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Des massothérapeutes veulent se réserver l'utilisation du mot «massage»

Shiatsu, californien, suédois, sportif... mais pas érotique. Une association de... (Photos.com)

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(Québec) Shiatsu, californien, suédois, sportif... mais pas érotique. Une association de propriétaires d'établissements de massothérapeutes et de professionnels de médecine parallèle veut réserver à son usage exclusif l'utilisation du mot «massage» pour se différencier des masseuses aux mains baladeuses.

Le 31, sur le boulevard Hamel, est un... (Photo le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

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Le 31, sur le boulevard Hamel, est un salon de massage érotique, bien qu'il n'utilise pas le mot «érotique». La façade de l'édifice n'annonce pas clairement tous les services qu'on y offre à l'intérieur. Il faut visiter son site Internet pour bien comprendre.

Photo le Soleil, Yan Doublet

L'association en question, l'APEMMA, a vu le jour l'été dernier. Elle a commencé son recrutement en octobre seulement et compte une quinzaine de membres. Parmi les enjeux fixés, elle veut changer la réglementation concernant l'affichage publicitaire des mots «massage» et «massothérapie», largement employés par les salons érotiques ou fournisseurs indépendants de services érotiques.

«La problématique existe depuis plusieurs années, lance le directeur général de l'APEMMA, Patrick Bourassa. Beaucoup d'associations de professionnels ont tenté de créer un certain encadrement dans le domaine du massage et de la massothérapie, sans succès», reconnaît-il.

Cette fois, il veut mener la lutte au nom des propriétaires d'établissements qui emploient ces mêmes professionnels, qui en ont assez de se faire demander des petits extras.

«Tous les jours, j'entends des massothérapeutes et d'autres professionnels qui disent recevoir des appels pour savoir s'ils offrent des services érotiques. Certaines sont mêmes victimes d'attouchements», raconte le dg. 

Quelque 200 salons de massages érotiques auraient pignon sur rue dans la région métropolitaine.

Le Soleil en a dénombré au moins une quinzaine sur le territoire de la ville de Québec. C'est sans compter les dizaines d'offres de service des petites annonces et sur le Web.

«Il y a de la confusion dans la population. Il y a une éducation à faire», indique M. Bourassa. L'APEMMA a créé un comité qui se penche sur une solution qui permettrait de dissiper cette confusion. Dans l'idéal, soutient-il, seuls les établissements qui emploient des professionnels de la massothérapie, sans offre de services sexuels, pourraient employer les mots «massage» et «massothérapie». 

Clients mystères

Et attention aux propriétaires mal intentionnés. L'APEMMA compte avoir la main longue. «Les membres de notre association auront la visite de clients mystères pour s'assurer que les professionnels qui offrent un soin respectent leur code de déontologie», précise M. Bourassa.

Dans la métropole, notamment, plusieurs salons érotiques ont obtenu un permis d'exploitation à titre d'établissement de soins de santé, incluant des massages. Le dg souhaite faire des représentations pour que cesse cette pratique de délivrance des permis. 

Le projet de loi C-36 pour lutter contre la prostitution toujours à l'étude à Ottawa pourrait donner un «coup de main» à l'APEMMA. Son adoption rendrait illégales les activités des salons érotiques. Certains vont jusqu'à offrir ouvertement sur leur site la «finition manuelle».

À l'autre bout du spectre, les salons de massages érotiques se préparent aussi à l'adoption du projet de loi C-36. L'ASMEQ, l'Association des salons de massages érotiques du Québec, compte faire des représentations pour encadrer ses activités. Il paraît évident que certaines dispositions de C-36 pourraient être contestées devant les tribunaux.

***

Une réglementation en deux temps

La Ville de Québec explique que les établissements qui offrent des services de massothérapie appartiennent au groupe des commerces de vente au détail et de services. Dans le cas où un service qui s'annonce comme «massothérapie» offre également des services érotiques, la Ville n'intervient pas parce qu'il s'agit de deux personnes consentantes, écrit-on dans une réponse par courriel. Cependant, poursuit la Ville, si un établissement s'annonce avec le vocable «massages érotiques», il est considéré comme un commerce à caractère érotique. Ce type de commerce est autorisé dans les zones industrielles et leur nombre est contingenté par arrondissement. 

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