Légionellose: l'enquête doit remonter à 1997, selon Me Jean-Pierre Ménard

Solange Allen (à l'arrière-plan), veuve d'une victime de... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Solange Allen (à l'arrière-plan), veuve d'une victime de la légionellose, et son avocat Me Jean-Pierre Ménard (à droite) ont salué la décision du ministre Dutil, mais ont par ailleurs insisté pour que l'enquête du coroner remonte jusqu'en 1997, année où a été publiée le rapport sur la précédente éclosion de légionellose à Québec

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) L'enquête du coroner sur l'épidémie de légionellose doit remonter jusqu'en 1997. Elle doit tenir compte du rapport de la Santé publique à la suite de l'éclosion survenue l'année précédente à Québec qui avait fait un décès.

C'est ce qu'a soutenu, jeudi, l'avocat Jean-Pierre Ménard, bien connu pour représenter des usagers des services de santé au Québec, au cours d'une conférence de presse. Il était accompagné de Solange Allen, dont le conjoint, Claude Desjardins, est décédé de la maladie.

Selon le procureur, il semble que l'application des recommandations du rapport de la Santé publique présenté en 1997 aurait permis d'éviter l'épidémie actuelle. «Il est important que le coroner regarde ce rapport. On est dans un continuum. La principale recommandation consistait à confier à un organisme gouvernemental la responsabilité d'émettre des normes sur la conception, le fonctionnement et l'entretien des tours de refroidissement et d'assurer le respect de ces normes. Cette recommandation semble être tombée dans l'oubli», a-t-il plaidé.

Me Ménard était satisfait de la décision du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, d'avoir ordonné la tenue d'une enquête publique du coroner sur les neuf morts jusqu'à maintenant en lien avec l'épidémie. Il l'était toutefois moins du fait que la décision du ministre a été communiquée aux médias 35 minutes avant le début de sa conférence de presse pour demander une enquête publique en compagnie de Mme Allen.

«Je trouve ça quand même malheureux. Il faut qu'on vienne devant vous avec une personne qui a perdu la moitié de sa vie pour revendiquer ces choses-là. Cela aurait dû venir spontanément parce que les enquêtes publiques du coroner, c'est parfait pour ce genre de situation», a-t-il commenté. Il a souligné qu'il avait fallu bien du courage à sa cliente pour raconter une autre fois son malheur des deux dernières semaines.

Une enquête du coroner avait été demandée en début de semaine. Le ministre Dutil avait refusé à ce moment d'ordonner au coroner en chef, comme le lui permet la loi, de tenir une telle enquête.

Transparence demandée

Selon Me Ménard, la Santé publique doit être la plus transparente possible sur les causes de l'épidémie et le travail qui a été fait. À son avis, la population a le droit de tout savoir sur ce qui s'est passé et de connaître la localisation des tours contaminées et l'identité des propriétaires fautifs.

«Il semble qu'on a des réticences à identifier publiquement la tour d'où ça viendrait. J'ai beaucoup de difficultés avec ça. On est en matière de santé publique. C'est un des secteurs de la loi où il y a le plus d'exceptions aux règles de confidentialité. Il faut protéger la population et les gens ont le droit de savoir. Il faut savoir qui la Santé publique doit protéger en premier. On doit protéger la population plutôt que les gens qui causent des risques sanitaires», a-t-il soutenu.

«S'il y a des propriétaires de tours qui n'ont pas entretenu leur établissement comme ça devrait, il n'y a aucune raison de cacher l'identité de ces gens ou de protéger ces personnes. Dans notre société, il y a une notion d'imputabilité», a-t-il insisté.

Par ailleurs, Me Ménard estime que la Santé publique a été lente à réagir et à bien informer la population sur l'éclosion de légionellose. Il a parlé de «longueurs longues» de la Santé publique. Il souhaite que le coroner vérifie le travail de la Santé publique et les délais d'intervention.

Mme Allen a rappelé qu'elle a été informée que son conjoint avait contracté la maladie lorsqu'il était aux soins intensifs, soit quatre semaines après le premier cas déclaré de légionellose à Québec. Elle aurait souhaité qu'on la prévienne beaucoup plus tôt de la présence de la maladie et des risques pour la santé.

Me Ménard, qui a été joint par d'autres personnes frappées par la maladie du légionnaire, n'entend pas, pour le moment, intenter un recours collectif.

«Il n'est pas question d'un recours collectif à ce stade-ci. Il manque beaucoup d'informations. Il n'est pas certain qu'on ait les conditions pour le faire. Ce sera à évaluer», a-t-il répondu.

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