Les omnipraticiens du Québec rejettent le projet de loi 20

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.... (Olivier Pontbriand, Archives La Presse)

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Olivier Pontbriand, Archives La Presse

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Maxime Denis
Le Soleil

(Montréal) Le fossé se creuse entre les médecins omnipraticiens du Québec et le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Réunis en conseil général à Montréal, les 142 représentants des 8 000 membres de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec ont rejeté les nouvelles mesures prévues dans le projet de loi 20 du gouvernement Couillard. Il y est notamment question de l'imposition d'un nombre minimal de patients à recevoir en consultation.

Le président de la Fédération, Louis Godin, rejette carrément tout le projet de loi. Il invite le ministre à être davantage à l'écoute des médecins de famille et des solutions qu'ils proposent. Il dit également en avoir assez des pénalités imposées par le ministre de la Santé. «Ce projet de loi est un mauvais traitement rempli d'effets secondaires pour le problème qu'on veut régler» a lancé M. Godin.

Les médecins craignent que ce projet ait de lourdes conséquences: remise en question de l'avenir de la médecine familiale, une détérioration de la qualité des soins et des départs à la retraite prématurés.

Par ailleurs, ils accusent le ministre de manipuler les statistiques. Selon Gaétan Barrette, 60% des omnipraticiens travaillent moins de 175 jours par année. La moyenne serait de 117 jours de travail alors qu'au privé, il est question d'environ 240 jours.

Et pendant ce temps, entre 2005 et 2011, le nombre de médecin a augmenté de près de 6% alors que le nombre de patients a chuté de 7%.

Le ministre dénonce cette situation où le nombre de médecins et les salaires augmentent pendant qu'est réduit le nombre de consultations et de jours travaillés.

Gaétan Barrette se dit ouvert à discuter mais dit aussi maintenir le cap avec son plan prévu dans le projet de loi 20 : «S'ils ont des solutions, c'est donc que le problème, ils l'admettent. Et le problème, on le sait tous, c'est un problème d'accès. Et on sait que le problème est un problème de disponibilités et d'organisations des services». En résumé, M. Barrette affirme que les médecins reconnaissent ses chiffres et il martèle avoir la bonne solution.

Pour sa part, la Fédération des médecins résidents du Québec a réagi par voie de communiqué. Selon son président, le Dr Joseph Dahine, le ministre n'a pas identifié la bonne cible. «Au lieu de s'attaquer à des problèmes connus depuis longtemps en limitant la capacité des médecins à répondre à la demande, il s'attaque aux individus qui, jour après jour, accueillent des patients dans leur cabinet, à l'hôpital, à l'urgence ou encore, qui les visitent à domicile». Il ajoute que le problème d'accès aux soins de santé est de la poudre aux yeux.

La Fédération des médecins omnipraticiens n'envisage pas, pour le moment, de recourir à d'autres moyens afin de se faire entendre. Louis Godin se veut rassurant et rappelle qu'en aucun temps les patients vont écoper de quelconques moyens de protestations.

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