Réforme Barrette: «Vers des jours difficiles», disent les médecins de famille

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Le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec

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(Québec) La réforme de la santé préconisée par le ministre Gaétan Barrette est vouée à l'échec si d'importants ajustements ne sont pas apportés au projet de loi 10.

C'est le message qu'a livré, mardi, en commission parlementaire, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin.

«Si je n'ai pas de réponse sur ce qui va se passer sur le plan de l'organisation locale, je ne vois pas comment on va avoir des gains. C'est sûr qu'on s'en va vers des jours difficiles», a-t-il commenté, mardi, après avoir présenté le mémoire de la Fédération en commission parlementaire.

«Il y a des correctifs à apporter. Ça [projet de loi] ne peut pas être seulement ça. Ce ne serait pas quelque chose qui serait fonctionnel. On doit revoir toute la gouvernance médicale et l'organisation médicale au niveau local», a-t-il ajouté.

Selon le Dr Godin, la réforme proposée n'amènera pas, du moins à court terme, un désengorgement des urgences, ni une diminution du nombre de personnes en attente d'un médecin de famille.

«Je n'ai rien vu là-dedans qui va modifier les choses à court terme. On serait capable de vous donner la réponse lorsqu'on verra l'étape 2 ou l'étape 3. Mais il va se passer combien de temps avant l'étape 2 et l'étape 3? Et elles seront comment? Est-ce que ça répondra vraiment à renforcer la structure locale alors qu'on aura donné tous les pouvoirs au niveau régional?» a-t-il demandé.

D'autre part, les propos du Dr Barrette et du premier ministre Philippe Couillard voulant que des mesures contenues dans le projet de loi ne soient que transitoires n'ont pas rassuré le président de la FMOQ.

«Veux, veux pas, on s'en va vers une période de flou même si on nous dit aujourd'hui : inquiétez-vous pas, les pouvoirs du ministre sont transitoires. Il y a une deuxième phase. Il va y avoir une adaptation de la loi actuelle. Malheureusement, je ne l'ai pas concrètement. Pendant cette période, il va se passer six mois, un an, deux ans, trois ans?» a-t-il demandé une autre fois.

Trop gros

Selon le Dr Godin, le ministre va trop loin en regroupant tous les établissements dans certaines régions. À son avis, la taille de certains nouveaux centres régionaux est beaucoup trop grande et ces centres ne seront pas fonctionnels.

«On est inquiet de la taille de ces établissements autant pour le nombre de médecins qui pourront y travailler, que le territoire géographique qu'ils pourraient être appelés à desservir. Dans le projet de loi, on n'a aucune garantie de comment sur le plan fonctionnel on sera capable de rester près des patients. C'est notre principale préoccupation», a-t-il affirmé.

Il n'a pas voulu s'avancer sur le nombre d'établissements qui devraient être fusionnés. «Dans les établissements regroupés, vous allez vous retrouver avec beaucoup de situations. Il y a des endroits où c'est relativement homogène mais il y a des endroits où c'est très inhomogène. On n'organisera pas à l'hôpital les soins de la même façon dans la ville de Québec que dans la région de La Malbaie ou Portneuf. Il faut être capable de préserver la vision locale», a-t-il expliqué.

En réponse à une question de la députée Françoise David, le Dr Godin a reconnu que le maintien de certains centres de santé et de services sociaux actuels serait souhaitable. «Pour rester proche du patient, ça veut dire, pour certains endroits, garder le statu quo actuel. Ça pourrait dire, pour d'autres, peut-être, de le bonifier un peu, d'y greffer d'autres établissements. Parce qu'il y a peut-être des économies que l'on peut faire», a-t-il répondu.

Par ailleurs, des médecins de famille estiment que le refus du gouvernement de permettre aux médecins de faire partie du conseil d'administration de la nouvelle structure régionale est méprisant. «Il est choquant de voir le gouvernement nier la présence et l'apport de milliers de médecins omnipraticiens dans les affaires des établissements», peut-on lire dans le mémoire de la Fédération.

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