«Durant trois jours, Les Escoumins est la capitale nationale au niveau médical, car on y retrouve 1 médecin pour 10 habitants», rigole Rémi Mercier, président du comité scientifique du congrès et aussi l'homme derrière les débuts de l'événement. «La participation est excellente chaque année, autant du côté des conférenciers que des participants. On pourrait facilement avoir le double de congressistes, car on a une liste d'attente pour participer.»
L'idée derrière l'événement, qui se termine aujourd'hui, est de permettre aux médecins pratiquant en urgence dans les régions éloignées d'avoir des formations adaptées à leurs réalités. Ils peuvent aussi pratiquer des techniques qu'ils n'exercent pas régulièrement, faute d'occasion de le faire.
«Le congrès est toujours aussi apprécié, car on axe la programmation sur les besoins des participants», enchaîne le Dr Mercier. «Il y a notamment des mises à jour de compétences techniques, et on peut répéter des gestes qu'on ne fait pas souvent dans la pratique. On peut comparer ça à un joueur de hockey professionnel. Il a beau être millionnaire, être entouré des plus grands spécialistes, il saute sur la glace chaque matin afin de répéter encore et encore les mêmes gestes.»
Autre particularité du congrès des Escoumins, les ateliers se donnent en groupe restreint de 10 à 15 médecins. En fait, les 150 participants de partout au Québec se partagent 37 conférenciers. Ces derniers sont donc facilement accessibles, et les participants voient de près les spécialistes exercer, que ce soit sur un mannequin ou, dans certains cas, sur un cadavre.
«C'est de loin le congrès en médecine d'urgence le plus sympathique au Québec», lance le coprésident d'honneur, le Dr Éric Notebaert, urgentologue intensiviste à l'Hôpital Sacré-Coeur de Montréal, qui en est à sa troisième participation. «De plus, il est très approprié pour les jeunes médecins qui veulent répéter leurs techniques. Ce congrès cherche en quelque sorte à arrimer l'expertise des grands centres avec les possibilités des régions.»
La grande séduction
La présence du Dr Notebaert fait aussi prendre un virage vert au congrès des Escoumins, nommé La grande séduction. Le spécialiste se préoccupe particulièrement de la performance environnementale des centres hospitaliers, pas reconnus pour être verts. «On peut travailler sur plusieurs aspects, car il y a énormément à faire pour verdir les centres hospitaliers, déclare-t-il. Améliorer l'environnement a un impact direct sur la santé humaine, mais malheureusement, les médecins ne sont pas très sensibles à ça. Il est donc important de les sensibiliser.»
Pendant ce temps, conjoints et familles des participants ne se tournent pas les pouces, car ils ont eux aussi un programme d'activités bien rempli, à la découverte de la Haute-Côte-Nord. Car le Dr Mercier ne s'en cache pas, le congrès sert aussi d'outil de recrutement. «En moyenne, on attire grâce au congrès un médecin par année, soit un itinérant ou un qui vient s'installer ici», conclut-il.