Affaire Delarosbil: «le stress est retombé»

Robert Delarosbil avec son chien d'assistance Christina.... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Robert Delarosbil avec son chien d'assistance Christina.

Photo Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Robert Delarosbil qui s'est battu pendant deux ans pour conserver son chien d'assistance est aujourd'hui beaucoup plus détendu. Tout comme son animal d'ailleurs.

Six mois après la décision de la Cour supérieure confirmant l'entente entre M. Delarosbil et le syndicat de copropriétés du Verre-Bourg, la tension a disparu dans l'immeuble de la rue Beauregard dans le secteur de Sainte-Foy. Les copropriétaires se voisinent même davantage. Les assemblées ont permis de tisser des liens. Au dernier party de Noël, la participation a été quatre fois plus grande, a souligné Rosaire Bertrand, le nouveau président du syndicat de copropriétaires.

«Maintenant, c'est comme quand je suis arrivé de Toronto la première fois avec mon chien d'assistance. Ça va très bien. Le stress est tombé. Les gens ont compris ma situation», a dit M. Delarosbil lorsque nous l'avons rencontré cette semaine dans son unité de copropriété.

«Les gens de l'immeuble me félicitent même d'avoir accepté un poste au conseil d'administration du syndicat», a-t-il ajouté. Tout récemment, on a fait appel à ses services pour ses connaissances dans l'entretien de bâtiments en vue d'importants travaux de rénovation dans l'immeuble. Une autre personne handicapée qui se déplace en fauteuil roulant fait aussi partie du nouveau conseil d'administration. M. Delarosbil a aussi accepté un poste de bénévole au conseil d'administration de l'Association des personnes avec une déficience de l'audition.

Toutefois, le stress causé par la lutte pour conserver son chien d'assistance a possiblement aggravé sa maladie dégénérative à l'origine de sa surdité. On l'appelle la maladie de Ménière. Au cours des deux derniers mois, M. Delarosbil a dû garder le lit à plusieurs reprises en raison d'étourdissements, de vertiges qui provoquaient des vomissements. «Je n'étais pas capable de sortir, de conduire mon auto. J'étais pas capable de rien faire. J'étais tout le temps couché. J'étais épuisé», a-t-il raconté.

Pour tourner la page, les copropriétaires doivent payer prochainement les derniers honoraires d'avocat d'un montant de plus de 120 000 $. Au total, la saga aura coûté près de 300 000 $ en honoraires d'avocat incluant une somme de 50 000 $ remboursée à M. Delarosbil pour ses frais d'avocat. Le coût moyen par copropriétaire a été de 1800 $. Par solidarité avec les copropriétaires qui l'ont appuyé, M. Delarosbil a accepté de payer sa part des frais.

Contrairement à ce que les opposants au chien d'assistance laissaient entendre, aucun autre chien d'assistance ou animal domestique n'a fait son apparition dans l'immeuble du Verre-Bourg depuis la conclusion de l'entente. L'interdiction des animaux domestiques y a été maintenue.

Accommodements

Par ailleurs, le thème des accommodements raisonnables dans les copropriétés, les notions de handicap et de moyen pour pallier un handicap seront abordés lors d'un colloque d'une journée, le samedi 12 avril, au club de golf de Cap-Rouge. Une représentante de la Commission des droits de la personne y présentera une conférence ainsi que des avocats spécialisés dans le droit de la copropriété. L'activité est organisée par le Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec, section Québec.

Depuis l'affaire Delarosbil, les dirigeants de syndicats de copropriétés sont plus sensibles aux demandes des personnes handicapées, selon le président du Regroupement à Québec, Me Michel Paradis. «Les syndicats ne peuvent pas juste dire non et que la personne doit vivre avec les règles de la copropriété. Tout le monde se pose la question maintenant. Est-ce qu'on est en présence d'un problème de handicap et est-ce qu'on doit envisager un accommodement raisonnable», a-t-il dit.

Les demandes d'accommodements pour les personnes handicapées sont plus nombreuses, selon le procureur. «Ce n'est pas seulement avec les chiens d'assistance. Il y a aussi les travaux qu'il faut faire parce qu'une personne est en fauteuil roulant, élargir des cadres de portes, changer des serrures, faire une rampe à l'entrée de la copropriété et peut-être déplacer des stationnements. Les administrateurs sont devenus plus sensibilisés à toutes ces questions.»

L'an dernier, Me Paradis avait appuyé publiquement M. Delarosbil dans sa lutte pour conserver son chien d'assistance.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer