Horizon 2013 pour la fin de l'amiante

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La mine Lac d'Amiante

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(Québec) Même si le gouvernement du Canada a annoncé vendredi qu'il cesserait de s'opposer à l'inclusion de l'amiante chrysotile à la liste des produits dangereux inclus à l'annexe III de la Convention de Rotterdam, ce n'est pas avant mai 2013 que le minerai autrefois exploité à Thetford Mines et à Asbestos pourra y être inclus officiellement.

«Le comité scientifique de la Convention a déjà fait la recommandation pour que soit ajouté l'amiante chrysotile à l'annexe III, mais il suffit qu'un seul des 149 pays signataires s'y oppose pour qu'un produit ne soit pas ajouté», explique Mme Kathleen Ruff, conseillère à l'Institut Rideau et coordonnatrice de l'Alliance de la Convention de Rotterdam, qui représente des organisations de promotion de la santé et de l'environnement du monde entier qui travaillent à promouvoir cette convention de l'Organisation des Nations Unies.

En 2009, plusieurs pays, comme le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ukraine, le Viêtnam et l'Inde, s'y étaient opposés, mais ils avaient tous laissé tomber leur opposition en 2011. Le Canada avait alors joué les trouble-fête en opposant son veto, bloquant l'inclusion du chrysotile à la liste qui comprend entre autres de nombreux insecticides et pesticides, dont le DDT, et tous les types d'amiante autres que le chrysotile.

Lors de la réunion de la Conférence des parties de la Convention de Rotterdam, qui aura lieu à Genève en avril et en mai 2013, l'amiante chrysotile sera de nouveau soumis pour une inclusion, ainsi que d'autres produits dangereux, dont les pesticides trichlorfon, paraquat-dichlorure et azinphos-méthyl, des agents ignifuges bromés et l'acide de perfluorooctane sulphonique, un produit utilisé dans les chasse-taches, les polis, les vernis et les peintures.

L'inconnue russe

«Ce qu'il y a de nouveau cependant, c'est que la Russie, premier producteur mondial d'amiante chrysotile, est maintenant un membre en règle de la Convention de Rotterdam, alors qu'elle n'était qu'un observateur en 2011. Certains craignent que la Russie vienne à son tour opposer son veto comme l'avait fait le Canada l'an dernier parce que l'amiante, c'est très payant pour eux», poursuit Mme Ruff, qui considère le chrysotile comme le «seul grand échec» de la Convention de Rotterdam.

Kathleen Ruff entretient cependant l'espoir que les relations étroites entre la Russie et les pays d'Europe favorables à l'inclusion de l'amiante chrysotile à l'annexe III amènent le pays des steppes à imiter le Canada et à laisser tomber son opposition. «Lors des nombreux échanges commerciaux de la Russie avec l'Europe, il peut se faire des pressions pour que la Russie accepte l'inclusion et ne sabote pas la Convention.»

«Cela fait presque 10 ans que le comité scientifique recommande l'ajout du chrysotile et les pays membres en ont marre de cette obstruction et sont pas mal frustrés par la mauvaise foi qu'a démontrée le Canada en 2011. Je ne crois pas qu'ils vont tolérer que la Russie recommence ce blocage.»

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