Contraceptif Diane 35: des peurs exagérées, disent les gynécologues

Selon la Dre Édith Guilbert de l'Institut national...

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Selon la Dre Édith Guilbert de l'Institut national de santé publique du Québec, il est plus risqué pour une femme d'avoir une thrombose veineuse si elle est enceinte que si elle prend le contraceptif Diane 35 .

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(Québec) Les craintes pour la santé relativement au contraceptif Diane 35, qui a été associé dernièrement à quatre décès en France depuis 1987, sont exagérées.

C'est ce que l'on peut conclure de la position récente de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) à la suite de la controverse soulevée en France sur ces décès et de la décision de Santé Canada d'étudier l'innocuité du médicament.

L'organisme a comparé différents taux de risque de développer une thrombose veineuse ou des caillots dans le sang pouvant provoquer une embolie pulmonaire et bloquer les poumons.

Selon la Dre Édith Guilbert de l'Institut national de santé publique du Québec, il est plus risqué pour une femme d'avoir une thrombose veineuse si elle est enceinte que si elle prend le contraceptif incriminé.

«La pilule augmente légèrement le risque de thrombose, mais c'est rien à côté de la grossesse et le post-partum. Quand on prend la pilule, la possibilité de développer une thrombose veineuse est de 8 à 9 cas pour 10 000 femmes par année. Quand une femme est enceinte, son risque pendant la grossesse est de 30 pour 10 000. En post-partum, durant les trois semaines qui suivent l'accouchement, il peut monter jusqu'à 400 pour 10 000», a-t-elle souligné.

Les risques d'un décès à la suite d'un caillot dans le sang sont également minimes. «Quand une femme fait une thrombose, elle a 1 % de risques de décès. C'est pas une maladie légère. Une maladie qui est grave», a dit la Dre Guilbert.

À son avis, il demeure plus avantageux de prendre un anovulant en dépit des risques. «Le danger des sorties médiatiques des dernières semaines avec la peur de la pilule, c'est que les femmes ne savent pas de quelle pilule on parle. Alors elles pensent que c'est la pilule qu'elles prennent. Et puis elles l'arrêtent. En l'arrêtant, elles se mettent à risque de grossesse. Ce n'est pas une solution. En arrêtant la pilule, ça les met plus à risque d'une thrombose veineuse», a expliqué la Dre Guilbert.

Prescrit pour des problèmes d'acné

Dans un premier temps, le médicament Diane 35 est prescrit aux femmes ayant un problème d'acné. Il est aussi utilisé comme contraceptif. «On ne prescrira pas du Diane 35 à une femme qui a une belle peau», a indiqué la médecin.

La position de la SOGC rappelle l'importance de bien vérifier les contre-indications du médicament. «Si une femme a déjà fait une thrombose, on ne lui en prescrira pas», a-t-elle dit.

Le Dr Jean Drouin, chef du service de planification des naissances du CHUL, déplore également les craintes exagérées soulevées par les informations concernant les décès associés au médicament Diane 35. Il a comparé ces craintes à celles sur d'autres contraceptifs au cours des dernières années qui ont également été amplifiées.

«Ça fait tellement peur à des femmes qu'elles arrêtent leur contraceptif et se retrouvent avec des grossesses non désirées alors que durant la grossesse, le risque de thrombose est plus élevé. Une grossesse non désirée est plus risquée que de prendre des contraceptifs», a-t-il commenté.

En France, il semble que tous les facteurs de risque de développer une thrombose veineuse n'aient pas toujours été pris en compte avant de prescrire le Diane 35.

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