Transport ambulancier: les aînés appelés à payer

Actuellement, le transport ambulancier est gratuit pour toute... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Actuellement, le transport ambulancier est gratuit pour toute personne de 65 ans et plus si son état de santé l'exige, selon l'évaluation du médecin traitant dans l'établissement où la personne a été amenée.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) En plus de la commission Robillard, un autre comité gouvernemental recommande de retirer la gratuité du transport ambulancier aux personnes âgées de 65 ans et plus et de leur faire payer les mêmes tarifs que les usagers de moins de 65 ans.

On propose toutefois que les personnes qui reçoivent le supplément de revenu garanti soient exemptées de payer ces frais. Le rapport ne parle pas de la possibilité d'une modulation en fonction des revenus. L'annulation de la gratuité aux 65 ans et plus apporterait des revenus de 30 millions $ au gouvernement.

«La non-participation aux frais pour les 65 ans et plus doit être revue, compte tenu du prolongement de l'espérance de vie et de l'amélioration de la santé en général», lit-on à la page 119 du rapport du Comité national sur les services préhospitaliers d'urgence qui a été remis au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en juin dernier, et qui vient d'être rendu public. 

Le Comité avait été mis en place par l'ex-ministre Réjean Hébert en raison de la forte hausse des coûts du transport ambulancier d'urgence au cours des dernières années. Le Comité était présidé par l'ancien vérificateur général adjoint, Marc Ouellet.

Dans son rapport, la Commission de révision permanente des programmes soutient qu'«il n'est pas justifié qu'aucun signal de prix ne soit envoyé» aux 65 ans et plus. On ajoute que «la majorité des autres provinces n'offre pas de tarification différenciée selon l'âge de la clientèle».

Hausse de la tarification

La commission Robillard a également fait siennes des recommandations du Comité national de revoir à la hausse la tarification des services ambulanciers d'urgence qui n'a pas été augmentée depuis 17 ans. La Commission propose de majorer le tarif de base de 125 à 174 $ et le tarif par kilomètre parcouru de 1,75 $ à 2,95 $.

Actuellement, le transport ambulancier est gratuit pour toute personne de 65 ans et plus si son état de santé l'exige, selon l'évaluation du médecin traitant dans l'établissement où la personne a été amenée. Le service n'est pas gratuit si la personne est transportée dans une clinique, un CLSC.

Par ailleurs, le rapport du Comité national laisse entendre que le transport ambulancier génère de bons profits et qu'il y aurait des économies potentielles à faire pour le gouvernement. «La réelle profitabilité des entreprises n'est pas connue ni les ristournes importantes - souvent de plusieurs milliers de dollars - versées aux TAP [techniciens ambulanciers paramédicaux] dans les coopératives», peut-on lire dans le document.

Selon le Comité, le gouvernement devrait s'attendre «à une pleine connaissance des profits et à un partage de ceux-ci pour réinvestir dans l'amélioration du système». De plus, les entreprises ambulancières devraient faire preuve de transparence financière par le dépôt d'information et d'états financiers vérifiés, le respect d'indicateurs de performance avec une bonification si les attentes sont dépassées et une pénalité si elles ne le sont pas.

D'autre part, des économies pourraient être réalisées si les entreprises ambulancières, à l'extérieur de Montréal, conservaient plus longtemps leurs véhicules. Les règles actuelles prévoient que les véhicules sont financés par le gouvernement et remplacés lorsqu'ils atteignent 200 000 km ou plus de sept années de service.

«Des véhicules, considérés en région à la fin de leur vie utile, sont parfois revendus à Urgences-Santé [Montréal] qui, elle, les utilise jusqu'à environ 300 000 km. Plusieurs régions ont des véhicules de remplacement neufs, tandis que d'autres se voient attribuer des véhicules de plus de 200 000 km appelés mulets», indique-t-on dans le rapport.

Il y a fort à parier que l'argent provenant de la vente des véhicules de plus de 200 000 km revient à l'entreprise ambulancière qui bénéficie en plus d'un financement pour acquérir un véhicule neuf.

Le ministre Gaétan Barrette entend former un comité pour donner suite aux recommandations de la commission Robillard et du Comité national sur les services préhospitaliers d'urgence.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer