«C'est vraiment l'amorce d'un mouvement. On appelle ça plus un mouvement qu'un réseau, pour changer les façons de faire au Québec, pour les enfants», a lancé le Dr Gilles Julien, samedi, pour inaugurer le tout premier centre de pédiatrie sociale dans la région de Québec.
«Je suis très fier que ce soit à Québec. J'ai pratiqué la pédiatrie au début à Lévis», a rappelé le pédiatre socialement engagé. Inspiré par la pédiatrie sociale du Dr Julien, le centre de québec sera toutefois complètement autonome.
Le centre de pédiatrie sociale aura pour mission d'offrir de l'aide et des soins aux enfants de Québec ne fréquentant pas les établissements de santé. «Il y en a 30 % au Québec, ce qui est énorme», a rappelé le Dr Julien. «Ça veut dire que le tiers de nos enfants, si on ne s'en occupe pas bien, ils risquent de tomber entre deux chaises.»
Des enfants souvent issus des milieux défavorisés, dont les familles n'ont pas le réflexe de fréquenter les hôpitaux ou les cliniques de pédiatrie. Des jeunes parfois marqués par des traumatismes, dans des familles qui en arrachent. «Le Dr Yves Bolduc, l'ex-ministre de la Santé, disait que même les systèmes, ils ont beau performer, vouloir bien faire, il y en a 30 % qu'ils échappent. C'est ceux-là qu'on essaie de rattraper. On est comme le deuxième filet de sécurité», résume le Dr Gilles Julien.
Dans le Patro Roc-Amadour
Les locaux du centre de pédiatrie sociale seront situés à l'intérieur du Patro Roc-Amadour de Limoilou, dont l'inauguration avait aussi lieu samedi après-midi. Cette proximité n'est pas le fruit du hasard, explique le Dr Julien. «Le Patro doit bien les connaître. Lors de l'inauguration de l'autre côté, j'entendais parler des mêmes mots, des mêmes difficultés. Des enfants qui n'ont pas les chances de réussir.»
Gilles Julien concentre ses activités dans la région montréalaise. Dans la capitale, sa dauphine Marie-Camille Duquette s'occupera de ce centre autonome. Pour la pédiatre, le Patro Roc-Amadour de Limoilou était un incontournable pour aller à la rencontre des enfants de Québec. «De fil en aiguille, du fait qu'ils connaissent bien le Patro, que c'est un milieu de vie qu'ils connaissent, eh bien ils font plus confiance», soutient la Dre Duquette. «C'est plus facile pour nous d'entrer en relation avec eux et de connaître les véritables problèmes, les secrets de famille. On est plus capable de les aider par la suite.»