Meurtre en Beauce: les psychiatres obligés de donner son congé à l'accusé

Jean-François Roy, 31 ans, de Saint-Geroges, est accusé... (Collaboration spéciale Luce Dallaire)

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Jean-François Roy, 31 ans, de Saint-Geroges, est accusé de meurtre au premier degré.

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(Québec) Les psychiatres ne sont pas à blâmer pour le drame survenu dans la Beauce en fin de semaine dernière avec la mort d'un chauffeur de taxi, selon la présidente de l'Association des médecins psychiatres du Québec.

«Quand j'entends que les psychiatres l'ont laissé sortir, que le patient a demandé son congé, il faut savoir qu'on n'a pas de motif dans la loi pour le garder. On est obligé de lui donner son congé même si c'est contre notre gré», a affirmé, mercredi, au Soleil, la Dre Karine Igartua.

Jean-François Roy, qui est accusé du meurtre de Hygin Veilleux, avait obtenu son congé d'un centre de soins psychiatriques dans les derniers jours après avoir signé une décharge.

«Si je comprends bien le cas dans la Beauce, la personne est sortie contre le gré de l'équipe soignante parce qu'il est question de la signature d'une décharge. On fait signer ça aux patients parce qu'on n'est pas d'accord qu'il devrait quitter l'hôpital et qu'il refuse un traitement», a expliqué la Dre Igartua.

Selon la psychiatre, les critères devraient être resserrés pour laisser sortir de l'hôpital des patients avec des graves problèmes de santé mentale. «Il faut revoir le critère de dangerosité pour soi-même et autrui et peut-être de l'élargir. En ce moment, le critère pour le retenir et le traiter est celui d'une violence imminente», a-t-elle proposé.

Actuellement, deux psychiatres peuvent demander à un juge de prononcer une ordonnance de garde à l'hôpital si la personne représente un danger imminent et non un danger à moyen terme. Une ordonnance peut être prononcée pour des périodes de 21 ou 30 jours. Par la suite, il y a une nouvelle évaluation.

«Actuellement, la loi ne nous permet pas d'intervenir avec une personne très malade, mais qui ne représente pas un danger imminent. On est pris avec ces limitations à tous les jours», a déploré la Dre Igartua.

Elle reconnaît toutefois que de limiter les droits des patients souffrant de maladie mentale va à l'encontre de bien des opinions en faveur de préserver le droit à l'autodétermination des personnes. «C'est un débat de société à avoir», a-t-elle ajouté.

«Ça passe par la prévention»

Pour sa part, la directrice générale de la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale, Hélène Fradet, trouve qu'il est inconcevable que la notion de danger imminent soit le seul critère pour décider si une personne qui a des troubles mentaux est libérée du système de santé. La Fédération réclame d'urgence la formation d'un comité des ministères de la Santé et de la Justice pour revoir la loi.

Par ailleurs, elle déplore le manque de suivi des personnes avec des problèmes importants de santé mentale à leur sortie de l'hôpital. «Les mesures punitives ne régleront rien. Pour nous, ça passe par la prévention. C'est une question de gros bon sens», a souligné Mme Fradet.

Elle rappelle que le drame survenu en Beauce est un cas d'exception. «C'est une très minime proportion des gens qui ont des troubles mentaux qui vont en arriver à commettre de tels gestes», a-t-elle dit.

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