Ebola: le personnel de santé en grève au Liberia

Un homme passe devant une murale indiquant les... (STRINGER)

Agrandir

Un homme passe devant une murale indiquant les symptômes liés au virus Ebola, le 12 octobre Monrovia au Liberia.

STRINGER

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Monrovia

Les personnels de santé étaient en grève lundi au Liberia pour obtenir le versement des rémunérations promises en raison de l'épidémie d'Ebola, qui frappe particulièrement les soignants, comme le montrent les deux premières contaminations hors d'Afrique, aux États-Unis et en Espagne.

Afin de coordonner la prévention face au risque de propagation qui a déjà fait plus de 4000 morts en Afrique, les ministres de la Santé de l'Union européenne (UE) ont été invités à une réunion jeudi à Bruxelles portant notamment sur les contrôles aux frontières.

Seule la Grande-Bretagne, qui a prévu d'envoyer des équipes en combinaison de protection au domicile de cas suspects, a établi des contrôles à l'arrivée dans ses aéroports et gares, suivant les exemples américain et canadien. La France envisage de le faire pour les vols en provenance de Guinée.

L'Espagne, qui a enregistré le premier cas de contamination hors d'Afrique, a décidé de former tout le personnel, de santé ou de secours, susceptible d'entrer en contact avec le virus.

Au Liberia, le mouvement de protestation, amorcé la semaine dernière par une grève perlée à la clinique Island de Monrovia, débordée dès son ouverture le 21 septembre, semblait plutôt suivi dans la capitale, selon les correspondants de l'AFP et les témoignages du personnel et de patients.

«Personne ne s'occupe de nous», a témoigné un patient de cette clinique sur une radio locale. «La nuit dernière, plusieurs malades sont morts. Ceux qui peuvent marcher veulent s'échapper en escaladant la barrière», a-t-il ajouté.

«Les personnels de santé à travers le pays ont rendu leur tablier comme nous leur avons demandé de le faire», a déclaré à l'AFP le président du syndicat du secteur, Joseph Tamba, expliquant que les revendications portaient notamment sur la titularisation d'employés sans contrat.

Si la présidente Ellen Johnson Sirleaf «nous dit simplement: ''Il n'y a pas d'argent pour vous'', nous en discuterons. Nous ne souhaitons pas une confrontation avec elle», a-t-il assuré, accusant le gouvernement de traiter les grévistes «en ennemis».

S'agissant de la clinique Island, administrée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le mouvement a été déclenché par le versement de salaires inférieurs d'un tiers à la moitié aux montants prévus, a indiqué le syndicaliste.

«Exploiter la moindre faiblesse»

Au démarrage de ce conflit la semaine dernière, les autorités ont décrété les journalistes indésirables dans les centres de traitement d'Ebola, invoquant le respect de «l'intimité» des patients.

En première ligne face à l'épidémie, les soignants ont enregistré 201 contaminations au Liberia, où 95 en sont morts (un peu moins de 5 % du total), selon le dernier bilan de l'OMS.

Face à l'ampleur de la tâche, le chef de la Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER), Anthony Banbury a appelé à «l'aide de plus de pays, de leurs militaires, de leurs civils, de leurs personnels de santé».

La directrice de l'OMS Margaret Chan a confié n'avoir «jamais vu une crise de santé menacer la survie même de sociétés et de gouvernements dans des pays déjà très pauvres», selon un discours prononcé en son nom par un responsable de l'organisation.

«Cette épidémie montre comment l'un des pathogènes les plus meurtriers au monde peut exploiter la moindre faiblesse du système de santé» en Afrique subsaharienne, en mal d'effectifs et de structures adaptées, a dit, avertissant qu'«on ne peut pas réhabiliter ces systèmes pendant une crise. Au lieu de cela, ils s'effondrent».

Aux États-Unis, les autorités sanitaires incriminaient une défaillance dans l'application des mesures de protection pour expliquer la première contamination sur le sol américain, celle d'une soignante de l'hôpital de Dallas où a été accueilli le premier malade déclaré dans le pays.

La soignante faisait partie de l'équipe qui a traité ce patient libérien, de son admission le 28 septembre à son décès le 4 octobre. Elle se trouvait dimanche dans un «état stable», présentant de «légers symptômes» et une «faible fièvre», selon des sources médicales.

L'intéressée a assuré avoir respecté les consignes et l'hôpital a souligné qu'elle portait l'équipement (masque, gants, tenue de protection) recommandé par les Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC)

Il s'agit de la deuxième contamination hors d'Afrique, après celle d'une aide-soignante espagnole qui a traité à Madrid un missionnaire mourant rapatrié de Sierra Leone, Teresa Romero, dans un état «grave mais stable».

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer