Légionellose: la Ville de Québec pourrait fermer des édifices

Le maire Régis Labeaume a indiqué que les... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le maire Régis Labeaume a indiqué que les autorités municipales et de santé publique vont revérifier la première série d'une trentaine de tours de refroidissement du centre-ville de Québec inspectées la semaine dernière.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Régis Labeaume menace de fermer dès jeudi les immeubles des propriétaires qui n'auront pas bien nettoyé leurs tours de refroidissement pour contrer l'éclosion de légionellose.

Dès aujourd'hui, a expliqué le maire de Québec lundi, les autorités municipales et de santé publique vont revérifier la première série d'une trentaine de tours de refroidissement du centre-ville de Québec inspectées la semaine dernière.

Leurs propriétaires avaient sept jours ouvrables pour les nettoyer en profondeur. Or, si la visite des prochains jours montre que l'entretien est insatisfaisant, les délinquants pourraient le payer cher.

«S'ils ne traitent pas l'eau comme on leur demande, à partir de jeudi, on ferme les systèmes de ventilation», a tranché Régis Labeaume. «À toutes fin utiles, on va fermer les édifices. On est sérieux», a poursuivi le maire, qui a fait de la légionellose le sujet de son discours d'ouverture au conseil municipal lundi soir.

Cette grave infection pulmonaire a depuis la mi-juillet touché 107 personnes et fait huit morts.

Le maire a aussi invité lundi tous les propriétaires d'immeubles des quartiers de la basse ville qui possèdent des tours de refroidissement qui n'auraient pas encore été inspectées à joindre la Ville «au plus sacrant» au 418 641-6001. Il s'est adressé aux propriétaires d'édifices dans le quadrilatère contenu entre «Henri-IV jusqu'au fleuve, de la rivière Saint-Charles, Vieux-Limoilou et l'axe dans le coin de la White Birch et de l'incinérateur».

Pouvoirs à la Ville

L'intervention de Régis Labeaume, lundi, reprenait essentiellement le contenu d'une conférence de presse tenue une heure plus tôt pendant laquelle le directeur régional de santé publique, le Dr François Desbiens, avait lui aussi annoncé la possibilité de fermer des édifices dont les propriétaires ne se seraient pas conformés malgré une première visite des autorités. «La loi permet au directeur de santé publique d'ordonner la cessation d'une activité s'il y a un risque ou une menace réelle à la santé. Avec l'éclosion qu'on a actuellement, on pense être capable de le démontrer. Si je n'ai pas la preuve d'un nettoyage adéquat, je vais considérer la possibilité de fermer le fonctionnement d'une tour. J'ai le pouvoir de le faire», a-t-il expliqué.

Les autorités de santé délégueraient ainsi à la Ville le pouvoir de fermer un immeuble. «On est les bras de la Santé publique», a illustré le maire Labeaume.

Ce dernier a aussi rappelé que la bactérie ne se transmet pas d'humain à humain et que les gens de Québec ne devaient pas craindre les rassemblements comme le spectacle de Madonna samedi.

«Odieux et laid»

Les discussions sur l'éclosion de légionellose ont par ailleurs pris une tournure particulièrement houleuse au conseil municipal lundi soir lorsque le conseiller indépendant Jean Guilbault a reproché à Régis Labeaume d'être parti en vacances au début de la crise. Ce commentaire a fait bondir le maire, qui a vertement rejeté ce qu'il a pris comme une accusation. «Il tente de dire que les huit morts sont de ma faute!» a ragé le maire, qui a qualifié M. Guilbault «d'homme odieux et laid» et dit avoir «tellement hâte qu'on soit débarrassé de ce gars-là». M. Guilbault a répliqué en le traitant à son tour de «détestable».

Un peu plus tard, le maire Labeaume s'est adressé aux citoyens qui écoutent la séance du conseil à la télévision en se disant «désolé de ce spectacle». «Je n'aurais pas dû m'emporter, mais je pense qu'il y a des choses qui ne se disent pas. On devrait laisser passer, mais je ne suis pas fait comme ça», a-t-il dit en qualifiant cette fois de «mesquins» les commentaires de M. Guilbault.

Une minute de silence pour les victimes

La première séance du conseil municipal depuis le retour des vacances a commencé sur une note émotive, lundi soir, alors que les élus ont observé une minute de silence à la mémoire des huit citoyens de Québec qui ont succombé à la légionellose.

Le moment de recueillement a été présenté par le maire de Québec, Régis Labeaume, qui a posé ce geste «par respect pour les victimes et leur famille».

Avec la collaboration de Pierre Pelchat

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