Explosion du nombre de cas d'infections transmissibles sexuellement et par le sang

En 2011-2012, les médicaments et autres services médicaux... (Photothèque Le Soleil)

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En 2011-2012, les médicaments et autres services médicaux liés au virus de l'immunodéficience humaine et au sida ont coûté presque 7 millions de dollars dans les pénitenciers fédéraux pour un peu plus de 300 personnes.

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Les cas d'infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont en nette progression depuis 15 ans au Québec, de sorte que la Cité Médicale de Place de la Cité a ouvert au cours des dernières semaines la Clinique ITSS Sécure, toute première clinique de dépistage et de traitement des ITSS dans la région de Québec.

«En 2001, on comptait un cas de syphilis par année au Québec. En 2006, c'était un par jour et aujourd'hui, c'est deux par jour!» lance d'entrée de jeu Stéphanie Michaud, infirmière clinicienne responsable de la Clinique ITSS Sécure, qui regroupe trois infirmières et un médecin.

On enregistre la même tendance pour les autres infections, notamment la gonorrhée, pour laquelle le nombre de cas déclarés a fait un bond de 200 %. La chlamydia, la plus commune parmi les maladies à déclaration obligatoire, touche maintenant 20 000 personnes par an.

«Pour la chlamydia, on parle de deux fois plus de cas déclarés qu'en 1997 mais, dans les faits, il y aurait trois fois plus de cas dans la population parce que plusieurs personnes sont atteintes mais sont asymptomatiques», poursuit Mme Michaud.

Jeunes plus touchés

L'infirmière ajoute qu'en plus de voir leur nombre de cas exploser, les ITSS touchent aussi des catégories de personnes qui l'étaient moins par le passé. «Dans le cas de la gonorrhée, elle touchait autrefois davantage les hommes d'un certain âge qui avaient des relations homosexuelles mais, maintenant, les jeunes hétérosexuels sont beaucoup plus nombreux à être atteints. La chlamydia est aussi plus prévalente chez les 15-24 ans.»

Malgré cette hausse marquée chez les jeunes, Mme Michaud refuse d'affirmer que les nouvelles générations ont davantage de relations sexuelles non protégées. «Les jeunes demeurent plus sensibilisés au condom que les gens dans la quarantaine, la cinquantaine et la soixantaine qui se séparent et tombent sur le marché des "agents libres"», insiste-t-elle.

«Cependant, les jeunes n'utilisent pas toujours le condom de manière constante ou adéquate. Ils sont sensibilisés, mais il y a une certaine méconnaissance des méthodes de transmission. Plusieurs ne l'utilisent pas lors d'une relation orale ou d'une relation anale alors qu'ils peuvent pourtant attraper une ITSS de cette façon. Plusieurs ne mettent aussi le condom qu'au milieu d'une relation alors qu'ils doivent le faire au début.»

Elle ajoute que les 15 à 24 ans sont davantage à risque du fait qu'ils se situent à une étape où la recherche d'un partenaire de vie peut les amener à avoir plusieurs partenaires sexuels de manière successive. «Si la personne est un mois avec un partenaire, six mois avec un autre et deux mois avec un autre ensuite, c'est clair qu'elle est plus exposée.»

Le fait que le sida fasse moins peur depuis l'avènement de la trithérapie expliquerait aussi que certains soient moins portés à utiliser un condom. «À l'époque où le VIH était presque signe d'une mort assurée, les gens se protégeaient mur à mur. Maintenant que le VIH se contrôle et qu'un traitement permet de vivre une vie relativement normale, certains se protègent moins», ajoute l'infirmière.

Cliniques

La recrudescence des cas d'ITSS au Québec a incité plusieurs médecins à ouvrir des cliniques spécialisées dans la région de Montréal au cours des dernières années. La Cité Médicale vient d'emboîter le pas à Québec avec sa nouvelle clinique dont les services sont couverts par l'assurance maladie, justement afin d'inciter davantage de personnes à faire un dépistage pour ensuite être traitées rapidement, toujours de façon confidentielle.

«Ces infections se traitent relativement bien et ont moins d'effets si on les détecte tôt. Les personnes qui ont des symptômes, celles dont le partenaire les a avisées qu'il a une ITSS, qui débutent une nouvelle relation et veulent cesser d'utiliser le condom, qui ont eu une aventure d'un soir ou qui veulent seulement être rassurées sont invitées à prendre rendez-vous», conclut Stéphanie Michaud.

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MTS, ITS ou ITSS?

On les appelait autrefois maladies honteuses ou maladies vénériennes et le terme MTS, pour «maladies transmissibles sexuellement», s'était imposé dans les années 80 et 90. Pourquoi parle-t-on maintenant d'ITS ou même d'ITSS? «On a remplacé le mot maladie par infection car une maladie laisse sous-entendre qu'on a des symptômes alors que, justement, plusieurs personnes atteintes d'une ITSS ne montrent aucun symptôme», souligne l'infirmière Stéphanie Michaud, de la Clinique ITSS Sécure. Quant à l'ajout du deuxième «S», il vise aussi à inclure les maladies transmissibles par le sang, comme l'hépatite C, qui n'est que très rarement transmise sexuellement, ou l'hépatite B et le VIH, qui se transmettent autant sexuellement que par le sang.

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