Légionellose: 2 nouveaux décès, 104 cas

Le Dr François Desbiens, directeur régional de santé... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le Dr François Desbiens, directeur régional de santé publique, estime que l'agence a fait ses devoirs en désinfectant 89 tours de refroidissement identifiées au centre-ville. Demain, les tours jugées insalubres la semaine dernière seront désinfectées une deuxième fois.

Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Deux autres personnes ont succombé à la légionellose au courant de la fin de semaine, portant à huit le nombre de décès liés à la pneumonie à bactérie qui fait rage à Québec depuis le 17 juillet.

Le nombre de cas confirmés de légionellose est quant à lui passé de 102 à 104, a rapporté dimanche matin la Direction régionale de santé publique (DRSP) de la Capitale-Nationale. Les nouveaux décès ont été confirmés au DRSP samedi après-midi et dimanche matin.

«La moyenne d'âge des huit patients décédés est de 79 ans», a précisé le Dr François Desbiens, directeur régional de santé publique. Il a ajouté que les deux nouvelles victimes de la maladie du légionnaire avaient des problèmes de santé chroniques. M. Desbiens rappelle que «la plupart» des personnes qui contractent la légionellose souffrent de maladies cardiaques ou pulmonaires, du diabète, viennent de subir une opération ou ont longtemps été fumeurs.

Si le nombre de personnes infectées a doublé en une semaine - passant de 49 lundi à 104 -, seuls deux cas ont été détectés de samedi à dimanche. Est-ce bon signe? «Pas vraiment», répond le Dr Desbiens.

«Ce n'est pas parce que j'ai juste deux cas aujourd'hui que ça m'indique qu'il y a régression des problèmes de santé reliés à la situation», avance-t-il. Dimanche midi, M. Desbiens disait déjà avoir des échos des milieux hospitaliers selon lesquels la situation était sensiblement la même qu'au plus fort de la crise.

«C'est stable dans une situation où il y a des personnes qui sont encore malades, qui consultent et qui sont hospitalisées», résume-t-il.

Le directeur régional de santé publique de la Capitale-Nationale demeure d'ailleurs «convaincu qu'il va y avoir d'autres cas» dans les prochains jours. Il calcule que de nouveaux cas devraient être révélés «probablement en décroissance» jusqu'au 4 septembre, soit 10 jours après l'opération de désinfection terminée vendredi dans le périmètre touché par l'épidémie. La durée d'incubation de la légionellose ne dépasse pas 10 jours en théorie, dit-il en répétant que la maladie n'est pas contagieuse d'homme à homme.

Chose certaine, le Dr François Desbiens estime que la Santé publique a fait ses devoirs en désinfectant 89 tours de refroidissement identifiées dans la basse ville et la haute ville.

«Ce qui me rassure, c'est qu'il y a 89 tours qui ont été désinfectées, et ces tours-là, s'il y en avait une qui avait de la légionellose, à partir du moment où elle est désinfectée, elle n'émet plus de légionellose», assure-t-il.

Pendant la fin de semaine, la Ville a poursuivi ses recherches pour déterminer les tours de refroidissement en périphérie du périmètre établi. Elles seront inspectées aujourd'hui par précaution, indique M. Desbiens. Demain, les tours qui ont été jugées insalubres la semaine dernière seront désinfectées une deuxième fois. Entre-temps, les propriétaires de ces mêmes tours ont reçu l'ordre de les faire nettoyer par une firme spécialisée, avec l'obligation d'envoyer une preuve de la visite de la firme à la Santé publique.

Souche toujours pas identifiée

La souche de l'éclosion de légionellose n'a toujours pas été identifiée, le processus d'analyse pouvant durer jusqu'à un mois. Des échantillons d'eau ont été puisés dans chaque tour inspectée et les tests permettront de déterminer le ou les emplacements des sources de la maladie.

Le Dr Desbiens n'a pas voulu s'avancer sur les conséquences qui découleront de son enquête. Il a fait valoir que son travail se résumait à documenter la situation et à mettre en place des mesures pour que la maladie se résorbe. «Nous, on fait ça et on va émettre un rapport au final. Je n'ai pas à identifier des responsabilités civiles ou criminelles. Par la suite, ça appartient aux individus ou à d'autres organisations d'aller dans ce sens-là. Ce n'est pas mon travail», tranche-t-il.

Gilles Kègle inquiet

L'infirmier de la rue Gilles Kègle s'inquiète pour ses «clients» de Saint-Roch, qui se trouvent dans l'épicentre de l'épidémie de légionellose.

Dans la seule journée de samedi, il a découvert que deux hommes à qui il est déjà venu en aide ont combattu la maladie du légionnaire. «Ils sont pas forts. Ils disent qu'ils sont fatigués et qu'ils vont garder des séquelles», dit M. Kègle. Les deux hommes résident dans des établissements voisins de la rue du Pont, ce qui fait croire à M. Kègle que Saint-Roch est davantage touché que Saint-Sauveur et Limoilou.

«C'est bizarre, parce qu'on dirait que ça se passe toute dans Saint-Roch. Je sais qu'il y a des cas ailleurs, mais beaucoup plus dans Saint-Roch», avance-t-il. L'infirmier aimerait connaître la proportion de gens infectés par la maladie dans Saint-Roch par rapport aux autres quartiers de la basse ville.

La semaine dernière, Le Soleil rapportait que Gilles Kègle a en quelque sorte sauvé la vie d'un homme dans la cinquantaine en l'envoyant à l'hôpital après l'avoir examiné. La légionellose a frappé si fort le quinquagénaire qu'il n'a pas souvenir de ses sept premiers jours passés à l'hôpital.

Satisfait du travail de la Santé publique, M. Kègle s'attend néanmoins à recevoir d'autres appels de gens affectés par la légionellose dans les prochains jours.

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