Accouchement au CHUL: l'hôpital enquête à l'interne

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«On trouve important de valider - quitte à ce que ça prenne un peu de temps - les raisons qui ont motivé le comportement du médecin et les informations qui lui ont été données pour prendre une décision», a indiqué, jeudi, une porte-parole du Centre hospitalier universitaire de Québec, Pascale Saint-Pierre.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le CHU de Québec poursuit son enquête sur les circonstances entourant le refus d'un médecin obstétricien de porter assistance à une femme qui a accouché dans un stationnement du CHUL.

«On trouve important de valider - quitte à ce que ça prenne un peu de temps - les raisons qui ont motivé le comportement du médecin et les informations qui lui ont été données pour prendre une décision», a indiqué, jeudi, une porte-parole du Centre hospitalier universitaire de Québec, Pascale Saint-Pierre.

«Nous vérifions également si la procédure d'urgence [le code 20] qui a été utilisée est optimale ou si on doit la changer», a-t-elle ajouté.

L'événement s'est produit le mardi 7 octobre vers 19h30. Une personne a entendu une femme crier dans le stationnement. La personne a rapidement averti les agents de sécurité qui ont déclenché un code 20 par interphone dans l'hôpital, soit la procédure d'assistance à une personne dont la vie est en danger.

«Dans ces circonstances, l'équipe qui est mandatée pour répondre à un code 20, ce sont les agents de sécurité accompagnés d'une équipe de l'urgence. Ça n'implique pas nécessairement un médecin. On envoie des infirmières qui évaluent la situation et si une évaluation médicale est nécessaire, elle est demandée», a précisé Mme Saint-Pierre.

Or, le soir du 7 octobre, ce ne sont pas uniquement des infirmières de l'urgence qui se sont rendues dans le stationnement, mais aussi des infirmières du Centre mère-enfant (CME). Ces dernières se doutaient que la femme en train d'accoucher était une de leurs patientes. Le père avait téléphoné, dans les minutes précédentes, pour leur dire que lui et sa conjointe étaient en route vers l'hôpital et que l'accouchement avait débuté.

Patiente du centre mère-enfant

«Les infirmières du Centre mère-enfant sont descendues avec un incubateur, une couverture chauffante et lorsqu'elles sont arrivées, il s'est avéré que c'était leur patiente. À ce moment, les gens de l'urgence ont dit : "Prenez le relais, c'est vous qui êtes le plus apte à procéder." L'accouchement a été très rapide, en quelques minutes», a expliqué la porte-parole du CHU de Québec.

Les infirmières ont demandé sans succès l'assistance de l'obstétricien de garde au CME au cas où il y aurait des complications. «Le médecin était au étage du Centre. Pouvait-il laisser l'obstétrique et descendre au stationnement alors qu'il avait une responsabilité à l'obstétrique? Quelles étaient ses responsabilités? C'est ce qui est en vérification», a précisé Mme Saint-Pierre.

Est-ce que le médecin aurait dit que ce n'était pas dans sa définition de tâches de porter assistance dans un stationnement? «Pour l'instant, on n'est pas en mesure de confirmer ce qui a été dit.» Dans la soirée du 7 octobre, il y avait quatre urgentologues à l'urgence et des médecins omnipraticiens au Centre mère-enfant.

«Le médecin était au deuxième étage du Centre. Pouvait-il laisser l'obstétrique et descendre au stationnement alors qu'il avait une responsabilité à l'obstétrique? Quelles étaient ses responsabilités? C'est ce qui est en vérification.»

Pascale Saint-Pierre, porte-parole du Centre hospitalier universitaire de Québec

Plainte à l'interne

Par ailleurs, la plainte qui a été portée contre le médecin n'a pas été faite par la famille concernée. «C'est une plainte qui est venue de l'interne de l'hôpital. On ne peut pas en dire davantage. C'est confidentiel», a dit la porte-parole du CHU de Québec. La mère et l'enfant ont quitté l'hôpital et se portent bien.

Un médecin examinateur a été mandaté par le commissaire aux plaintes du Centre hospitalier pour faire enquête. «Le médecin examinateur a le pouvoir de faire des recommandations au conseil des médecins, dentistes, pharmaciens qui peut convoquer un comité de discipline. On peut y sanctionner le médecin en question», a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, Mme Saint-Pierre a affirmé qu'il arrivait parfois que des mères accouchent avant d'arriver à l'hôpital. «Une femme a accouché dans le débarcadère dans l'entrée principale du CHUL. Une autre a accouché dans la rue aux abords de l'Hôpital Saint-François d'Assise, où il y a une unité d'obstétrique», a-t-elle rappelé.

En cas d'accouchements spontanés, on invite les parents à se diriger à l'urgence. «Aux futurs parents, on leur dit toujours dans la visite virtuelle que s'il y a une urgence de se présenter à l'urgence. En disant cela, on ne jette absolument aucun blâme. On fait pour le mieux dans des situations particulières et énervantes», a dit Mme Saint-Pierre.

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