«Nous devions contrôler l'éclosion. Ce que nous jugeons être réalisé. L'éclosion est actuellement sous contrôle. Nous sommes maintenant dans une deuxième phase, soit celle d'analyser les sources probables de contamination. Nous souhaitons obtenir les réponses sur la ou les causes de la contamination dans les meilleurs délais», a-t-il déclaré, vendredi, au cours d'un point de presse.
Le Dr Desbiens a fait part, vendredi, d'un nouveau cas de légionellose - le 176e - à survenir depuis le début de l'éclosion en juillet. L'enquête menée auprès de cette autre victime de la maladie a montré qu'elle a été infectée avant le début de la désinfection des tours de refroidissement dans la Basse-Ville.
Au cours des quatre derniers jours, trois cas d'infection à la légionelle ont été confirmés, soit beaucoup moins que les jours précédents. Aucun autre cas ne faisait l'objet d'une enquête vendredi. Le nombre de décès causés par l'épidémie est demeuré à 11.
«Il y a de moins en moins de personnes dans les salles d'urgence qui consultent et qui sont en observation avec une confirmation positive. Il y a encore des personnes aux soins intensifs», a indiqué le Dr Desbiens.
Il explique la quasi-absence de nouveaux cas à la désinfection des tours de refroidissement dans Saint-Roch et Saint-Sauveur entreprise le 21 août dernier. «Les données montrent la portée des actions prises dans les tours de refroidissement. Nous n'avons pas à l'heure actuelle de nouveaux cas avec un début de symptômes depuis le 29 août», a souligné le médecin, tout en rappelant que le délai d'incubation de la maladie pouvait aller jusqu'à 10 jours.
Nouveaux délais
Par ailleurs, plusieurs seront sûrement déçus d'apprendre que les résultats d'analyses des prélèvements d'eau effectués dans les tours de refroidissement ne seront pas rendus publics avantcinq semaines.
«J'ai besoin d'un deux à trois semaines de plus pour analyser les résultats afin de ne pas porter préjudice à quelconque organisation. Il faut être scientifiquement irréprochable. Ça me prend cette période d'analyse globale des résultats. Pour la mi-octobre ou la troisième semaine d'octobre, on va être capable de rendre publique toute l'information», a affirmé leDr Desbiens.
«Un résultat de laboratoire non interprété non analysé pourrait amener une mauvaise conclusion à court terme», a-t-il ajouté. Il a indiqué avoir reçu un avis juridique confirmant qu'il peut rendre publics les résultats d'analyses des prélèvements d'eau.
Comme Où est Charlie?
Pour sa part, la médecin-conseil à la Santé publique, la Dre Isabelle Goupil-Sormany, a indiqué que l'analyse des résultats demandera un travail minutieux qu'elle a comparé au jeu Où est Charlie? «On essaie de trouver le Charlie à travers une mer de Charlie, une mer de personnages, C'est une image où on retrouve plus de mille personnages dont plusieurs sont habillés de façon similaire à Charlie. Ce type de recherche est difficile à mener», a-t-elle dit.
Les chercheurs doivent identifier la bonne souche de légionelle (il y en aurait des centaines) qui a causé l'épidémie et vérifier s'il y a une quantité suffisante de bactéries dans l'eau pour causer une contamination. La Santé publique a déjà identifié la souche probable de la contamination à la suite d'analyses de prélèvements sur des malades. Neuf cas sur 10 qui ont été analysés ont la même souche.
«À ce stade-ci, nous ignorons encore et toujours où se trouve la légionelle que nous recherchons. Même lorsqu'on l'aura trouvée, il faudra se poser la question si nous avions les conditions requises pour une contamination», a dit la Dre Goupil-Sormany.
Par ailleurs, en plus des tours de refroidissement, des employés de la Ville de Québec ont vérifié si les camions de nettoyage des rues, ceux pour l'arrosage des plantes, les fontaines d'eau pouvaient être la source de la contamination. Les résultats de ces vérifications ont été négatifs.
Régis Labeaume rassuré
Le plus fort de l'épidémie de légionellose semble derrière les gens de Québec, se réjouit le maire Régis Labeaume. «Croisons-nous les doigts. Disons qu'on est heureux qu'il n'y ait pas de nouveaux cas. Il y a encore des gens qui sont affectés, mais qui ont été affectés avant. C'est malheureux, mais en même temps, la bonne nouvelle pour nous, c'est qu'hier, c'est la première fois qu'il n'y a pas de nouveaux cas. Scientifiquement, et statistiquement, il fallait que ça arrive à peu près hier. On était heureux d'arriver statistiquement à zéro. Ça nous met en confiance», a-t-il soutenu vendredi matin. À noter qu'un nouveau cas s'est ajouté depuis, mais celui-ci ne semble pas relié à une nouvelle éclosion de la bactérie