Coûts en santé: les coupes insuffisantes, disait Barrette

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a... (Photothèque Le Soleil)

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Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a changé de discours depuis qu'il a quitté la présidence de la Fédération des médecins spécialistes du Québec. Il voulait que le gouvernement aille plus loin que de simples coupes dans la bureaucratie et un changement dans la gestion du système de santé.

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(Québec) La réduction de la bureaucratie et les nouvelles façons de gérer ne seront pas suffisantes pour résoudre les problèmes de financement en santé au Québec.

Ces propos ne sont pas ceux d'un opposant à la réforme du ministre Gaétan Barrette qui veut abolir les agences régionales de la santé par le projet de loi 10, 1300 postes de cadres et économiser plus de 200 millions $ par année. Ce sont ceux du ministre lui-même, du temps où il était président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). La commission parlementaire sur le projet de loi qui entendra pas moins de 70 groupes et spécialistes débute lundi.

«Peu importe le scénario, il faudra des sources additionnelles de financement. Il apparaît extraordinairement simpliste de penser que seules de nouvelles façons de gérer, de passer en mode "d'achat de services", ou d'augmenter la productivité permettront de freiner la croissance des coûts», avait-il écrit dans un texte publié dans la revue de la Fédération en mars 2008. 

Il réagissait au rapport du comité présidé par Claude Castonguay sur le financement du système de santé. Le rapport recommandait des mesures pour accroître la productivité dans le réseau et d'autres pour aller chercher de nouveaux revenus en mettant fin à la gratuité complète des services médicaux. On avait suggéré un tarif de 25 $ par visite médicale jusqu'à concurrence d'un montant représentant 1 ou 2 % du salaire de la personne. Les gens à faibles revenus n'auraient pas eu à payer ce tarif.

Le Dr Barrette soutenait que des mesures avaient déjà été mises en place pour réduire les coûts, notamment pour les fournitures médicales dans les hôpitaux, les médicaments et les équipements médicaux spécialisés. «Il n'y a probablement là plus aucun gain financier à obtenir», avait-il écrit.

«Constat adéquat»

Il avait encensé le rapport Castonguay. Selon l'ex-président de la FMSQ, le rapport étalait «un constat adéquat de la situation et propose des avenues qui nous apparaissent viables et celles-ci incluent à la fois, et non séparément, des mesures de financement et d'ordre managérial».

Il avait exprimé des craintes à ce que le gouvernement ne retienne les propositions plus faciles à faire accepter par la population. «Les dangers de ce rapport relèvent de la politique, plus précisément si le politique continue à aller dans la direction de ne prendre que le facile ou le politiquement rentable, à savoir tout ce qui concerne la gestion et la productivité. Le danger est là», avait-il avancé.

Par ailleurs, des économies en santé seraient possibles par une révision du travail des médecins. En mai dernier, lors d'un colloque du Collège des médecins, le Dr Barrette avait reconnu qu'il y avait des actes et des procédures inutiles et coûteuses en santé. Il avait assuré toutefois les médecins présents qu'ils ne perdraient pas de revenus par cette révision. L'Association médicale du Québec a évalué à 5 milliards $ par année les coûts d'examens et de traitements en trop.

«Vous avez le pouvoir de travailler ensemble avec tout le monde et dire : ça on arrête de faire ça parce que c'est niaiseux, que ça [actes inutiles] ne donne rien. Ça, on le fait pour le cash et on arrête de le faire. Vous êtes capables de faire ça. Il y a plein de situations et vous savez que c'est faisable. Votre problème, c'est que je le sais aussi. C'est plate mais c'est de même. C'est sûr qu'il va y avoir des commandes», a-t-il affirmé devant un auditoire composé en grande majorité de médecins.

De plus, le Dr Barrette avait soutenu qu'il y avait suffisamment de médecins au Québec malgré les centaines de milliers de personnes en attente d'avoir un médecin de famille. Il avait déploré que la formation des nouveaux médecins ne prévoie pas une journée de travail normal.

«Le mode de formation de cherry picking qu'on a actuellement doit arrêter. Les jeunes sortent avec une formation très adéquate sur le plan académique mais totalement inadéquate sur le plan de la quantité de services à donner. C'est ce qui fait qu'on a une génération qui est inquiète et insécure quand elle arrive sur le marché du travail. Et on a des problèmes», avait-il dit.

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