Maintien à domicile des aînés: les tarifs des CHSLD trop avantageux

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Avec l'ajout de services à domicile, le gouvernement devra injecter de nouvelles sommes, selon Diane Lavallée, directrice générale de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux.

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(Québec) La tarification dans les CHSLD devra être revue à la hausse si le gouvernement Marois veut inciter davantage de personnes âgées à demeurer à leur domicile au lieu d'être hébergées

Il s'agit d'une des positions qu'a soulevées l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) en lien avec le projet d'une assurance autonomie prônée par le ministre de la Santé, le Dr Réjean Hébert, pour couvrir les services d'hébergement et ceux du maintien à domicile aux personnes âgées en perte d'autonomie et aux adultes ayant une déficience physique, intellectuelle ou avec un trouble envahissant du développement.

Selon l'AQESSS qui appuie le projet d'assurance autonomie, il est plus avantageux financièrement de loger dans un CHSLD que de rester à domicile pour des personnes en perte d'autonomie.

«Un usager qui nécessite une surveillance permanente devra payer en moyenne entre 2000 $ et 5000 $ par mois pour recevoir les soins et services requis à la maison, alors que sa contribution maximale en CHSLD serait d'environ 1743 $, incluant en plus le gîte et le couvert», peut-on lire dans un document de l'association portant sur les enjeux et les questionnements de l'assurance autonomie.

Ces données proviennent d'études de la Sun Life sur les soins de longue durée au Québec et de la Régie de l'assurance maladie.

En outre, on indique que la contribution des usagers au Québec pour les services dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) est inférieure à celle des usagers en Ontario. Au Québec, cette contribution couvre 22 % des coûts comparativement à 28 % dans la province voisine.

Mise à part l'indexation, on note que les frais aux usagers au Québec ainsi que les règles n'ont pas été revus depuis 15 ans. Au cours de la présente année financière qui a débuté le 1er avril, on prévoit qu'une révision de la tarification dans les CHSLD apportera des revenus supplémentaires de 30 millions $ dans les coffres de l'État. Les frais dans ces centres varient en fonction des revenus des usagers.

Dans son document, l'AQESSS demande au gouvernement de préciser la contribution future des usagers dans les CHSLD et celle pour le maintien à domicile. On se questionne sur la façon de faire en sorte qu'il soit plus avantageux pour l'usager de demeurer à domicile plutôt que de vivre en milieu d'hébergement.

«L'ajout de services à domicile amène un virage important de ressources qui sont dans le système hospitalier ou dans les CHSLD. On ne pense que ça puisse se faire à coût nul. Il va falloir que des nouvelles sommes soient injectées», a commenté au Soleil la directrice générale de l'Asssociation, Diane Lavallée. Cette année, le gouvernement a augmenté de 110 millions $ les budgets pour le maintien à domicile. À terme, le gouvernement du Parti québécois s'est engagé à augmenter de 500 millions $ les montants alloués pour ces services.

Taxe de vente?

Par ailleurs, l'Association évoque que la future Caisse d'assurance pour le soutien à l'autonomie (CASA) pourrait être financée par la taxe de vente, une prime, l'impôt sur le revenu ou un impôt sur la masse salariale ou sur les successions.

«Alors que pour certains l'instrument le plus neutre serait une taxe de vente, l'expérience d'autres juridictions nous montre qu'une prime d'assurance déterminée en fonction du pourcentage du salaire ou d'une contribution fixe de l'employé et de l'employeur pourraient aussi être utilisées pour compléter ou même remplacer le financement gouvernemental», fait valoir le document de l'AQESSS.

L'organisme croit que le succès de l'assurance autonomie passe par un processus transparent et équitable des ressources et l'indépendance relative de la Caisse. «Si une séparation nette existe entre la gestion de la CASA et le financement du système de santé, la population sera en mesure de faire un lien direct entre la CASA et les services qui lui seront octroyés. Cette confiance facilitera l'acceptabilité politique de toutes mesures visant à accroître la participation de la population dans le financement des soins et services de soutien à l'autonomie.»

Par ailleurs, l'AQESSS note que les services en soutien à domicile varient d'une région à l'autre et sont inéquitables.

«L'offre de service actuelle en soutien à domicile n'est pas toujours équitable entre les clientèles. Une personne adulte présentant une déficience motrice peut recevoir jusqu'à 35 heures de services d'assistance par semaine, tandis que l'offre de service d'aide à domicile pour une personne âgée en perte d'autonomie est bien en deçà de ce 35 heures.»

On note également des manques dans les services de réadaptation. «Actuellement, l'accès aux services spécialisés de réadaptation est loin d'être optimal, et plusieurs milliers de personnes de tous âges et de toutes les déficiences sont en attente», a-t-on reconnu.

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