La facture en médicaments a doublé en 10 ans au Québec

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(Québec) Huit milliards de dollars, peut-être 8,5. C'est, à quelques dollars près, ce que nous aurons dépensé en 2012, Québécois, pour nous procurer sirops, dragées, comprimés et autres injections thérapeutiques. Nous avalons quantité de médicaments. La facture a pratiquement doublé en 10 ans, plus que quadruplé en 20 ans. Mais, docteur, le patient se porte-t-il mieux?

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Hausse constante

Infographie Le Soleil

Le régime public d'assurance médicaments du Québec a célébré son 15e anniversaire en 2011-2012. Et il s'est offert un nouveau record pour souligner l'événement! Son budget a franchi le cap des 4 milliards $.

«Il y a de plus en plus de gens qui consomment des médicaments et il y a de plus en plus de gens qui en consomment plus», fait simplement valoir au Soleil le porte-parole de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), Marc Lortie, commentant cette donnée compilée dans le plus récent rapport annuel de l'organisme public qui vient d'être déposé à l'Assemblée nationale. À la création du régime québécois, en 1997, «c'était 1,164 milliard $, c'est rendu 4 milliards $, à peu près quatre fois plus».

La RAMQ n'assume toutefois pas toute la note. Les bénéficiaires du programme paient environ 800 millions $ du total. Reste donc 3,2 milliards $ sur l'ardoise du Trésor public. Les médicaments accaparent ainsi quelque 36 % du budget alloué à la Régie - la part du lion, 57 %, est versée en honoraires aux médecins.

L'assurance étatique n'est pas seule à encaisser les hausses successives. Les médicaments sont sur une lancée. L'image est forte : au cours des prochaines années, ils pourraient peser plus lourd dans la balance budgétaire du système de santé du Québec que les hôpitaux, selon une recension de l'Institut canadien d'information sur la santé.

Professeur titulaire au Département d'administration de la santé de l'Université de Montréal, André-Pierre Contandriopoulos insiste sur ce renversement. Tous budgets médicaux confondus, incluant les débours privés et publics, le médicament monopolise maintenant environ 20 % de la cagnotte, contre plus ou moins 25 % pour les hôpitaux. «En 1980, le poids de l'hôpital dans toutes les dépenses de santé au Québec, c'était 48 %!» Le médicament? Environ 6 %.

Les fonds consacrés à la médication explosent partout; chez les assureurs privés, dans les établissements de santé, au gouvernement, sur notre facture lorsque nous visitons la pharmacie, avons-nous constaté. Au final, le consommateur, souvent le contribuable, casque toujours plus.

Assureurs privés

Chaque Québécois a l'obligation de s'abonner à un régime d'assurance médicaments. La majorité, 58 %, profite ainsi d'une couverture privée offerte en entreprise ou par une corporation professionnelle. La clientèle des assureurs privés semble toutefois en meilleure santé que celle du public. Quoique plus nombreux, leurs bénéficiaires coûtent moins cher, si nous nous basons sur les données transmises par l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes (ACCAP). Il faut dire que les prestataires de l'aide sociale et les retraités sont majoritairement pris en charge par la RAMQ.

Les budgets croissent néanmoins exponentiellement au privé aussi, remarque la vice-présidente Affaires québécoises de l'ACCAP, Claude Di Stasio. En 2011, les polices couvrant les médicaments valaient 2,48 milliards $. Dix ans plus tôt, on les évaluait à 1,10 milliard $. La crue est si importante que les médicaments s'emparent du gros des fonds des régimes d'assurance maladie offerts par l'industrie. Et on peut y voir du positif! Grâce à tous les nouveaux traitements, les bénéficiaires sont moins hospitalisés, restent plus au travail, sont plus actifs, met en évidence Mme Di Stasio.

Hôpitaux

Ainsi, nous séjournerions moins dans les hôpitaux et, lorsque c'est nécessaire, nous resterions moins longtemps alités. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) est cependant témoin de la même progression du budget pour les traitements médicamenteux administrés dans les murs de ses établissements de santé. En 2010-2011, la facture oscillait autour de 600 millions $. Si la tendance se maintient, ce sera plus pour 2011-2012. Ici aussi, le montant a doublé depuis le virage du nouveau millénaire.

Le fardeau reviendrait essentiellement à la population vieillissante. Les aînés composeraient avec plus de maladies chroniques, ce qui donnerait plus de boulot aux médecins. Ceux-ci leur administreraient donc plus de médicaments, justifie une porte-parole du MSSS, Noémie Vanheuverzwijn.

À la pharmacie

Le fin calculateur aura remarqué que le total des sommes évoquées dans cet article n'est pas de 8 milliards $, tel que balancé, dans le dessein de vous accrocher, au début de ce dossier. Oubliez-vous que beaucoup de médicaments sont en vente libre? Ainsi, selon les données reçues de l'ICIS, nous dépensons chaque année à peu près 1 milliard $ en produits de santé divers pour lesquels nous n'avons pas besoin d'une ordonnance du doc.

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