La Ville de Québec verse 5 millions $ pour de l'équipement médical

Le maire de Québec Régis Labeaume témoigne aux... (Photo tirée de la vidéo de la Fondation du CHU de Québec)

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Le maire de Québec Régis Labeaume témoigne aux côtés de sa fille Corinne pour la grande campagne de financement du CHU de Québec dont il est grand ambassadeur. La Ville de Québec verse aussi 5 millions $ pour l'achat d'un cyclotron qui produit des radio-isotopes permettant de détecter des maladies.

Photo tirée de la vidéo de la Fondation du CHU de Québec

(Québec) La Ville de Québec injecte 5 millions $ pour l'achat d'un cyclotron au CHU de Québec. Le rôle de la Ville de payer pour des équipements en santé? Dans ce cas-ci, oui, estime Régis Labeaume, qui a doublé la mise du secteur privé afin de doter la capitale de cette machine qui produit des radio-isotopes.

Québec est la seule grande ville à ne pas être dotée d'un tel équipement qui produit des marqueurs utiles à la recherche et à la détection de maladies, dont l'Alzheimer.

Pour l'instant, le CHU de Québec en importe d'autres villes, ce qui peut miner la qualité des isotopes, qui ont une durée de vie très courte.

Questionné à savoir si la Ville de Québec doit investir dans l'équipement en santé, une compétence provinciale, Régis Labeaume a insisté sur le caractère «exceptionnel» de cette subvention municipale.

«Un cyclotron est vraiment fondamental comme besoin, on n'a pas le choix. L'utilité est trop grande pour qu'on s'en passe», a dit le maire de Québec. «Si on attend toujours après le provincial, surtout cette année, on ne fera rien», a-t-il lancé. 

Craint-il de recevoir des critiques pour cet investissement à même le budget de la Ville? «Je ne me demande pas si ça va faire l'unanimité, parce que si je me demandais ça, je ne ferais rien», a dit le maire. «Alors j'assume mes responsabilités. Moi, je pense que c'est nécessaire à Québec, alors j'ai décidé que je le faisais, c'est tout.»

La somme est prévue au futur plan triennal d'immobilisation de la Ville. «On va débourser un million par année pendant cinq ans», a expliqué le maire.

Un cyclotron coûte 15 millions $. En plus des 5 millions $ de l'administration Labeaume, 3,5 millions $ proviennent de la Banque Nationale et 1,5 million $ du Groupe Dallaire, pour un total de 10 millions $.

«Quand des gens d'affaires viennent te voir et qu'ils mettent cinq millions du privé, c'est la bonne condition pour qu'on investisse autant, a poursuivi le maire Labeaume. Évidemment, c'est exceptionnel, mais on est très fiers de le faire.»

Les derniers 5 millions $ espérés pour le cyclotron proviendront de la campagne de financement lancée vendredi pour le développement des soins et de la recherche au CHU de Québec.

Le Dr Serge Rivest, directeur du Centre de recherche du CHU de Québec, a dit vendredi que des études sont en cours afin de déterminer où sera installé le cyclotron. Le lien devrait être déterminé d'ici un an et on envisage une installation de cette machinerie de pointe dans cinq ans.

Lancée vendredi matin, la grande campagne du CHU de Québec ayant pour thème «Unis pour le meilleur des soins» a un objectif de 100 millions $ en cinq ans. Elle est présidée par Louis Vachon de la Banque Nationale, Claude Choquette du Groupe Le Massif et Michel Dallaire de Cominar, et compte parmi ses parrains et membres du cabinet une vingtaine de personnalités du monde social et des affaires dont l'ex-premier ministre Lucien Bouchard, Alban D'Amours, l'ancien maire de Québec Jean-Paul L'Allier, Me Marcel Aubut. Le maire Régis Labeaume agit pour sa part à titre de grand ambassadeur de la campagne.

Aussi au Musée

Malgré le caractère «spécial» et «exceptionnel», ce n'est pas la première fois que l'administration Labeaume contribue de façon aussi généreuse à une campagne de financement privé.

En octobre 2011, la Ville de Québec avait aussi versé 5 millions $ à la Fondation du Musée des beaux-arts pour la construction du nouveau pavillon Pierre Lassonde, actuellement en chantier.

«On l'a fait aussi au Musée parce qu'il y avait beaucoup d'argent du privé», a justifié M. Labeaume en soutenant qu'un coup de pouce de fonds municipaux peut inciter des entreprises à renchérir avec leurs dons. «Pour le CHU, ça aide à aller chercher d'autres millions du secteur privé. C'était la même chose pour la Fondation du Musée.»

***

Labeaume et sa fille unis dans une vidéo

Fait rare, Régis Labeaume participe à une campagne publique avec sa fille Corinne. Généralement très jaloux de sa vie privée et de sa famille, le maire de Québec témoigne dans une capsule vidéo aux côtés de sa fille de 15 ans qui a été, dit-il,  «sauvée» par le CHU de Québec. Alors qu'elle avait trois ans, en 2002, Corinne a été victime d'une péritonite et d'une occlusion intestinale qui ont nécessité une opération d'urgence. Le maire admet avoir hésité avant de témoigner publiquement avec sa fille. «J'ai dit au CHU de communiquer avec Corinne et sa mère. Je ne voulais pas m'en mêler parce que je suis un politicien», a-t-il expliqué vendredi. Mais la famille a choisi de le faire. «Ils ont sauvé ma fille, alors, pour le CHUL, pour le personnel du centre pédiatrique du CHUL, on le fait parce que ça vaut la peine.» 

Témoignage de Regis Labeaume from Fondation du CHU de Québec on Vimeo.

«Choquant pour les payeurs de taxes

Les taxes des citoyens de Québec ne doivent pas servir à acheter de l'équipement médical, tranche le chef de l'opposition. Paul Shoiry se dit «estomaqué» par la décision du maire Régis Labeaume de verser 5 millions $ pour l'achat d'un cyclotron au CHU de Québec.

«Je n'en reviens pas. C'est absolument du jamais vu!» s'est exclamé M. Shoiry. Rien, dit-il, ne justifie de piger dans le budget municipal pour un tel investissement. 

«Ce n'est pas dans la juridiction des municipalités. C'est un dangereux précédent et ce n'est pas dans les priorités de la Ville de contribuer à l'achat d'équipement hospitalier», a dit M. Shoiry. «Je rappelle qu'on a un sous-investissement dans nos infrastructures municipales. On a des équipements de loisirs dans lesquels il faut investir. Les priorités sont là», a poursuivi l'élu de Démocratie Québec. M. Shoiry voit une distinction entre le versement de ces 5 millions $ à la campagne de financement du CHU de Québec et le don de la même somme par la Ville à la Fondation du Musée national des beaux-arts en 2011 (voir autre texte). «Je vois une différence, car la Ville a juridiction en matière de culture. Et le musée est un attrait touristique majeur.» Ce qui, dit-il, n'est pas le cas d'un équipement médical de pointe comme le cyclotron. «Je trouve ça choquant pour les payeurs de taxes», a conclu M. Shoiry. 

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