Une malade transportée des Îles-de-la-Madeleine à Québec en fourgonnette

La Madelinienne Francine Chiasson, traitée pour un cancer... (Photothèque Le Soleil)

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La Madelinienne Francine Chiasson, traitée pour un cancer du poumon, ne pouvait pas être transportée par avion-ambulance puisque l'altitude pourrait être dommageable pour elle. Elle n'a également pas pu faire le voyage en ambulance jusqu'au Québec, faute d'une entente interprovinciale.

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(Québec) En raison de l'absence d'une entente interprovinciale avec l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, les résidants des Îles-de-la-Madeleine qui ne peuvent être transportés par avion-ambulance vers le Québec doivent utiliser leurs propres moyens pour atteindre le continent. Une Madelinienne l'a récemment appris à ses dépens quand elle a dû être hospitalisée à Québec.

Traitée pour un cancer du poumon, Francine Chiasson doit recevoir des antibiotiques par voie intraveineuse trois fois par jour. En septembre, après qu'elle a été admise à l'Hôpital de l'Archipel, son pneumologue a demandé qu'elle soit transférée immédiatement à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec pour y recevoir des soins spécialisés.

Le hic, c'est que les problèmes de santé de Mme Chiasson ne lui permettent pas de voyager en avion. «J'ai de l'air sur un poumon et, en raison de l'altitude, ce serait dangereux pour moi de prendre l'avion. Je ne pouvais donc pas être transportée par l'avion-ambulance», raconte la dame au Soleil, de retour chez elle après 10 semaines d'hospitalisation dans la capitale.

«Je m'attendais à être transportée par ambulance, accompagnée par un professionnel de la santé, mais l'hôpital a refusé! Parce que je devais traverser deux provinces pour me rendre à Québec et qu'aucune entente n'existe pour ce type de déplacement, ma famille a dû organiser mon transport!» déplore Mme Chiasson.

En effet, le traversier des Îles-de-la-Madeleine amène ses passagers à Souris, à l'Île-du-Prince-Édouard. Les voyageurs doivent ensuite traverser cette province et le Nouveau-Brunswick avant de revenir au Québec.

C'est le frère de Mme Chiasson qui, après avoir pris congé de son travail, a dû se charger du transport avec sa fourgonnette, dans laquelle il avait aménagé un lit de fortune. «Le voyage a duré plusieurs heures et je n'avais aucun professionnel de la santé avec moi. Je ne pouvais avoir mes antibiotiques par intraveineuse, seulement par voie orale», signale-t-elle.

Périple de 15 heures

Après cinq heures sur le traversier et une dizaine d'heures de route, l'odyssée de Mme Chiasson s'est heureusement bien terminée, puisqu'elle est arrivée à bon port, sans complication, à Québec.

Le périple aura coûté près de 2000 $ à la famille de Mme Chiasson, sans compter le temps que son frère a dû investir pour la transporter à Québec. Le Centre de santé et de services sociaux a accepté d'en rembourser une bonne partie, soit 1500 $.

«Ce que je ne comprends pas, c'est qu'en Gaspésie, lorsqu'un patient ne peut voyager par avion, on le transporte en ambulance avec une escorte médicale. Pourquoi nous n'avons pas droit à la même chose aux Îles-de-la-Madeleine?» s'interroge Francine Chiasson.

La dame souhaite que sa mésaventure incite les trois provinces à conclure une entente concernant le transport ambulancier interprovincial. «Moi, c'est du passé, mais j'espère au moins que ça fera réfléchir. Qu'est-ce qui se serait produit s'il y avait eu une tempête? Si nous avions manqué d'antibiotiques?»

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