Légionellose: une enquête du coroner demandée

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«Il est trop tôt pour dire qu'on est dans une phase de décroissance du nombre de cas qui sont déclarés. Il faut encore attendre l'impact des mesures prises la semaine passée», a affirmé, lundi, le directeur régional de la Santé publique, le Dr François Desbiens.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Une enquête d'un coroner serait la bienvenue pour bien cerner les causes de l'épidémie de légionellose qui sévit à Québec depuis la mi-juillet et qui a fait huit morts jusqu'à maintenant.

«Ce serait approprié que le coroner puisse examiner ce qui s'est passé. Son mandat est de déterminer les circonstances des décès. Son intervention pourrait être positive», a commenté, lundi, le porte-parole de l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP), Mathieu Santerre.

Dans un premier temps, l'AQRP avait demandé à tous les partis politiques dans la présente campagne électorale de s'engager à tenir une enquête administrative indépendante afin de la lumière sur l'épidémie de légionellose et de s'entendre sur des mesures correctrices à apporter.

«On ne doit pas escamoter un examen sérieux de tout ça pour s'assurer qu'on ne rencontre plus jamais une situation comme celle-là. S'il y a une faute qui a été commise sur le plan de l'administration publique québécoise ou municipale, ce sera ça mais l'objectif n'est pas de faire une chasse aux sorcières», a-t-il affirmé.

Au bureau du coroner en chef, il n'est pas question pour le moment de demander à un coroner de faire enquête sur les circonstances de l'éclosion de légionellose. Le coroner en chef est en vacances jusqu'à la semaine prochaine.

Il n'a pas été possible d'obtenir l'avis du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, quant à la possibilité qu'il puisse demander au coroner en chef d'instituer une enquête sur l'épidémie à Québec, comme le lui permet la loi.

En 2006, le ministre de la Sécurité publique à l'époque, Jacques Dupuis, avait demandé une enquête du coroner sur les circonstances entourant le décès de 16 patients à l'hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe, après avoir contracté la bactérie C difficile. Le rapport avait blâmé la direction du centre hospitalier pour le manque d'hygiène dans l'établissement.

Par ailleurs, l'AQRP souhaite que les résultats d'analyses des tours de refroidissement et la localisation des tours contaminées soient rendus publiques. «Il n'y a aucune hésitation de notre part là-dessus. Notre demande vise plus de transparence pour la population. Tout ce qui pourra favoriser la transparence, on est pour», a dit M. Santerre.

LA SITUATION TOUJOURS AUSSI CRITIQUE

L'épidémie de légionellose demeure tout aussi critique à Québec en dépit de la baisse marquée du nombre de cas officiellement déclarés depuis deux jours. Seulement trois nouveaux cas déclarés ont été ajoutés, lundi, portant le nombre de personnes ayant contracté la maladie à 107. On ne déplore toutefois aucun autre décès.

«Il est trop tôt pour dire qu'on est dans une phase de décroissance du nombre de cas qui sont déclarés. Il faut encore attendre l'impact des mesures prises la semaine passée. Ça peut prendre encore quelques jours avant de voir l'impact», a affirmé, lundi, le directeur régional de la Santé publique, le Dr François Desbiens.

«Quand on regarde les statistiques d'achalandage dans les urgences, les chiffres démontrent une relative stabilité entre les chiffres de vendredi, samedi et dimanche et lundi matin. C'est plus un artifice de date de déclaration qui fait en sorte que ça donne l'impression que ça diminue. Pour nous, il y a une stabilité», a-t-il ajouté.

D'autre part, le Dr Desbiens n'a pu donner l'assurance que les résultats des analyses des échantillons d'eau pris dans chacune des tours de refroidissement inspectées ainsi que la localisation des tours qui auraient pu causer l'éclosion de légionellose seront rendues publiques.

«Il faut que je fasse des vérifications juridiques. La loi exige que je traite les informations de façon confidentielle. Il faut que je vérifie jusqu'où je peux aller dans le rapport. Présentement, je ne le sais pas», a-t-il indiqué.

Par ailleurs, on a donné l'assurance que les hôpitaux de Québec sont en mesure de répondre adéquatement aux cas de légionellose. « Nous avons toutes les ressources nécessaires pour répondre aux besoins spécifiques des patients», a affirmé une des responsables à l'Agence de la Santé, Marie Simard.

En plus des services d'Info-Santé, une nouvelle ligne téléphonique a été mise en place pour répondre aux personnes en quête d'information sur la légionellose. On peut communiquer avec Services Québec, du lundi au vendredi, de 8h à 20h, en composant le 644-4545 avec les indicatifs régionaux 418 et 514 ou sans frais par le 1 877 et le même numéro.

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