Ebola: des ambulanciers québécois joignent un groupe de vigilance international

Les fautes commises par les services d'urgence de... (AP, Tony Gutierrez)

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Les fautes commises par les services d'urgence de Dallas en lien avec le cas de Nina Pham, une des deux infirmières infectées par le Libérien Thomas Eric Duncan, serviront aux ambulanciers québécois dans une éventuelle éclosion du virus Ebola au Canada.

AP, Tony Gutierrez

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

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(Québec) Les erreurs commises par les services d'urgence de Dallas, au Texas, serviront aux ambulanciers de la province dans une éventuelle éclosion d'Ebola. La Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ) fait partie d'un groupe privé d'échange d'informations, auquel des représentants américains ont déjà fait part de ratés connus sur le terrain.

Inquiets, des ambulanciers de la province de Québec ont récemment fait la manchette concernant le virus Ebola, alors que certains ont refusé de travailler, craignant une potentielle infection, et que d'autres se sont plaints du manque de formation ou d'équipement de protection. 

Mais ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles, tranche Éric Hamel, directeur service clinique et logistique à la CTAQ. Ce dernier, tout comme plusieurs chefs ambulanciers au pays, participe chaque jeudi à une rencontre internationale entre divers corps paramédicaux de la planète. «C'est un peu les services secrets [du préhospitalier]», a-t-il dit en entrevue au Soleil. La table se nomme Weekly International Webinar Discussion on Ebola.

Si un groupe de vigilance existe en permanence chez les ambulanciers, il devient soudainement plus actif lorsque des crises sanitaires se manifestent, d'où la création d'un groupe parallèle exclusif à Ebola.

La CTAQ, grâce à ses contacts avec le groupe Paramedic Chiefs of Canada, et d'autres instances, dont Urgences-Santé, ont joint la cellule après la confirmation, le 30 septembre, du premier cas de fièvre hémorragique en sol américain, soit celui de Thomas Eric Duncan. «Ça a mis la machine en route», a illustré M. Hamel. «C'est une bonne occasion de revoir nos pratiques et de corriger nos lacunes.»

Duncan est décédé le 8 octobre, et deux nouveaux cas d'Ebola ont été diagnostiqués par la suite dans cet État américain, créant un premier vent de panique en Amérique du Nord. Les services d'urgence de Dallas ont déjà admis certaines fautes en lien avec le cas Duncan. L'erreur la plus connue est sans doute celle de cette aide-soignante ayant reçu l'autorisation de voyager à bord d'un avion de ligne, et ce, malgré des symptômes de la maladie manifestés après l'intervention auprès du premier infecté nord-américain. 

Protection inadéquate

Mais d'autres erreurs sont moins connues et se sont produites en amont. Au lendemain du décès de M. Duncan, le 9 octobre, le chef ambulancier de la Ville de Dallas prenait la parole dans le groupe auquel la CTAQ fait partie. «Le chef du Texas, il nous a conté exactement ce qui s'est produit.»

Résumant ses propos, M. Hamel explique que l'identification d'un risque d'infection à Ebola a peut-être été mal évalué par les ambulanciers de Dallas, ce qui fait que les paramédicaux sont entrés en contact avec Thomas Eric Duncan sans protection adéquate. Les paramédicaux s'en sont tirés heureusement sans conséquence.

Quoi d'autre? Éric Hamel ne peut pas tout dévoiler. «Le groupe, ce n'est pas ouvert au grand public. Il y a des choses qui se disent là qui ne se diraient pas sinon. Dans des termes plus polis, c'est no bullshit. Le but, c'est d'amener leur expérience, qu'elle soit bonne ou mauvaise.» Fort d'une longue expérience en préhospitalier, M. Hamel est le premier à admettre qu'il y a parfois «de l'essai-erreur».

M. Hamel se souvient que des cellules semblables avaient été créées lors de l'épidémie de grippe H1N1, en 2009, et pendant l'épisode de SRAS, à Toronto, en 2003.

Le cadre de la CTAQ est par ailleurs convaincu que les paramédicaux du Québec - du moins ceux de la CTAQ - disposent déjà du matériel et de la formation nécessaires pour lutter contre l'Ebola. «Tout le monde a reçu une formation de huit heures pour ce type d'infection, a-t-il assuré. Ce n'est pas bien différent d'une simple gastro.»

Concernant l'inquiétude manifestée par certains ambulanciers, il fait valoir que des cas de maladie dangereuse sont assez fréquents au Canada, notamment les méningites ou encore les tuberculoses. Et pour ceux qui seraient tentés de déposer un refus de travail à la Commission de la santé et de la sécurité du travail, Éric Hamel affirme qu'il s'agit d'une opération «risquée». «C'est comme un pompier qui refuse d'intervenir sur un feu», a-t-il illustré.

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