Il vient de demander à l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) de lui remettre une recommandation d'ici la mi-novembre pour inscrire ou non ces médicaments sur la liste de ceux qui sont couverts. «Je prendrai une décision quand je recevrai l'avis de l'INESSS», a-t-il indiqué, jeudi, au Soleil.
Le ministre ne croit pas que des patients seront pénalisés par ce délai d'un peu plus d'un mois. Il a rappelé qu'il est toujours possible aux malades de recevoir, entre-temps, les médicaments par la procédure du patient d'exception. «Pour le Zelboraf [médicament contre le cancer de la peau], on a eu une seule demande, et elle a été acceptée. Pour l'autre médicament [contre un mélanome] qui est administré par intraveineuse, il y a une procédure à l'intérieur des hôpitaux pour l'obtenir», a-t-il dit.
Par ailleurs, il rejette la proposition de l'Institut de négocier des ententes de partage de risque sur des nouveaux médicaments coûteux avec les compagnies pharmaceutiques. Il doute fortement que des économies puissent être réalisées, comme on semble le faire dans d'autres provinces canadiennes.
«Je n'ai pas eu la démonstration qu'il y avait des économies de coûts dans ce domaine. On nous fait miroiter dans le rapport de l'INESSS des économies de 30 %, mais il n'y a pas de données probantes là-dessus, justement parce qu'on n'a pas accès aux ententes de partage de risque dans les autres provinces. Alors, on ne le sait tout simplement pas s'il y a des économies de coûts», a-t-il affirmé.
Selon le ministre, la conclusion d'ententes de partage de risque va à l'encontre de la loi. Il a indiqué que la confidentialité de ces ententes viole un des principes fondamentaux de la loi. «Ces ententes vont contre le principe de la transparence», a-t-il soutenu.
En outre, le ministre Hébert a avancé que de telles ententes seraient inéquitables pour le régime privé d'assurance médicaments. «Contrairement aux autres provinces canadiennes, on a un régime universel d'assurance médicaments où il y a une partie qui est au privé et une autre au public. Si le régime public a des ententes de partenariat et que le privé ne les a pas, vous voyez tout de suite un problème d'équité à l'intérieur de notre réseau», a-t-il expliqué.
Dans notre édition de jeudi, le Dr Joël Claveau, dermatologue à L'Hôtel-Dieu de Québec, pressait le gouvernement de couvrir deux nouveaux médicaments contre le cancer avancé de la peau. En raison du délai proposé par l'INESSS, il envisageait de transférer des patients à Toronto pour obtenir les nouveaux traitements qui sont maintenant couverts en Ontario.