Une révision de la rémunération des médecins spécialistes proposée

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Selon Lise Denis, dg de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux, la rémunération des médecins spécialistes devrait être liée à l'atteinte de certains objectifs.

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(Québec) La rémunération des médecins spécialistes devrait être liée, du moins en partie, à l'atteinte d'objectifs de performance des établissements et de réduction des listes d'attente. Ces professionnels sont rémunérés par la Régie d'assurance maladie sans que les dirigeants d'hôpitaux aient un mot à dire.

C'est l'opinion qu'a exprimée la directrice générale de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Lise Denis, dans une dernière entrevue au Soleil, elle qui prendra sa retraite au cours des prochains jours.

«Si, en début d'année, on convient que c'est un tel volume d'opérations qu'on fait, la rémunération des médecins spécialistes devrait être un peu mais pas complètement liée à ça. On associerait plus directement le médecin aux objectifs de l'organisation», a-t-elle proposé.

Âgée de 64 ans, Mme Denis a une connaissance approfondie du réseau de la santé au Québec. Elle y a occupé plusieurs fonctions importantes au cours des 30 dernières années, dont celle de directrice générale des Centres de services sociaux du Québec, vice-présidente exécutive de la Conférence des régies régionales de la santé et sous-ministre au ministère de la Santé et au ministère des Régions. Elle était à la direction de l'AQESSS depuis sept ans. Elle a été associée aux réformes menées depuis les années 90.

La gestionnaire s'est inspirée des changements à la rémunération des médecins de famille qui prévoient maintenant des forfaits si ces médecins suivent davantage de nouveaux patients. Cette approche semble connaître du succès avec l'inscription de plus de 227000 personnes par des médecins omnipraticiens au cours de la dernière année. Le nouveau gouvernement du Parti québécois a comme objectif de faire en sorte que 750000 Québécois de plus aient un médecin de famille d'ici deux ans.

Mme Denis croit également que les Groupes de médecine familiale (GMF) devraient être imputables du fait que les Centres de santé et de services sociaux (CSSS) fournissent les infirmières qui y travaillent. «Les médecins peuvent voir plus de patients avec l'aide des infirmières. Il devrait y avoir une plus grande coordination entre les établissements et les médecins de famille. On a tous intérêt à ce que nos médecins soient un peu plus liés à des objectifs de santé et d'améliorer l'accès», a-t-elle suggéré.

À son avis, cette plus grande coordination qui est recherchée passe par des protocoles d'entente entre les établissements et les cabinets de médecins afin de faciliter les tests et les examens dans les hôpitaux. «Si un patient n'a pas besoin d'aller à l'urgence pour des tests, on devrait avoir le test au cours de la prochaine semaine à l'hôpital. Des ententes existent déjà avec des établissements pour avoir les tests dans la semaine. Ça permet d'éviter de se mettre en attente à l'hôpital», a dit cette partisane des services publics.

Travail d'équipe requis

En dépit de profonds changements opérés dans le réseau de la santé au cours des 20 dernières années, Mme Denis s'est dite déçue des difficultés pour plusieurs d'avoir accès à un médecin de famille. «On aurait tous espéré que l'accès aux services s'améliore plus rapidement. Pour qu'ils s'améliorent vraiment, ce n'est pas juste une question d'argent. C'est une question aussi de travailler en équipe, par exemple de faire voir la personne par une infirmière, pas tout le temps automatiquement par un médecin», a-t-elle dit.

Éternelle optimiste tout en étant pragmatique, elle a donné l'exemple de l'entente entre les médecins et les pharmaciens qui permettra à ces derniers de renouveler des prescriptions dans certaines circonstances. «Il faut confier plus de pouvoirs à d'autres intervenants, plus de capacités d'agir. C'est une façon d'améliorer l'accès aux services de première ligne», a-t-elle dit.

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