La pleine lune sans effet sur la santé mentale, vérifie une étude

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Pleine lune

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(Québec) L'idée selon laquelle la pleine lune a un effet sur la santé mentale est sans doute l'un des mythes les plus répandus dans nos sociétés, percolant jusqu'au corps médical. Mais elle n'en est pas moins fausse, vient de vérifier une étude dirigée par Geneviève Belleville, chercheuse en psychologie à l'Université Laval.

Pendant trois ans, de 2005 à 2008, Mme Belleville et son équipe ont compté les patients qui se présentaient aux urgences de l'Hôtel-Dieu de Lévis et de l'Hôpital Sacré-Coeur de Montréal avec une douleur à la poitrine d'origine indéterminée. L'idée derrière cet indicateur était que ce type de douleur est souvent causé par des troubles anxieux ou émotionnels. «Les gens qui font une attaque de panique [... et] ceux qui sont stressés rapportent souvent des douleurs à la poitrine. On peut aussi avoir l'impression d'être coincé au niveau de la poitrine quand on vit des émotions intenses», explique Mme Belleville.

En excluant les patients qui avaient des problèmes cardiaques, donc, cela lui fournissait un indicateur de maladie mentale, qui l'a amenée à sélectionner un échantillon de 771 personnes. Celles-ci ont toutes été rencontrées afin d'en faire une évaluation psychologique.

Et en comparant les dates d'entrée à l'urgence avec le cycle lunaire, Mme Belleville a pu établir que les visites à l'urgence ne sont pas plus fréquentes à la pleine lune - ou lors des trois jours la précédant ou la suivant - que lors des autres phases lunaires. La chercheuse a en effet compté un total de 190 visites à l'urgence pour «douleurs poitrinaires non élucidées» lors des pleines lunes de 2005 à 2008, contre 192 pour la nouvelle lune (le moment où il n'y a «pas de lune») et 146 à 189 pour les deux quartiers de lune.

Même en classant les patients selon les groupes diagnostiques - crises de panique, troubles anxieux, troubles de l'humeur (comme les dépressions) et tendance suicidaire -, Mme Belleville n'a obtenu aucun effet statistiquement significatif. Seule exception à cette règle, les troubles anxieux sont survenus moins fréquemment lors du dernier quartier de lune que le reste du temps, mais il s'agit vraisemblablement d'une fluctuation aléatoire. Et même si cela s'avérait un phénomène réel, il reste qu'il ne survient pas à la «bonne» phase lunaire.

Pourtant, le mythe du malade mental plus actif à la pleine lune a la peau dure. Une étude menée dans les années 80 a trouvé que 80 % des infirmières et 64 % des médecins y croient, et c'est justement ce qui a aiguillé Mme Belleville sur cette piste. «Au départ, on était un groupe de chercheurs qui travaillaient sur la fréquence des attaques de panique chez les patients qui consultent pour des douleurs inexpliquées à la poitrine. Alors on a passé deux ou trois ans dans les urgences, et on se faisait souvent dire par le personnel des choses comme : ah ce soir, vous allez avoir beaucoup de cas pour votre étude, parce que c'est la pleine lune.»

Et comme les dates d'entrée à l'urgence et les entrevues étaient déjà faites, il ne restait plus qu'à les mettre en parallèle avec les phases lunaires...

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