Légionellose: des édifices publics non testés

La Société immobilière du Québec, propriétaire notamment de... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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La Société immobilière du Québec, propriétaire notamment de l'édifice H sur la Grande Allée , ne faisait pas de test pour détecter la bactérie avant la crise. Et pas question pour elle de changer sa méthode à moins que la loi rende ces analyses obligatoires.

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La Société immobilière du Québec (SIQ) n'effectuait aucun test pour vérifier la présence de la bactérie Legionella pneumophila dans les tours de refroidissement de ses édifices avant l'éclosion de la maladie du légionnaire au centre-ville de Québec. Elle réalisera ces analyses si la réglementation, que doit développer la Régie du bâtiment sur l'entretien des tours de refroidissement, rend cet exercice obligatoire.

C'est cette bactérie qui s'est développée dans la tour de refroidissement du Complexe Place Jacques-Cartier et qui a causé la mort de 13 personnes, au cours du dernier été. Aucun test de vérification de la présence de la Legionella pneumophila n'était réalisé dans la tour de refroidissement de cet édifice dont l'entretien était assuré par la Centrale des syndicats du Québec, avec les résultats qu'on a connus.

La SIQ est propriétaire de 35 édifices publics à la grandeur du Québec dotés de tours d'eau. À Québec, on peut penser au palais de justice, à l'édifice Marie-Guyart et au fameux bunker de la Grande Allée (édifice H).

Le porte-parole de la SIQ, Martin Roy, assure que l'entretien réalisé dans ces tours de refroidissement se compare à ce qui se fait de mieux en Amérique du Nord. Ces tâches se réalisent de concert avec les employés affectés à l'entretien dans ces édifices et des travailleurs de sous-traitants, tels Magnus et CHEM-AQUA. Les deux biocides liquides utilisés dans les tours de refroidissement de la SIQ permettent, à toutes fins utiles, de s'assurer que Legionella pneumophila ne pourra pas s'infiltrer dans les systèmes.

«Notre entretien correspond aux meilleures pratiques dans le domaine, a répété M. Roy. Lors de la crise de la légionellose, on nous l'a dit que nos tours de refroidissement étaient dans un excellent état.»

Comme tous les autres édifices situés au coeur de Québec, ces tests de détection de la Legionella pneumophila ont été complétés dans les tours de refroidissement des bâtiments de la SIQ, lors de l'éclosion de la maladie cet été.

Fausse route

Le vice-président aux applications et aux technologies de l'entreprise québécoise de produits chimiques chez Magnus, Jacques Murray, affirme que les organisations qui ne vérifient pas la présence de la Legionella pneumophila dans leurs tours de refroidissement font fausse route. On a beau réaliser le meilleur entretien possible dans ces systèmes, il n'en demeure pas moins que la bactérie peut toujours s'y installer, notamment en périodes de grande chaleur, et causer des torts irréparables.

«C'est comme une personne qui prend soin de sa santé et qui mange bien, affirme M. Murray. La personne peut quand même développer un cancer. Et si on ne fait jamais d'examen annuel, il peut être difficile de trouver rapidement qu'on a un cancer.»

M. Murray souligne que la grande majorité des organisations refuse de réaliser ces tests de détection de la Legionella pneumophila, notamment en raison des coûts supplémentaires reliés à ces opérations.

«Il n'en demeure pas moins qu'on a un faux sentiment de sécurité quand on se dit que tout doit être beau parce qu'on fait un bon programme d'entretien, ajoute M. Murray. Si on ne fait pas les tests pour détecter la présence de la Legionella pneumophila, il n'y a rien de sûr.»

M. Roy affirme pour sa part que la SIQ se pliera à la nouvelle réglementation sur l'entretien des tours d'eau que le gouvernement compte développer au cours des prochains mois. Présentement, rien n'encadre l'entretien de ces systèmes au Québec.

Un rapport de 1997 recommandait au gouvernement péquiste de mettre en place une telle réglementation, mais le rapport avait été tabletté et rien n'avait bougé dans ce dossier depuis une quinzaine d'années.

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