Rabais sur les médicaments d'origine: l'Ordre des pharmaciens ne tranche pas

L'Ordre des pharmaciens refuse de donner la garantie... (Photothèque Le Soleil)

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L'Ordre des pharmaciens refuse de donner la garantie que les programmes de fidélisation sont conformes au Code de déontologie des pharmaciens et que ces derniers ne s'exposent pas à des sanctions sous la forme d'une radiation ou d'amendes si ces programmes sont illégaux.

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(Québec) L'Ordre des pharmaciens du Québec ne s'oppose pas aux rabais sur des médicaments d'origine offerts par des compagnies pharmaceutiques par l'intermédiaire de programmes de fidélisation comme celui d'Innovicares.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«On n'a pas l'autorité à l'Ordre de dire aux fabricants de ne pas le faire. Il y a de la jurisprudence concernant des pharmaciens qui ont été reconnus coupables d'avoir distribué des coupons-rabais, mais il n'y en a pas sur les programmes de fidélisation», a indiqué au Soleil, la directrice générale de l'organisme, Manon Lambert.

Par contre, l'Ordre des pharmaciens refuse de donner la garantie que les programmes de fidélisation sont conformes au Code de déontologie des pharmaciens et que ces derniers ne s'exposent pas à des sanctions sous la forme d'une radiation ou d'amendes si ces programmes sont illégaux.

Avant d'accepter les cartes Innovicares, l'organisme invite les pharmaciens à s'assurer de la conformité du programme, entre autres, sur le respect de la confidentialité des renseignements personnels fournis pour obtenir une carte donnant droit à un rabais sur le prix du médicament d'origine.

«Si un pharmacien ne se sent pas confortable et qu'il a des doutes par rapport à sa conduite, et considérant qu'il n'est pas obligé de participer à ces programmes, il devrait y songer deux fois avant de s'embarquer. Dans le doute, il devrait s'abstenir», a affirmé Mme Lambert.

Recours collectif

Dans un avis transmis à ses membres, l'Ordre rappelle que des programmes de fidélisation ont donné lieu à des recours collectifs aux États-Unis l'an dernier. Les requérants soutenaient que «ces pratiques trompent les patients en leur faisant faussement croire qu'ils peuvent bénéficier du médicament de marque à un coût équivalent ou légèrement inférieur à celui du générique alors qu'à leur insu, le véritable coût de la somme de ces choix se reflétera dans des augmentations significatives des primes d'assurance groupe». On note toutefois que ces effets pervers ne pourraient pas s'appliquer au régime public d'assurance médicaments.

L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) accueille avec réserve la position de l'Ordre. «On aurait aimé sortir de cette situation inconfortable. On aurait aimé un oui ou un non comme réponse. On a l'impression qu'on tourne en rond», a commenté le président de l'Association, Jean Thiffault.

L'AQPP ne recommande plus à ses membres de ne pas accepter les cartes. On suggère plutôt aux pharmaciens d'inviter leurs patients à demander un remboursement auprès de l'intermédiaire de la compagnie pharmaceutique qui gère le programme de fidélisation, d'ici à ce que la Commission d'accès à l'information se soit prononcée sur la confidentialité des renseignements personnels demandés pour obtenir une carte fidélité.

«Tant que ce n'est pas clair sur notre implication quant à la protection des renseignements confidentiels, on dit à nos membres de référer les factures au tiers payeur. On ne dit pas qu'ils ne peuvent pas prendre les cartes. On supporte la position de l'Ordre», a affirmé M. Thiffault.

Par ailleurs, il a déploré le manque de transparence des programmes de fidélité. «Le pharmacien doit expliquer le programme adéquatement à ses patients, mais on n'a pas toutes les informations sur ces programmes», a-t-il dit.

Pour éviter de perdre des clients, des pharmaciens accepteront-ils les cartes comme celle d'Innovicares? M. Thiffault estime que la décision revient à chaque pharmacien. «On recommande la prudence. Si on a un doute assez fort pour qu'on ait demandé un avis à la Commission d'accès à l'information, j'imagine que les membres vont être doublement vigilants avant de prendre la carte.»

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