Moins d'accidents du travail, mais...

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L'Association des professionnels en santé du travail considère que le soutien aux travailleurs blessés s'est grandement amélioré au Québec.

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(Québec) Le nombre d'accidents du travail répertoriés par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) est en baisse, c'est vrai! Au cours des 10 dernières années, la CSST a observé une diminution de 35 % des accidents du travail au Québec. Chez les jeunes de 24 ans et moins, la baisse est encore plus éloquente, avec 51 % moins d'accidents depuis 2002. Mais attention, tout n'est pas joué, car les périodes d'indemnisation pour les travailleurs blessés sont quant à elles en hausse.

Ce serait le vieillissement de la population qui changerait la donne, selon Paul-Émile Boileau, directeur scientifique à l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail. En effet, entre 1988 et 2008, le taux de travailleurs âgés de 50 ans et plus est passé de 16 % à 27 %.

Denis Laliberté, médecin-conseil en santé au travail à la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale, précise toutefois qu'il s'agit d'une «hypothèse absolument pas vérifiée». Il ajoute également que la statistique à la baisse pour le nombre de lésions répertoriées au Québec peut être due à des réassignations temporaires d'employés blessés à des tâches qui leur sont plus appropriées. Dans ce cas, les blessures ne sont pas comptabilisées, étant donné qu'aucune demande d'indemnisation n'est faite.

À cet enjeu s'ajoutera le décalage de l'âge de la retraite, qui maintiendra en emploi des travailleurs plus âgés. Le risque d'une telle mesure? Que les blessures au travail soient de plus en plus graves, car «un travailleur qui avance en âge subit moins de lésions, mais chaque lésion est plus importante», explique M. Boileau. Et puisqu'une blessure grave mène, par la force des choses, à un arrêt de travail prolongé, reste à voir comment le Québec saura s'adapter à ce changement démographique.

Dans la Capitale-Nationale, le taux d'emploi était de 63,4 % au deuxième trimestre de 2013. Ça représente environ 380 500 travailleurs.

Meilleur soutien

À l'Association des professionnels en santé du travail (APST), on considère que le soutien aux travailleurs blessés s'est grandement amélioré au Québec. «Une chose est sûre, il y a une meilleure collaboration entre organismes de soutien», affirme Richard Matte, président de l'APST. Entre autres, il remarque, depuis 10 ans, une volonté de mieux collaborer entre professionnels de la santé, assureurs, organismes de soutien, etc. Tout ça, pour favoriser la remise sur pied du travailleur. «On a vraiment des bonnes ressources au Québec pour aider», affirme M. Matte.

Par ailleurs, Denis Laliberté estime que les Québécois se conscientisent de plus en plus à l'importance de la santé et de la sécurité au travail. «La culture de la prévention est nettement plus répandue aujourd'hui», se réjouit-il.

Malgré tout, beaucoup de travail reste à faire, entre autres en ce qui concerne tous les troubles musculosquelettiques, qui représentent 35 % de toutes les lésions professionnelles au Québec. Cette «plaie», comme l'appelle le Dr Laliberté, est encore une grande préoccupation. «C'est énorme! Il y en a partout!» appuie d'ailleurs M. Arcand. Par ailleurs, 96 308 accidents et maladies professionnelles ont été répertoriés par la CSST en 2009, ce qui représente des prestations de 1,8 milliard $.

Comme quoi même si des améliorations notables sont constatées, «il ne faut pas trop se péter les bretelles!» rappelle le Dr Denis Laliberté.

*********************

Ouvrir l'oeil sur la santé mentale

La santé mentale au travail est un enjeu grandissant auquel doivent faire face les organismes de soutien aux travailleurs. «Ce sera le gros problème des prochaines années», soutient Robert Arcand, chef d'unité scientifique en santé au travail à l'Institut national de santé publique du Québec.

Même son de cloche du côté de l'Association des professionnels en santé du travail. Selon le président Richard Matte, «les problèmes de santé mentale deviendront la première cause d'invalidité au travail».

«Je ne jette de pierres à personne, mais la CSST [Commission de la santé et de la sécurité du travail] a beaucoup plus agi au niveau de la santé physique», souligne M. Arcand, précisant que peu d'indemnisations sont actuellement versées à des travailleurs souffrant de détresse psychologique.

Et ce manque d'indemnisations mène à une sous-évaluation des problèmes de santé mentale que rencontrent les travailleurs québécois. Les cas comptabilisés constituent en fait «la pointe de l'iceberg», selon Denis Laliberté, médecin-conseil en santé au travail à la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale.

Selon l'Enquête québécoise sur des conditions de travail, d'emploi et de santé et de sécurité du travail publiée en 2011, environ 18 % des travailleurs québécois présenteraient un niveau élevé de détresse psychologique.

Ce problème en amène un autre : celui où des gens en détresse psychologique se présentent au travail, alors qu'ils ne devraient pas. C'est ce que les spécialistes appellent le présentéisme, en opposition au problème d'absentéisme.

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