Les pharmaciens disent non au rabais sur les médicaments d'origine

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La directrice générale de l'Ordre des pharmaciens, Manon Lambert, a confirmé que les rabais offerts par les compagnies pharmaceutiques par l'intermédiaire du programme Innovicares font l'objet d'une évaluation juridique.

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(Québec) Les consommateurs risquent de se buter à un refus de leur pharmacien d'appliquer les rabais sur une soixantaine de médicaments d'origine depuis que le gouvernement ne les rembourse qu'au prix le plus bas, soit le prix du médicament générique.

L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) recommande à ses membres de ne pas accepter les cartes du programme Innovicares tant que l'Ordre des pharmaciens ne se sera pas prononcé sur leur légalité en rapport avec le code de déontologie des pharmaciens.

«Tant qu'on n'a pas la certitude que c'est légal, on ne peut pas dire à nos membres d'honorer ces cartes. On ne veut pas se mettre dans une zone où on ne respecterait pas nos obligations», a affirmé, lundi, au Soleil, le président de l'AQPP, Jean Thiffault.

La directrice générale de l'Ordre des pharmaciens, Manon Lambert, a confirmé que les rabais offerts par les compagnies pharmaceutiques par l'intermédiaire du programme Innovicares font l'objet d'une évaluation juridique. Par ce programme, les patients pourront continuer de se procurer des médicaments d'origine au prix des médicaments génériques.

«Tous les aspects déontologiques sont regardés. Ce genre de programme vient nous chercher sur certaines dispositions du code d'éthique. Il existe plusieurs types de programmes, de modalités. Ce n'est pas simple à analyser. Ce sont des programmes novateurs et il n'y a pas de jurisprudence», a-t-elle commenté.

Déontologie

Le code de déontologie interdit aux pharmaciens de faire des rabais sur les médicaments. Les pharmaciens ne peuvent faire de la publicité sur les médicaments.

«Les médicaments ne sont pas un bien de consommation comme les autres. On considère que d'offrir un spécial sur des médicaments, ça peut pousser le consommateur à acheter des formats dont il n'a pas besoin, à exposer des enfants à des risques. Le Tylenol, ç'a l'air de rien, mais ça peut causer bien des problèmes à un jeune enfant qui prend un contenant», a souligné Mme Lambert.

Elle n'en reconnaît pas moins que des pharmaciens et des compagnies pharmaceutiques vont à la limite de la réglementation. «Ils jouent sur la ligne parfois. Ils vont annoncer un changement de prix mais pas un rabais», a-t-elle dit.

Pour sa part, un pharmacien de Québec, Pierre Perreault, croit qu'il aurait été préférable que les compagnies pharmaceutiques réduisent le prix de leurs médicaments d'origine au lieu de lancer un nouveau programme de rabais avec une carte.

«Ça réglerait tout ça, croit-il. [Mais] les compagnies pharmaceutiques ne veulent pas le faire parce qu'elles ne veulent pas l'offrir aux assureurs privés. Elles ne veulent pas que les prix baissent dans les autres provinces. Derrière le cadeau, il y a comme une volonté de garder les prix élevés. Ce n'est pas parce que les compagnies veulent être fines avec leurs patients.»

M. Perreault déplore que les pharmaciens n'aient pas été consultés avant que le programme de rabais ait été lancé en réponse à la décision du gouvernement de ne rembourser que le prix le plus bas de plusieurs médicaments.

«On va peut-être finir par accepter ces cartes mais il faut qu'on nous parle», a-t-il dit.

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