Le cumul de pesticides sur les fruits et légumes inquiète les spécialistes

Onil Samuel, responsable de l'équipe scientifique en pesticides... (Photothèque Le Soleil)

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Onil Samuel, responsable de l'équipe scientifique en pesticides de l'Institut national de santé publique, s'inquiète du cumul de produits que l'on trouve sur un même fruit ou légume. Car non seulement l'effet d'une telle accumulation est-il méconnu, mais on sait que la combinaison de deux produits ou plus provoque un effet synergique (qui se renforcent les uns les autres) dont on ignore les répercussions.

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(Québec) Les spécialistes en santé publique s'inquiètent de la proportion de fruits et de légumes vendus au Québec qui présente des traces de pesticides, et ce, même si seule une très petite minorité d'entre eux dépasse les normes établies. Mais surtout, ils sont préoccupés par l'accumulation de produits chimiques sur un même végétal, une situation dont on connaît peu les effets sur la santé.

Onil Samuel est responsable de l'équipe scientifique en pesticides de l'Institut national de santé publique. En 2011, il avait cosigné un rapport selon lequel 20 % des fruits et légumes vendus au Québec présentaient des résidus de pesticides, mais seulement 1 % dépassant la norme jugée sécuritaire par l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

En 2012, Le Soleil rapportait les résultats d'une autre étude réalisée celle-là par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec qui établissait cette proportion à 41 % des fruits et des légumes cultivés au Québec et à 45 % pour les produits importés. Encore là, seule une faible quantité dépassait la ligne établie.

Bien qu'il s'agisse de deux études différentes (et qu'on ne puisse pas nécessairement conclure à un passage du simple au double), M. Samuel estime que le problème s'est de toute évidence accru.

Lorsque Le Soleil l'a joint pour savoir comment la situation avait évolué depuis son premier bilan, il s'est dit inquiet de l'importante proportion de fruits et de légumes présentant des résidus de produits chimiques, même si les quantités sont minimes.

Éradication illusoire

Dans le mode d'agriculture qui est le nôtre, il est illusoire de penser que l'on va éliminer complètement le recours aux herbicides et aux insecticides, avance-t-il. Néanmoins, «il faut continuer à faire des efforts considérables» pour aider les agriculteurs à utiliser des produits toujours moins toxiques. Il reconnaît cependant que le Québec fait beaucoup d'efforts en ce sens avec sa stratégie de protection phytosanitaire en agriculture.

Ce qui soulève cependant «beaucoup d'incertitude» aux yeux de l'expert est le cumul de produits que l'on trouve sur un même fruit ou légume. Car non seulement l'effet d'une telle accumulation est-il méconnu, mais on sait que la combinaison de deux produits ou plus provoque un effet synergique (qui se renforcent les uns les autres) dont on ignore les répercussions.

«Les toxicologues sont incapables d'évaluer cet effet parce qu'il y a une multitude de produits et trop de mélanges différents.»

Il en donne pour exemple une catégorie d'insecticides, celle des organophosphorés. Une étude de l'Institut national de santé publique du Québec réalisée il y a quelques années avec des experts américains avait démontré que les petits Québécois présentent des traces de ces produits dans leur urine plus élevées qu'ailleurs dans le monde où ils sont utilisés de manière comparable. L'explication qui semble la plus plausible est qu'ils mangent plus de fruits et de légumes que les enfants d'autres pays. Or, les organophosphorés affectent le développement neurologique et sont notamment impliqués dans le développement des troubles de l'attention.

«Ce n'est qu'un exemple des effets pouvant se produire quand plusieurs produits ayant le même mode d'action sont mélangés.»

M. Samuel constate que l'existence de données populationnelles (lorsque les mêmes individus sont suivis sur une longue période) est assez récente. Les États-Unis en ont fait une, dit-il, et le Canada en réalise une présentement. «On pourra peut-être faire des liens qu'on ne faisait pas avant», espère le scientifique.

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