L'IUCPQ veut être traité comme son pendant montréalais

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Les dirigeants de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec ne comprennent pas la décision du ministre Gaétan Barrette, qui souhaite fusionner leur établissement dans le futur centre intégré régional alors qu'il ne l'a pas fait pour l'Institut de cardiologie de Montréal.

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(Québec) La réforme de la santé mise de l'avant par le ministre Gaétan Barrette a réveillé la rivalité entre Québec et Montréal.

Les dirigeants de l'Hôpital Laval - ou de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) - ont exprimé leur incompréhension devant la décision du ministre de fusionner leur établissement dans le futur centre intégré régional alors qu'il ne l'a pas fait pour l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM). L'Institut de Québec demande de conserver son statut d'établissement autonome.

«Nous sommes face à une incompréhension totale face à cette décision. On est pourtant un institut de plus grande envergure que l'ICM. En plus de la cardiologie tertiaire, on a également des soins spécialisés en pneumologie et en obésité», a affirmé, lundi, de façon très claire, la présidente du conseil d'administration de l'Institut de Québec, Madeleine Nadeau, lors d'une intervention en commission parlementaire sur le projet de loi 10.

Selon le chef du département de cardiologie à l'IUCPQ, le Dr Robert de Larochellière, l'Hôpital Laval sera désavantagé à l'avenir par rapport à l'Institut de Montréal s'il est fusionné avec les autres établissements de la région de Québec. Sa capacité d'attirer des chercheurs et de convaincre des bailleurs de fonds pour la recherche sera diminuée, a-t-il avancé.

«Vous nous imposez de courir le 110 mètres haies avec une jambe coupée aussi vite que les autres vont courir le 100 mètres. Ça devient impossible, M. le ministre», a affirmé le cardiologue.

D'autre part, il estime que la réforme proposée par le ministre réduira considérablement l'influence de la région de Québec au ministère de la Santé étant donné le nombre plus élevé de centres intégrés régionaux à Montréal.

«Il y aura un pdg de CISSS [centre intégré de santé et de services sociaux] pour la région de Québec contre neuf dans la région de Montréal dont quatre pdg d'institutions universitaires et zéro à Québec. Au hockey, on appelle ça manger une volée. C'est ça qui nous attend, M. le ministre. Et quand on va être rendu là, on va perdre nos chercheurs, notre intérêt, notre mobilisation», a déploré le Dr de Larochellière.

À terme, d'ici 10 ans, on craint que des patients de la région de Québec et de l'Est-du-Québec soient référés à Montréal pour des soins ultraspécialisés en cardiologie alors qu'ils auraient pu être traités à Québec.

Mourir à petit feu

Mme Nadeau a fermé la porte à des modifications mineures au projet de loi au lieu d'une pleine reconnaissance du statut d'autonomie juridique de l'Hôpital Laval. La fusion, à son avis, va entraîner la mort à petit feu de l'expertise à l'Hôpital Laval.

«Vous nous direz de ne pas nous en faire, que ça va être comme avant, que notre désignation universitaire va demeurer, qu'on va pouvoir garder notre nom, que notre fondation va pouvoir continuer à opérer. Pour nous, M. le ministre, ce sont juste des illusions. Parce que sans le maintien de notre autonomie, ça ne veut absolument rien dire. Il ne faut surtout pas minimiser la situation», a-t-elle affirmé.

«Le vrai problème en nous fusionnant : vous nous enlevez tous les leviers décisionnels dont on a besoin et notre capacité d'agir rapidement et efficacement. Nos activités exigent des prises de décision rapides, adaptées à notre réalité particulière», a-t-elle poursuivi.

Le ministre Barrette a qualifié la vision de Mme Nadeau d'«apocalyptique» et d'«extrêmement négative». «De la manière que vous le décrivez, c'est la fin du monde», lui a-t-il dit.

Le ministre a évoqué la possibilité de fusionner l'Institut de cardiologie de Montréal avec le CHUM (centre hospitalier universitaire de Montréal) pour rétablir l'équilibre avec l'Hôpital Laval. Mme Nadeau lui a rétorqué que ce serait une erreur et qu'il valait mieux maintenir l'autonomie des deux instituts de cardiologie au Québec.

Le ministre Sam Hamad a assisté à la présentation du mémoire de l'IUCPQ en commission parlementaire aux côtés du ministre Barrette.

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