La Coalition pour le contrôle du tabac veut la fin de la fumée sur les terrasses

Depuis vendredi, les fumeurs ontariens n'ont plus le... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Depuis vendredi, les fumeurs ontariens n'ont plus le droit de griller une cigarette sur les terrasses publiques.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Alors que l'Ontario interdira le 1er janvier de griller une cigarette sur toutes les terrasses des restaurants de la province, le Québec doit emboîter le pas et moderniser ses lois contre la fumée secondaire, plaide la Coalition pour le contrôle du tabac.

Les fumeurs ontariens n'auront bientôt plus le droit d'assouvir leurs besoins en nicotine sur les terrasses publiques, pas plus que dans les parcs pour enfants. «C'est une mesure à saluer», indique la Dre Geneviève Bois, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac.

La Coalition milite depuis des années pour que cette interdiction entre aussi en vigueur au Québec, sans succès. «La loi sur le tabac est censée être révisée environ aux cinq ans, et ça fait neuf ans au Québec qu'on ne l'a pas révisée», déplore Geneviève Bois.

«Il y a souvent des choses qui passent devant la prévention. Ce n'est pas le sujet le plus sexy. On en est venus à considérer que c'est comme une fatalité, le taux de tabagisme que l'on a. Qu'on ne peut pas aller plus loin», ajoute-t-elle.

Les conséquences sur la santé de la fumée secondaire sur les terrasses des restaurants ne sont pourtant plus à démontrer, estime-t-elle. «Pour les terrasses et les patios, ça fait quand même longtemps qu'on sait que même à l'extérieur, la concentration des particules fines est vraiment très dommageable. Et c'est vraiment une question de santé», avance la Dre Geneviève Bois. «On accorde une protection aux employés à l'intérieur. C'est l'une des grandes raisons pourquoi on interdit de fumer à l'intérieur! Mais ça continue sur les patios et les terrasses... C'est une mesure de prévention très importante.»

«Piètre figure»

Le Québec traîne également de la patte par rapport à l'Ontario - et tout le pays - sur la question de l'interdiction de fumer lorsqu'un enfant se trouve à bord d'un véhicule. «C'est encore une situation où le Québec fait piètre figure. Toutes les provinces canadiennes, et le Yukon comme territoire, ont légiféré sur le sujet. Il reste vraiment juste nous...», souligne la porte-parole de la Coalition, convaincue que la population se rangerait aisément derrière une telle loi.

L'Ontario a annoncé vendredi une panoplie de mesures pour freiner l'usage du tabac. En plus de l'interdiction de fumer sur les terrasses publiques et les terrains de jeux pour enfants, la cigarette est désormais bannie de tous les terrains de sport publics - même s'ils sont fréquentés par des adultes.

De plus, le voisin ontarien a interdit toute vente de produit du tabac dans l'ensemble des campus des établissements d'éducation postsecondaire.

«On exagère», disent les restaurateurs

L'idée d'interdire comme l'Ontario la cigarette sur les terrasses publiques est exagérée, estime l'Association des restaurateurs du Québec.

«Ce n'est pas quelque chose de nouveau... Le gouvernement a étudié ça l'été dernier, et l'été d'avant. Cet élément-là a été noté, mais il y a d'autres éléments qui nous apparaissent prioritaires en termes de santé publique», rétorque François Meunier, vice-président aux affaires publiques de l'Association des restaurateurs de Québec (ARQ).

Le gouvernement irait trop loin en bannissant la cigarette des terrasses, des zones lucratives pour les restaurateurs. «Pour les terrasses, on pense que c'est quelque chose qui n'est pas justifié, dans le sens que globalement, on a réussi au Québec à mettre en place la politique antitabac de manière harmonieuse, soutient François Meunier. Et on juge que sur les terrasses, ce n'est pas quelque chose de problématique en termes de santé publique, autant pour les clients que pour les travailleurs.»

La santé des travailleurs? Les conséquences de la fumée secondaire à l'extérieur sont loin d'être prouvées, prétend François Meunier. «Je sais que le lobby antitabac nous arrive avec des enquêtes, que c'est donc épouvantable de travailler sur une terrasse quand ça fume. Sur la Grande Allée, je peux vous dire honnêtement que je m'inquiéterais pas mal plus des voitures que du peu de clients qui peuvent fumer de temps en temps. Je pense qu'on exagère un peu.»

Le vice-président de l'ARQ croit finalement qu'une interdiction du tabac sur les terrasses ne ferait que repousser le problème - et les clients. «Si on l'interdit sur les terrasses, qu'est-ce qu'on fait avec les clients? Ils vont aller fumer de l'autre côté de la terrasse, sur le trottoir?»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer