Les Québécois «surmédicalisés»

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«Les compagnies pharmaceutiques ont tendance à nous vendre des médicaments pour la moindre affaire», déplore le directeur du Département d'administration de la santé de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, Régis Blais.

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(Québec) Vous l'avez vu au petit écran? Le gars entre dans un restaurant. Il jette un oeil au menu pas trop santé et ressent des brûlures d'estomac. Mais tout va bien, il y a un médicament qui lui permettra de s'en mettre plein la panse!

Voilà qui illustre bien la «surmédicalisation», un des maux qui rongent le système de santé, enseigne le directeur du Département d'administration de la santé de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, Régis Blais.

«Les compagnies pharmaceutiques ont tendance à nous vendre des médicaments pour la moindre affaire.» Sans doute que le «gourmet» de la publicité résumée en amorce pourrait songer à des solutions de rechange plus saines et moins coûteuses : changer de style de vie, réduire le sel et le gras... Non, continuez plutôt à vivre dangereusement, il y a un médicament pour ça.

Attention. Pas question de remettre en doute les avancées réalisées grâce à la pharmacopée. «Si le médicament traite plus de maladies, tant mieux!» précise le professeur Blais. «Mais on a tendance à traiter plus, alors qu'il n'est pas toujours nécessaire de traiter.»

Il songe également aux aïeuls dont la liste des médicaments tend à s'allonger au fil des saisons. Un connaisseur remarquera, dans le lot, deux molécules prescrites pour contrer les effets secondaires causés par les autres comprimés... Ici, il est question de surmédication. «Peut-être qu'il faudrait se retenir un peu.» Et s'assurer qu'un spécialiste confirme périodiquement que toutes les pilules sont nécessaires et n'interfèrent pas entre elles.

Étude pertinente

Le Commissaire à la santé et au bien-être du Québec fait la promotion d'une étude pertinente à ce sujet. Le sondage du Commonwealth Fund a été réalisé en 2011 dans 11 pays. On a contacté 19 000 personnes histoire d'interroger celles qui ont le plus besoin de soins de santé. On apprend que cette clientèle vulnérable consomme en moyenne quatre médicaments prescrits différents. Et que «la médication de seulement 60 % des répondants du Québec a été révisée par un médecin ou un pharmacien au cours de la dernière année». En Ontario et en Alberta, c'est 75 %. Nous constatons en outre que 92 % des sondés affirment qu'au cours des deux dernières années, ils ont subi une réaction négative à un médicament qui les a forcés à visiter un hôpital.

Les pharmaceutiques sont des entreprises privées dont le mandat est de mousser les découvertes afin de multiplier les profits, les dividendes, rappelle André-Pierre Contandriopoulos, aussi professeur titulaire au Département d'administration de la santé de l'Université de Montréal. Normal qu'elles fassent leur boulot et promeuvent leurs produits. Normal qu'elles recommandent l'usage à long terme de molécules conçues pour agir sur des facteurs de risque de maladie. «On aura un consommateur quasiment à vie.»

Au réseau public toutefois d'évaluer les promesses de bienfaits brandies par l'industrie et de fixer ses exigences quant au prix et la qualité, ajoute M. Contandriopoulos.

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