Légionellose: Matthias Rioux ne se souvient d'aucun rapport

Matthias Rioux était ministre du Travail en 1997.... (Archives La Presse Canadienne)

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Matthias Rioux était ministre du Travail en 1997. Il n'a pas souvenir d'un rapport de la Santé publique qui avait recommandé la mise en place d'une réglementation sur les tours de refroidissement à la suite de la miniépidémie de légionellose survenue à Québec en 1996.

Archives La Presse Canadienne

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(Québec) Ministre du Travail en 1997 dans le cabinet dirigé par Lucien Bouchard, Matthias Rioux n'a pas souvenir d'un rapport de la Santé publique qui avait recommandé la mise en place d'une réglementation sur les tours de refroidissement que l'on soupçonne être la source de l'éclosion de légionellose à Québec.

«Ça n'a pas fait l'objet de discussions au cabinet. Je n'ai pas souvenance d'avoir mis la main sur ce document. Ça n'a pas été officiellement porté à mon attention. Peut-être des gens dans la machine l'avaient entre leurs mains et ne me l'ont pas remis. Je ne pouvais pas le demander. Je ne connaissais pas son existence», a-t-il affirmé, au cours d'un entretien téléphonique avec Le Soleil.

À la suite de la miniépidémie survenue à Québec en 1996, la Régie du bâtiment, qui relève du ministre du Travail, aurait pu mettre en place une réglementation sur le bon entretien des tours de refroidissement et voir à son application. Elle s'est limitée à produire une brochure d'information. Le rapport annuel de la Régie de 1998-1999 le confirme sans faire un lien avec les recommandations de la Santé publique.

«Afin de prévenir la contamination de la population par cette bactérie [légionelle], une brochure a été produite par la Régie du bâtiment et le ministère de la Santé et des Services sociaux pour sensibiliser les propriétaires d'édifices publics à la nécessité d'établir un programme d'entretien des tours de refroidissement et pour leur expliquer les principales mesures à appliquer», peut-on lire dans le document. On ajoute que la brochure a fait l'objet d'une diffusion auprès d'associations de propriétaires et d'organismes publics gestionnaires d'immeubles.

Réglementation sévère

Devant l'éclosion de légionellose qui a fait 13 morts cet été, l'ex-député péquiste appuie la mise en place d'une réglementation sur les tours de refroidissement. «Ça n'a pas de bon sens ce qui s'est produit. C'est la Santé publique qui est prise avec le problème. Je veux bien, mais c'est parce qu'on a manqué de vigilance. Je pense que ça doit être réglementé sévèrement. Il faudrait qu'on confie à la Régie du bâtiment un mandat élargi et un pouvoir de contrainte afin de soumettre les propriétaires d'édifices à des normes», a soutenu Matthias Rioux.

«Il y a des gens sérieux qui entretiennent très bien leur équipement, mais il y en a d'autres qui ne le font pas. S'ils ne sont pas contraints, la nature humaine étant ce qu'elle est, ils ne feront rien. Et surtout si ça représente des coûts», a-t-il poursuivi.

Celle qui a succédé à Matthias Rioux à la direction du ministère du Travail en décembre 1998, Diane Lemieux, ne se rappelle pas avoir eu à se pencher sur les normes d'entretien des tours de refroidissement. Mme Lemieux est aujourd'hui présidente de la Commission de la construction du Québec (CCQ).

«Elle n'a pas de souvenir qu'on lui ait apporté un dossier de suivi du rapport de la Santé publique sur ce sujet. Dans les premiers dossiers qu'elle a eus au ministère du Travail, ses premiers souvenirs qui concernent la Régie du bâtiment portent sur le dossier de l'accident du funiculaire à Québec. Il y avait un suivi à faire», a indiqué Louis-Pascal Cyr, porte-parole de la CCQ.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux, on n'a pas voulu avancer d'explication sur la décision qui a été prise au gouvernement, il y a 15 ans, de ne pas donner suite à la principale recommandation de la Santé publique en 1997, qui était de «confier à un organisme gouvernemental la responsabilité d'émettre des normes sur la conception, le fonctionnement et l'entretien des tours de refroidissement et d'assurer le respect de l'application de ces normes». On réserve ces informations pour l'enquête publique de la coroner Catherine Rudel-Tessier, nous a-t-on dit.

Depuis vendredi dernier, la Direction régionale de santé publique n'a rapporté aucun nouveau cas de légionellose. Mardi, le bilan était toujours de 180 cas et de 13 décès.

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