Rapport du commissaire: les visites chez le psy devraient être gratuites

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Le fait que les psychothérapies puissent faire partie du panier de services couverts par l'assurance-maladie représenterait un coût élevé pour l'État, reconnaît le commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, qui préfère cependant voir cette initiative comme un investissement à long terme.

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(Québec) Un rapport gouvernemental recommande la gratuité des services d'un psychologue en bureau privé pour traiter les cas de dépression et d'anxiété.

Selon le commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, le régime actuel à deux vitesses pour une psychothérapie - l'une pour les personnes ayant des assurances privées et l'autre pour celles qui n'ont pas les moyens d'en avoir - est inéquitable. En plus, ce régime génère des coûts de santé et des coûts sociaux supplémentaires.

«La psychothérapie ne devrait pas seulement être accessible aux personnes les plus riches ou encore à celles qui possèdent une assurance collective. Elle devrait aussi l'être, en temps opportun, en fonction des besoins thérapeutiques, indépendamment des ressources financières d'un individu», peut-on lire dans le rapport du commissaire sur les services en santé mentale et qui a été rendu public mercredi.

Dans le document, on indique que les délais d'attente de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, dans les hôpitaux et les CLSC pour voir un psychologue «peuvent avoir des conséquences importantes pour la clientèle déjà vulnérable, dont le risque de chronicisation et le risque suicidaire».

La couverture des frais d'un psychothérapeute - à la suite d'une ordonnance d'un médecin - pourrait coûter entre 400 et 500 millions $ par année, selon la directrice générale au bureau du Commissaire, Anne Robitaille. «Par contre, ces services amèneraient des économies importantes par une réduction de l'absentéisme dans les entreprises, de la consommation de médicaments, des hospitalisations, des services médicaux. En plus, il y aurait des revenus d'impôts supplémentaires pour le gouvernement», a-t-elle fait valoir. Les coûts liés à la perte de productivité qu'entraînent les problèmes de santé mentale étaient estimés à 6 milliards $ au Canada l'an dernier.

Au Royaume-Uni, où l'accès à une psychothérapie est facilité pour tous depuis quelques années, on a fait le pari que les nouveaux services s'autofinanceront avec la réduction des coûts associés à la dépression et à l'anxiété (chômage, assurance emploi et coûts médicaux) et par l'accroissement des revenus fiscaux. L'Australie couvre également des services de psychothérapie.

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a accueilli favorablement le rapport du commissaire Salois. «Plusieurs constats et recommandations du rapport rejoignent nos préoccupations actuelles», a-t-il commenté. Le ministre a mandaté l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux pour étudier la possibilité que la psychothérapie en bureau privé soit gratuite à l'avenir.

La présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, Rose-Marie Charest, s'est réjouie de la recommandation du commissaire à la santé de faciliter l'accès à une psychothérapie. «C'est une très bonne nouvelle. C'est une recommandation qui est soutenue par la grande majorité de la population. Ça va permettre de diminuer la souffrance que vivent de nombreuses personnes et leur famille», a-t-elle affirmé.

«On entend souvent dire que les gens ne sont pas portés à consulter pour un problème de santé mentale. La raison première est la barrière que représentent les coûts. La psychothérapie est un traitement qui fait consensus», a-t-elle ajouté. Ces propos rejoignent ceux contenus dans le rapport concernant une enquête menée en Ontario et qui a conclu que les coûts d'une psychothérapie sont considérés par les médecins de famille comme le plus grand obstacle à la référence de patients pour ces services.

«La psychothérapie est un service de santé de base. Tout le monde connaît quelqu'un qui a fait une dépression et qui a consulté. Ç'a donné de bons résultats. Les recherches ont montré qu'il s'agit d'un traitement efficace», a dit le président de l'Association des psychologues du Québec, Charles Roy.

Par ailleurs, le rapport du commissaire fait état d'un sondage de la firme EKOS en 2011 qui montre que 90 % des Québécois interrogés «jugent qu'il est important ou très important de faire en sorte que les services de psychologie soient couverts par les régimes publics».

Dans le secteur public, ces services sont gratuits. En bureau privé, il peut en coûter entre 80 et 120 $ pour une séance de psychothérapie d'une durée de 45 à 50 minutes. De tels traitements peuvent s'étendre sur quelques semaines à plusieurs mois.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les troubles mentaux deviendront la principale cause de morbidité dans le monde d'ici 2030. La dépression est associée à la moitié des suicides au Québec.

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