CHU de Québec et Hôpital Laval: Barrette fait marche arrière

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette... (Photothèque La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

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(Québec) Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est prêt à faire marche arrière et à conserver l'autonomie du CHU de Québec et de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (Hôpital Laval) dans sa réforme du système de santé.

Au lieu de fusionner les 12 établissements de santé de la région de la Capitale-Nationale en un seul Centre intégré, le ministre se dit maintenant ouvert à mettre en place trois établissements ou centres dans la région, incluant le CHU et l'IUCPQ. Le troisième centre regrouperait les CSSS, le Centre jeunesse, l'Institut de santé mentale et les centres de réadaptation. Selon la proposition initiale, le seul centre intégré dans la région aurait eu près de 30 000 employés, soit le double d'Hydro-Québec.

«Je l'accepte, votre scénario, dans une certaine mesure», a-t-il affirmé, mercredi, en commission parlementaire sur le projet de loi 10, à la suite d'une intervention du doyen de la Faculté de médecine de l'Université Laval, le Dr Rénald Bergeron.

Toutefois, le ministre Barrette est revenu avec l'idée de prendre un des cinq établissements qui forment le CHU de Québec et de l'amalgamer au futur Centre intégré de santé et de services sociaux afin de favoriser une intégration complète des services. «Ce que vous proposez, ç'a bien de l'allure. J'ai pas grand-chose à m'obstiner là-dessus sauf qu'il manque un hôpital», a dit le ministre.

Le Dr Bergeron estime qu'il est possible d'assurer une coordination des soins et des services sans pour autant avoir une structure intégrée comme le propose le ministre. Il a donné en exemple l'accès aux services médicaux spécialisés à Québec qui a été harmonisé par étapes depuis 1995.

«Les établissements entre eux ont trouvé des modes de collaboration et des corridors de services qui permettent l'accès est assez fluide et on pense que de vouloir tous les intégrer en même temps, ça va même ralentir le niveau de performance qu'on a actuellement», a plaidé le doyen.

D'autre part, en réponse à une question de la députée péquiste de Taillon, Diane Lamarre, le Dr Bergeron a reconnu que la réforme initiale proposée par le ministre pourrait créer une pression difficile à soutenir pour le CHU de Québec en raison d'une autre transformation majeure avec le déplacement de tous les services de l'Hôtel-Dieu de Québec dans le nouvel hôpital qui sera construit à l'Enfant-Jésus.

«Si on ajoute à ça une transformation collective avec l'ensemble des autres établissements, il y a une crainte de dysfonction. Ça peut devenir très complexe à manoeuvrer. C'est pour ça qu'on a soutenu la recommandation de notre réseau d'être capable de continuer d'aller dans le sens de la réforme mais de le faire avec sécurité et harmonie. Si on se met en dysfonction, ça va pas aller vite. Ce qu'on sent dans notre réseau, c'est que notre réseau clinique a des limites à absorber tout le changement aussi», a-t-il exprimé.

Québec contre Montréal

Par ailleurs, avant que le ministre Barrette fasse part de son ouverture pour trois centres au lieu d'un seul dans la région de la Capitale-Nationale, le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, avait souligné les risques pour le CHU de Québec et de l'IUCPQ de perdre leur autonomie par rapport aux hôpitaux universitaires de Montréal (CHUM et CUSM) qui conservent leur autonomie dans le projet de loi. 

«Les universités McGill, de Montréal et Laval doivent se voir offrir des chances égales afin que le Québec maintienne sa position nationale en recherche et innovation», a-t-il affirmé lors de la présentation du mémoire de l'Université Laval.

Selon le recteur, la perte de statut autonome pour le CHU de Québec et l'Institut de cardiologie et de pneumologie risque de fragiliser la possibilité de recueillir des fonds pour la recherche à l'avenir. Il a ajouté que cette fragilisation pourrait résulter en des pertes économiques considérables dans la région de Québec. Cette année, on estime à 144 millions $ les sommes dépensées en recherche en santé dans la région de Québec.

D'autre part, le ministre Barrette a reconnu des «faiblesses» dans le projet de loi concernant des manquements à l'égard de l'Université Laval. «Je vais faire amende honorable. Je suis tout à fait d'accord avec vous pour ce qui est des dénominations. Il n'est pas question pour nous de faire en sorte que vous n'ayez pas un statut formel, officialisé, dans la dénomination de fonctions suprarégionale et universitaire. Vous n'avez pas à vous inquiéter, il y aura des aménagements qui seront faits. Ça tombe sous le sens», a dit le ministre au recteur.

«C'est un peu une faiblesse de notre proposition initiale. C'est implicite que vous ayez une fonction suprarégionale et que ça allait demeurer tout comme votre performance universitaire en recherche et l'implication dans la région. C'est implicite mais je comprends que vous vouliez que ce soit explicite dans la documentation», a ajouté le Dr Barrette.

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