Coops en santé: une réponse aux aberrations du système québécois

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Les coopératives de santé partout dans le monde offrent de meilleures prestations de services. Elles feraient des efforts de prévention pour l'amélioration de la santé des populations.

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(Québec) Le système de santé au Québec est complètement déconnecté de la réalité. Il est pris dans un carcan institutionnalisé avec un ministre qui décide de tout. «C'est une aberration», clame haut et fort Jean-Pierre Girard, professeur chercheur à l'UQAM et expert international en entreprises collectives.

Effectuant une sortie en règle contre le système de santé québécois au lancement de son étude internationale sur les services de santé et les services sociaux performants, le professeur Girard donnait des exemples en Argentine, en France, en Uruguay, en Espagne, en Italie, même au Rwanda prouvant que le modèle coopératif pouvait non seulement faire baisser les coûts de gestion, mais aussi que la satisfaction de la clientèle était à la hausse.

«C'est le cas des coopératives du réseau de la Fondation Espriu, en Espagne, qui assume la cogestion d'hôpitaux publics, ajoute-t-il. Au Rwanda, 90 % de la population est couverte par une assurance maladie offerte par une mutuelle de santé. Ce pays d'Afrique est reconnu pour l'amélioration marquée du bilan de santé de sa population au cours des récentes années, une situation qui contraste avec le bilan sociosanitaire d'autres pays de ce continent.»

Comme une marchandise

Le carcan institutionnel n'est pas au service de la clientèle, affirme-t-il avec conviction. La prestation de services devient une marchandise. Pire encore, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) martèle depuis 1978 qu'il faut se débarrasser du monopole de l'État et de celui des professionnels dans le secteur de la santé.

«Ici, on fait exactement le contraire», rouspète-t-il en entrevue. «Les citoyens n'ont pas de place dans les conseils d'administration. Le concept de participation de la société civile à l'organisation des services de santé est au coeur du fonctionnement de ces coopératives et mutuelles»

Il démontre, dans son étude de 270 pages, que les coopératives de santé partout dans le monde offrent de meilleures prestations de service, mais encore elles font des efforts de prévention pour l'amélioration de la santé des populations, ce que ne sont plus capables de faire les CLSC puisqu'ils étouffent dans un carcan institutionnel.

«Ce n'est pas sans raison que des coopératives médicales ont vu le jour, ajoute-t-il. Il faut remettre le citoyen au coeur du processus décisionnel, pas les professionnels. C'est ce qui s'est passé avec la coopérative de Saint-Étienne-des-Grès. Les citoyens ont repris le système de santé en main dans leur région et c'est un succès.»

Anecdote étonnante

Il note aussi la coopérative de santé dans Saint-Roch et Saint-Sauveur à Québec, la SABSA, ou les services sont donnés par des infirmières en ajoutant qu'au Québec 53 coopératives de santé servent 160 000 patients. Il rapporte aussi une anecdote étonnante.

«La première coopérative de santé au Québec, rappelle-t-il, a été fondée avant la Révolution tranquille, par le Dr Jacques Tremblay dans Saint-Sauveur en 1945. Il voulait que les démunis aient aussi droit à des soins de santé sans se ruiner. Aujourd'hui, cette initiative, c'est la SSQ.»

Il note alors de nombreux cas de coopératives innovantes, comme celles de la région de Lazio, non loin de Rome, où différents types de coopératives comme celle de médecins, une pharmacie coopérative et un autre dans les services sociaux se sont associés «au sein d'un consortium pour offrir aux membres un continuum de services. Le patient a une seule identité et un même dossier partout». L'expérience est tellement intéressante qu'on veut l'étendre à tout le pays.

«Dans un contexte de gestion de plus en plus serrée des finances publiques, n'y a-t-il pas là une opportunité à considérer sérieusement par les autorités publiques : faire appel à des organisations qui ont comme motivation première la satisfaction des besoins des usagers plutôt que le seul appât du gain?» affirme-t-il en résumant son étude.

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