avec le Centre hospitalier affilié universitaire de Québec. «Ce qui fait qu'il a été retenu, c'est qu'il avait déjà un centre de recherche très performant, soit le deuxième plus important à Québec, et la vocation obstétricale», explique Jean-Claude Forest. 

Saint-François d'Assise perdra cependant cette spécialité au profit du CHUL, une décision que M. Forest qualifie de «politique». L'hôpital reste le deuxième en importance pour les accouchements, s'occupant des suivis habituels, alors que le CHUL est plus spécialisé. Le transfert se fera en 2004, année de la rénovation de l'urgence de l'hôpital. Durant le jeu de chaises musicales qui a suivi le regroupement des hôpitaux, Saint-François s'est spécialisé en maladies cardiovasculaires, de la prévention à la chirurgie, et en chirurgie colorectale, pour tout l'Est-du-Québec.

L'hôpital se tourne vers l'avenir, désormais comme membre d'un groupe. M. Forest cite l'agrandissement de l'Enfant-Jésus comme le grand changement à venir qui devrait influencer l'hôpital Saint-François d'Assise. Pour le 100e anniversaire, il souhaite que l'hôpital conserve sa personnalité et qu'il continue d'offrir un suivi personnalisé aux patients, un souhait qui respecte le budget, rigole-t-il.

Source : Les 100 ans d'histoire de l'hôpital Saint-François d'Assise, produit par la Direction des communications et du rayonnement du CHU de Québec

Le saviez-vous?

  • Chaque année, près de 4000 bébés naissent à l'hôpital Saint-François d'Assise. 
  • Avant la loi sur l'assistance publique en 1921, le médecin négociait le prix des soins avec son patient. Ils se chiffraient généralement à 2 $. 
  • En 1988, naissent les premiers quadruplés au Québec à l'hôpital Saint-François d'Assise.
  • L'hôpital Saint-François d'Assise a été l'un des premiers hôpitaux à intégrer la méthode Toyota au milieu hospitalier.
  • La dernière religieuse à oeuvrer à l'hôpital, Marie Dandurand, a pris sa retraite en 2002.   
 

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