SPOT: une clinique itinérante pour les marginaux

À SPOT, on aura droit à une prise... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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À SPOT, on aura droit à une prise en charge médicale et sociale complète. «Ce n'est pas juste de faire une clinique de soins. Au coeur du modèle, il y a des infirmières aux pouvoirs élargis. Cinq médecins et trois dentistes aussi. Et l'équipe compte une panoplie de professionnels qui pourront répondre aux multiples besoins exprimés par les visiteurs», explique le président du conseil d'administration, le Dr Maxime Amar.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) SPOT, la première clinique de santé réservée aux «plus vulnérables des vulnérables», ouvrira officiellement sa porte aux marginaux dès le 17 novembre.

En fait, elle n'ouvrira pas sa porte. Elle ouvrira plutôt de nombreuses portes puisqu'elle sera itinérante, cette clinique, changeant de port d'attache chaque jour. «SPOT va être dans les milieux où les gens se retrouvent», explique le président du conseil d'administration, le Dr Maxime Amar. «L'objectif, c'est de briser l'isolement et l'exclusion sociale en allant où les gens sont.»

Inutile de vous y rendre si vous êtes en mesure de visiter une clinique traditionnelle, que vous prenez adéquatement votre médication, que vous avez un réseau. «Ce n'est pas un endroit où n'importe qui peut venir», insiste M. Amar. «C'est pour aller chercher les plus vulnérables des vulnérables.» Dans le jargon institutionnel, on parle d'une clientèle «désaffiliée».

Plusieurs sont en rupture totale, dans la rue. Certains n'ont même plus de carte d'assurance maladie. D'autres l'ont encore en poche, mais ont renoncé à se présenter dans les hôpitaux et les cliniques parce qu'ils y sont parfois mal reçus; on n'y est pas équipé pour prendre en charge cette clientèle qui a besoin d'un encadrement important, fait remarquer le Dr Amar - «Moi, à l'urgence, je n'ai pas le temps».

Même sans carte d'assurance maladie, on sera reçu à SPOT les bras ouverts. Justement, ils seront grand ouverts, ces bras. «Ce n'est pas juste une clinique de soins. L'idée, c'est de raccrocher les gens.» Une personne se présentant, par exemple, pour des problèmes de diabète ne repartira pas avec une simple ordonnance après trois minutes. Si elle n'a pas de logement, qu'elle s'alimente mal et qu'elle ne prend pas sa médication, il ne servira à rien de la retourner à la rue avec son bout de papier.

À SPOT, on aura plutôt droit à une prise en charge médicale et sociale complète. «Ce n'est pas juste de faire une clinique de soins. Au coeur du modèle, il y a des infirmières aux pouvoirs élargis. Cinq médecins et trois dentistes aussi. Et l'équipe compte une panoplie de professionnels qui pourront répondre aux multiples besoins exprimés par les visiteurs.

Il y a beaucoup de volontaires prêts à épauler la clientèle de SPOT. Le Centre de santé et de services sociaux Vieille-Capitale et l'Institut universitaire en santé mentale sont dans le coup. Plusieurs organismes communautaires également, à commencer par ceux qui accueilleront la clinique dans leurs locaux. L'Office municipal d'habitation est à leurs côtés.

Et puisqu'il y a un volet éducationnel important, beaucoup de programmes d'enseignement de l'Université Laval ont embarqué pour envoyer leurs étudiants sur le terrain : service social, dentisterie, médecine, nutrition, sciences infirmières, pharmacie... Dès janvier, des stagiaires se joindront à l'équipe de SPOT.

Le Dr Maxime Amar note que les futurs professionnels de la santé sont parfois éloignés de la rue, qu'ils connaissent mal les événements pouvant chambouler une vie à un point tel que l'individu se replie complètement, hors du système. SPOT leur permettra de s'initier à ces parcours et, espère-t-on, stimulera des vocations.

Donc, dès le 17 novembre, SPOT Clinique communautaire de santé et d'enseignement ouvrira ses portes : lundi après-midi à l'Archipel d'Entraide dans Saint-Roch; le mardi soir à la Maison Dauphine du Vieux-Québec ; le mercredi après-midi au Relais d'Espérance de Limoilou; le jeudi après-midi à la Maison Revivre de Saint-Sauveur. À partir de janvier, SPOT s'installera en outre le samedi après-midi au complexe de logements sociaux Saint-Pie-X, dans Limoilou.

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