Les préjugés sur les porteurs du VIH sont tenaces

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Forts des progrès de la médecine, particulièrement la trithérapie, les porteurs du VIH peuvent espérer vivre aussi longtemps que le reste de la population.

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(Québec) Donald Careau est porteur du VIH depuis 31 ans. L'ex-fonctionnaire, aujourd'hui en congé d'invalidité, a eu à affronter beaucoup d'incompréhension après l'annonce de la nouvelle à son entourage. Mais ce qui le fait tomber des nues, trois décennies plus tard, c'est le peu de progrès dans les mentalités.

«Malgré les campagnes de sensibilisation, on ne s'est pas débarrassé des préjugés, c'est décourageant. Il y a encore des gens qui pensent qu'on peut attraper le virus sur le bol des toilettes...», déplore l'homme de 61 ans, qui a livré son témoignage, mercredi, dans le cadre d'une conférence de presse visant à souligner la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre.

La sortie médiatique, organisée conjointement par les organismes Miels-Québec, Point de repères et Projet intervention prostitution, visait à dénoncer la discrimination à l'endroit des porteurs du VIH. Pour l'occasion, quelques intervenants ont été invités à raconter leur expérience d'avoir porté pour les bénéfices de la cause, pendant une journée, un t-shirt avec l'inscription «Je suis séropositif».

Grace Lavoie, intervenante psychosociale chez Point de repères, s'est prêtée à l'exercice, avec un peu «de gêne et la peur du ridicule», lors d'une visite au Centre de détention de Québec. Le slogan de son t-shirt, même s'il a été banalisé par plusieurs personnes, a néanmoins entraîné son lot de questionnements et de comportements dérangeants.

«J'ai remarqué beaucoup de regards se détourner, comme si on ne voulait pas me voir. À l'heure du dîner, à la cafétéria, c'était rock'n roll. J'ai vu des moues de dédain. J'ai senti comme un grand vide autour de moi. Finalement, les personnes les plus compatissantes ont été les détenus. Peut-être se sentaient-ils concernés, étant eux-mêmes à risque de contracter le VIH.»

«Moi, j'en ai un t-shirt depuis 31 ans, mais il est transparent, on voit à travers», témoigne Donald Careau. À l'époque, celui-ci avait choisi de dévoiler son état de santé à ses proches. Mais, au final, c'est une décision personnelle, croit-il. «On n'est pas obligé de le dire. La décision appartient à chacun. Si tu crois que ça peut aider quelqu'un, fais-le. Dans mon cas, je suis content de l'avoir fait. Je sais maintenant à qui j'ai affaire...», lance-t-il au sujet de ses supposés amis qui l'ont abandonné depuis.

Difficultés au travail

Dans les années 80, son coming out lui avait valu de subir les préjugés de son milieu professionnel. «On m'avait fait clairement comprendre que je n'étais plus le bienvenu», explique-t-il au Soleil, louant sa chance d'avoir pu compter alors sur une assurance invalidité.

Forts des progrès de la médecine, particulièrement la trithérapie, les porteurs du VIH peuvent espérer vivre aussi longtemps que le reste de la population, explique-t-on. Lorsque le traitement médical est approprié, le virus devient quasi indétectable dans le sang, réduisant presque à néant les risques de transmission. On déplore cependant que, malgré les avancées médicales, les compagnies d'assurance vie «refusent systématiquement» de prendre comme clients des porteurs du VIH.

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