Nickel dans Limoilou: la source recherchée depuis «plusieurs semaines»

Le maire de Québec, Régis Labeaume, entouré du... (Photo Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, entouré du ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, et de Suzanne Verreault, conseillère de l'arrondissement La Cité-Limoilou.

Photo Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) Des démarches ont été entreprises depuis déjà «plusieurs semaines» pour trouver la source de la pollution au nickel dans Limoilou, et «pas juste depuis qu'on en parle dans les médias», assurent le maire Régis Labeaume et le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet. Le moment où le responsable du problème de poussière sera connu reste cependant flou.

Lors d'une conférence de presse samedi matin, le maire de Québec a voulu «rassurer, réconforter la population et surtout expliquer le rôle de chacun» des intervenants qui s'activent à régler la présence élevée de nickel dans l'air du quartier Limoilou.

Il a rappelé que la Ville n'a pas le pouvoir d'investiguer pour trouver la source de pollution. Pas plus que le directeur régional de la Santé publique, qui a plutôt le mandat d'évaluer les risques du nickel sur la santé.

C'est le ministère de l'Environnement qui travaille depuis «plusieurs semaines» à chercher le responsable des quantités de nickel plusieurs fois supérieures aux normes de qualité de l'air, ont martelé le maire et le ministre. Tous ces acteurs se sont «mis au service» l'un de l'autre pour faciliter les recherches.

Yves-François Blanchet n'a pas voulu fixer d'échéance à la découverte de la source du problème. «On ne peut pas donner précisément un délai d'intervention, parce qu'on ne sait pas combien de temps ça va prendre pour identifier la source. Si ça avait été possible, ça serait déjà fait», dit-il.

Pourtant, le maire Labeaume a dit s'attendre à ce que le dossier soit clos «d'ici la fin avril». «C'est ma compréhension des choses», a-t-il glissé. «S'il y avait quelque chose de très dangereux, c'est évident qu'on le saurait déjà», croit-il.

Le ministre Blanchet a répété que le gouvernement intensifiera ses recherches avant le dépôt du rapport de la Santé publique et qu'il augmentera la «vigilance» en installant des équipements supplémentaires pour l'échantillonnage des contaminants déjà effectué par le Ministère.

«Il n'y a personne qui dort sur la switch»

«Il n'y a personne qui dort sur la switch. On n'attendra même pas le rapport du directeur de la Santé publique pour essayer d'identifier la source. Et quand on va avoir identifié la source, on n'attendra pas le rapport du directeur de la Santé publique pour voir comment on peut faire pour éliminer les émissions en question», assure-t-il.

On a appris samedi que le ministère de l'Environnement avait fait parvenir depuis le 7 décembre à la Santé publique les données dévoilées lundi par Le Soleil. Ces données montraient qu'entre 2010 et 2012, l'air de Limoilou contenait en moyenne 5,7 fois plus de nickel que les normes provinciales.

Questionné à savoir si son ministère recherche la source de la pollution au nickel depuis ce moment, Yves-François Blanchet a indiqué «que ça fait plusieurs semaines qu'on travaille là-dessus» et «pas juste depuis qu'on en parle dans les médias». «Je sais qu'il y a un resserrement qui se fait. On va finir par arriver précisément sur la source.»

«À partir du moment où on transmet de l'information sur quelque chose qui pourrait être préoccupant au directeur de la Santé publique, évidemment, on se met à la recherche de la source», a-t-il ajouté.

Le ministre dit vouloir «accompagner» l'entreprise qui serait à l'origine des émissions élevées de nickel «pour que le phénomène soit sous contrôle». «Si quelqu'un a fait quelque chose d'illégal, il va être sanctionné en conséquence», précise néanmoins M. Blanchet.

«On n'est pas là pour faire une chasse aux sorcières, on est là pour trouver une source et des solutions. C'est ça notre travail. Tout le monde est à pied d'oeuvre et faites-nous confiance, on va trouver la source», a complété le maire Labeaume.

Pression

La citoyenne Véronique Lalande, qui a sonné l'alarme à l'automne sur la composition de la poussière à Limoilou, n'a pas été convaincue par les autorités.

«Je vais être rassurée par des actions concrètes. [...] Quand les messages m'arrivent comme une berceuse pour dire «Dormez bien, tout va bien, on s'en occupe», ça ne me rassure pas du tout», a-t-elle réagi.

Mme Lalande demeure perplexe par rapport à l'idée que le ministère de l'Environnement travaille depuis plusieurs semaines à trouver la source de pollution. «Comment ça se fait que c'est maintenant qu'on sort et qu'on informe la population? C'est quoi ce processus toujours opaque pour lequel on va se confronter à la population juste quand on sent la pression?» demande la mère de famille.

«C'est maintenant qu'on sort parce que c'est public. Ça, ce n'est pas rassurant pour la population.» Véronique Lalande croit tout de même que le Ministère aura le «courage» de révéler l'identité de la source de pollution.

L'incinérateur inspecté

Même si c'est le ministère de l'Environnement qui enquête sur la source de pollution au nickel dans Limoilou, la Ville de Québec tient à collaborer en poussant plus loin les expertises sur son incinérateur.

Vendredi, la Ville avait assuré au Soleil que le nickel faisait partie des contaminants mesurés dans les rejets de l'incinérateur et qu'il n'en émettait pas du tout ou très peu.

Or, voilà que le maire Régis Labeaume a annoncé samedi qu'une firme externe avait été mandatée pour mesurer dès lundi les émissions de nickel dans l'air, la fumée et les cendres de l'incinérateur.

Le maire dit vouloir agir «par acquit de conscience». «Comme dans le cas de la légionellose, on va commencer par nos affaires, a-t-il illustré. On pense pas qu'il y a du nickel, mais on va y aller pareil.»

La Ville a finalement réalisé que le nickel ne fait pas partie des métaux passés au crible des normes d'entretien d'un incinérateur. «Si vous verriez tous les métaux qu'on a à analyser selon les lois... On le fait deux fois par année avec un protocole très clair. [...] On est allés voir dans nos affaires, le nickel, c'est pas exigé [par la loi]. Comme c'est une nouveauté, on va le faire», a-t-il expliqué.

Les incinérateurs municipaux figurent généralement parmi les sources principales de nickel atmosphérique. D'après un document du gouvernement de l'Ontario datant de 2011, les incinérateurs municipaux seraient responsables de 12 % du total de nickel dans l'air, devancés par la combustion d'huiles lourdes et de mazout (62 %) et l'extraction de nickel et son raffinage (17 %).

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