Pénuries de médicaments: Pitou et Minou aussi touchés

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Actuellement, plusieurs produits médicaux en pénurie ne sont pas utilisés en médecine vétérinaire, mais lorsque c'est le cas, les médicaments disponibles sont d'abord utilisés sur les humains, au détriment des animaux de compagnie.

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(Québec) Les pénuries de médicaments de plus en plus nombreuses au Québec, au Canada, ont des conséquences insoupçonnées : les animaux de compagnie sont touchés.

«Les vétérinaires ont dû faire beaucoup d'ajustements», commente le président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, Joël Bergeron. Leur pratique est cependant bien moins bousculée que celle des professionnels de la santé humaine.

Le Soleil expliquait récemment que des centaines de médicaments sont en pénurie chaque année. Ils sont «b.o.» pour back order, indisponibles. Les pharmaceutiques ne les livrent pas, souvent durant plusieurs mois. Chaque rupture d'approvisionnement déclenche une tempête dans les hôpitaux qui doivent trouver une solution de rechange en toute vitesse. Il en va de même dans les pharmacies communautaires.

Pour tout le monde, incluant les vétérinaires, le réveil a sonné en 2011-2012. «On vivait depuis un bon nombre d'années des ruptures de stock», note M. Bergeron. Mais cette fois-là, le nombre de médicaments non disponibles sur le marché avait atteint un sommet. Les fabricants avaient déclaré environ 1100 traitements back order. Quelques médicaments très sollicités en médecine humaine, qui sont également sollicités en médecine vétérinaire, manquaient cruellement. 

Et lorsqu'il manque d'un traitement, les humains sont priorisés. À l'époque, les vétérinaires ont donc dû réviser leurs protocoles de soin pour changer certains médicaments, surtout des anesthésiants et des analgésiques. «On a réussi à trouver des alternatives.»

La substitution est plus facile chez les animaux, ajoute Joël Bergeron. Il y a beaucoup moins de patients à soigner que dans l'univers des humains. Et les doses sont plus petites. Les cliniques vétérinaires peuvent donc se débrouiller avec des stocks moins importants. 

«Actuellement, la majorité des produits [en pénurie] en médecine humaine sont des produits qui sont plus rarement utilisés en médecine vétérinaire», rassure donc notre interlocuteur. «On s'en tire bien. Mais ça reste préoccupant et on suit ça de très près cette situation-là parce que [...] tout usage d'un produit qui risque de tomber en pénurie ou qui est en pénurie va définitivement être dirigé vers la santé humaine plutôt que la santé animale.»

«Le risque demeure. L'équilibre est précaire, ça, c'est sûr et certain. On sera toujours à la merci d'une perte de disponibilité d'un produit. [...] Nos patients, on sait qu'ils pourraient particulièrement être frappés si ça devait prendre une ampleur plus sévère.»

«On souhaiterait qu'il y ait des démarches politiques claires et précises parce qu'on doit mettre tout ce qu'il faut en oeuvre pour éviter ces situations-là», réclame le Dr Bergeron. (Malheureusement, à ce sujet, le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, n'a toujours pas répondu à notre demande d'entrevue, demande transmise il y a plus d'une semaine.)

«Tout usage d'un produit qui risque de tomber en pénurie ou qui est en pénurie va définitivement être dirigé vers la santé humaine plutôt que la santé animale»

Joël Bergeron, président de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec

Mêmes usines

Aussi, plusieurs médicaments envoyés chez les vétérinaires sortent des mêmes usines que ceux que nous consommons, souligne--t-il. Si une usine ne livre pas la marchandise pour les bipèdes, elle risque de ne pas livrer non plus pour les quatre pattes.

Nos chiens et nos chats prennent donc les mêmes médicaments que nous? «C'est tout à fait vrai que certains produits humains sont également les mêmes produits pour les animaux. [...] On va les utiliser à doses très différentes, à fréquence très différente, mais la molécule peut être la même.» 

«Par contre, il faut être très prudent, très vigilant dans ce qu'on utilise.» Les effets positifs et les effets secondaires peuvent varier grandement, prévient-il. Et des médicaments courants pour l'homo sapiens peuvent être nocifs pour Pitou et Minou. «L'exemple classique, c'est l'acétaminophène, le Tylenol. Il est hors de question qu'on utilise ça chez un chat. On va tuer un chat. C'est un exemple drastique, mais il faut être très prudent.» L'ibuprofène provoquera quant à lui des ulcères «assez violents» chez les chiens. «Un chien, ce n'est pas un petit humain.»

Soulignons que l'Ordre des pharmaciens appuie les vétérinaires : «Il ne faut pas les oublier. Les animaux ont droit aussi à des traitements optimaux. Et c'est sûr qu'ils passent en deuxième, après les humains, quand il y a des épisodes comme ça [de pénurie]», acquiesce le président, Bertrand Bolduc.

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