Ottawa recule sur l'amiante: les adversaires jubilent

Sur la photo, la mine Lac d'Amiante à... (PHOTO JEAN-CHARLES POULIN, ARCHIVES LA TRIBUNE)

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Sur la photo, la mine Lac d'Amiante à Thetford Mines.

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(Québec) Les adversaires de l'industrie de l'amiante au Québec et ailleurs au Canada étaient tous ravis hier de l'annonce du ministre de l'Industrie, Christian Paradis, voulant que son gouvernement cesserait de s'opposer à l'inclusion de l'amiante chrysotile dans l'annexe III de la Convention de Rotterdam.

«C'est une très belle nouvelle pour la santé humaine. Ça nous interdit maintenant de parler d'utilisation sécuritaire du chrysotile, un mensonge aussi grossier que de dire qu'il y a une façon sécuritaire de se jeter en bas du 15e étage», commente le Dr Fernand Turcotte, professeur retraité de médecine sociale à l'Université Laval et cosignataire de nombreuses lettres réclamant la fin de l'exploitation de l'amiante au Québec.

«C'est une bonne nouvelle car le Canada avait joué un rôle clé pour empêcher que la Convention de Rotterdam s'applique à l'amiante. Ainsi, les exportateurs pouvaient continuer à en cacher les dangers, ce qu'ils ne pourront plus faire maintenant», ajoute Kathleen Ruff, conseillère principale de l'Institut Rideau sur la question des droits de l'homme.

«La situation était aussi désastreuse sur le plan financier puisque toutes les mines d'amiante du Québec sont fermées et ont déclaré faillite. On n'aidait pas les travailleurs en leur faisant miroiter une relance qui n'arrivera pas», poursuit Mme Ruff.

Quant au Dr Yv Bonnier-Viger, ex-candidat de Québec solidaire et président de l'Association des médecins spécialistes en santé communautaire du Québec, il parlait d'un pas dans la bonne direction.

«Ça prouve que tous les types d'amiante sont dangereux, y compris le chrysotile. Il faudra toutefois continuer à convaincre le gouvernement du Parti québécois de maintenir sa position et de faire cesser l'exploitation de l'amiante au Québec», conclut-il.

Le déclin d'une industrie née il y a plus d'un siècle

Selon plusieurs observateurs, l'inclusion de l'amiante chrysotile dans l'annexe III de la Convention de Rotterdam pourrait sonner le glas de cette industrie née au Québec il y a plus d'un siècle à la suite de la découverte en 1876 d'un premier gisement d'amiante par Joseph Fecteau, Joseph Roy, Onésime Gilbert et Gédéon Gilbert sur le territoire actuel de la ville de Thetford Mines.

L'exploitation commerciale de ce gisement a débuté en 1878 avec la création de la mine d'amiante Bell et, en 1881, la mine Jeffrey faisait son apparition à Asbestos, en Estrie. De plus de 5000 travailleurs qu'elle employait dans quelques dizaines de mines durant les années 50, l'industrie de l'amiante n'en embauchait plus que quelques centaines lors de la fermeture de la mine Bell en 2008, de la mine Jeffrey en 2009 et de la mine Lac d'amiante du Canada, en 2011.

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