La marijuana pas si «inoffensive», selon une nouvelle étude

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(Québec) C'est peut-être «entre deux joints, tu pourras plus faire grand-chose» que Charlebois aurait dû chanter... D'après un article savant paru mardi et qui passe en revue plus de 120 études, le cannabis semble avoir des effets permanents sur le développement du cerveau des adolescents (les plus vulnérables, du moins), augmentant le risque de dépendance aux drogues dures et empirant certains problèmes mentaux.

«En bout de ligne, il est impossible d'ignorer les signes montrant que le cannabis/THC [le THC étant l'ingrédient actif du cannabis] n'est pas inoffensif pour un cerveau en développement, même s'il reste encore de larges trous dans nos connaissances», conclut l'auteure principale de l'article, la chercheuse en psychiatrie Yasmin Hurd, avec trois collègues de l'Université Mount Sinai, à New York, et de l'Université de Montréal.

Le cerveau des enfants est, on le sait, très malléable et le demeure tout au long de l'adolescence avant de se «fixer» à l'âge adulte. À cause de cela, il est possible que l'abus de drogues à l'adolescence ait des effets durables chez ceux qui ont certaines prédispositions - et l'article en relate les mécanismes possibles ainsi que les signes.

Vers les drogues dures

Les chercheurs constatent en effet que, d'une étude à l'autre, il existe un lien indubitable entre l'usage de cannabis à l'adolescence et la dépendance aux drogues dures à l'âge adulte. Il est très difficile d'établir si l'un cause l'autre ou si les deux sont déterminés par une cause commune - on peut aisément imaginer, par exemple, qu'un enfant battu ou abusé sera tenté plus tôt par la mari, puis par d'autres drogues -, mais l'équipe de Mme Hurd signale que plusieurs expériences ont montré que les rats à qui l'on donne du cannabis à l'adolescence montrent plus souvent que les autres des comportements de dépendance aux opiacés.

Il semble également que la mari exacerbe certains traits psychiques qui incitent à la consommer, ce qui crée une sorte de cercle vicieux où la personne tente de s'«auto-soigner» ou de se soulager en fumant de la mari, ce qui empire son état et accentue le besoin de fumer.

«C'est un article assez convaincant», a commenté mardi Claude Rouillard, professeur en neurosciences à l'Université Laval et spécialiste des dépendances. «Il fait une très bonne revue et son importance, c'est qu'à une période où on songe à légaliser la marijuana, ça pose la question de savoir si c'est vraiment la drogue douce qu'on pense. Et cet article-là montre qu'il y a beaucoup d'évidences scientifiques qu'il peut y avoir un risque, à tout le moins pour une partie des adolescents, à consommer de la marijuana.»

D'hier à aujourd'hui

Le fait que le «pot» d'aujourd'hui contienne environ 10 fois plus de THC que celui des années 70 ajoute aussi du poids à cette question, dit M. Rouillard.

Le cerveau, poursuit-il, produit lui-même des substances chimiquement apparentées au cannabis, nommées endocannabinoïdes. «On est encore seulement au début de la recherche sur ce système-là, mais on sait qu'il est très puissant et qu'il est impliqué dans plusieurs fonctions du cerveau», dit l'expert.

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